Moderniser la vie politique
Le président Jovenel Moïse a rencontré jeudi dernier au Palais national des représentants et dirigeants politiques. Les échanges ont porté particulièrement sur la nécessité d’institutionnaliser la vie politique et de financer les partis en Haïti. Des formations politiques, telles que la Fusion des sociaux-démocrates, Inite et Verite (pour ne pas les nommer !) ont vite fait de décliner l’invitation du chef de l’État jugeant le moment inopportun.En sociologie, le mot institutionnaliser est utilisé pour désigner le processus de formalisation, de pérennisation et d’acceptation d’un système de relations sociales. Lequel peut prendre des formes très variées.
Le président Jovenel Moïse a rencontré jeudi dernier au Palais national des représentants et dirigeants politiques. Les échanges ont porté particulièrement sur la nécessité d’institutionnaliser la vie politique et de financer les partis en Haïti. Des formations politiques, telles que la Fusion des sociaux-démocrates, Inite et Verite (pour ne pas les nommer !) ont vite fait de décliner l’invitation du chef de l’État jugeant le moment inopportun.En sociologie, le mot institutionnaliser est utilisé pour désigner le processus de formalisation, de pérennisation et d’acceptation d’un système de relations sociales. Lequel peut prendre des formes très variées. Par exemple, il peut renvoyer à une organisation, à une série de valeurs ou de normes imprescriptibles. Le terme indique aussi un processus structurant en luimême avec des sous-entendus politiques. Il recèle toute la problématique de l’anthropologie sociologique, institutionnelle et culturelle, tant dans ses aspects rationnel, conscient que construit. Il y a deux faces dans le processus d’institutionnalisation de la vie politique et de financement des partis en Haïti : le côté pile qui a un caractère instituant, monnaie d’échange gagnant gagnant, conformément aux dispositions relatives au financement public contenues dans la loi de 2014 portant formation, fonctionnement et financement des partis et le côté face qui porte en lui l’aspect institué, statique, monnaie thésaurisée, faisant partie du capital culturel acquis. Et à faire tourner résolument vers l’avenir.Les partis politiques, ou plusieurs d’entre eux, vivent leur propre vie, naissent, croissent, se renouvellent, progressent, grouillent et se meuvent au gré des conjonctures, puis stagnent, se déconstruisent (déconstruire n’est pas détruire !), se dévoient, se pervertissent, se corrompent jusqu’à menacer l’organisation instituée, voire le processus d’institutionnalisation de leur mode de vie. Plus qu’un enjeu politique conjoncturel, l’institutionnalisation, au sens où l’entend Jovenel Moïse, est un processus culturel normatif lié à la rationalisation de la vie politique. Quand cet élan est freiné par des effets pervers, on peut dire que le besoin de réformes puissantes des structures démocratiques est une nécessité. Le chef de l’État l’a exprimé clairement en tentant de rassembler les partis autour des valeurs qu’il défend et de ses idéaux. Il les a invités à mettre de côté les clivages. C’est sa posture. Cette assise aura permis de faire baisser tant soit peu la température parmi ceux qui espèrent recevoir leur ticket de participation à la mise en place éventuelle d’un changement de gouvernement.L’appel à l’institutionnalisation de la vie politique et au financement des partis a accouché d’un comité de suivi susceptible d’assurer ou d’aider à assurer la pérennité de l’initiative. Loin de prêter à équivoque ou de paraitre un peu délétère, il augure d’un système de partis institutionnalisés financés selon les normes et déterminant pour la santé démocratique. Encore faut-il qu’une loi vienne normalement en fixer le cadre règlementaire, comme cela se fait en France depuis 1988 où un financement public est prévu en fonction des résultats aux élections législatives et du nombre de parlementaires. C’est peut-être ce modèle qui a inspiré le président Jovenel Moïse lorsqu’en pleine situation de crise nationale provoquée par la loi de finances 2017-2018 controversée à tort ou à raison, il a entrepris de consulter les acteurs politiques. Il est vrai que le pays ne manque pas d’histoires croustillantes depuis l’amère expérience du financement de la campagne électorale des partis sous l’administration Martelly/Paul. Des leaders politiques avaient donné un bel exemple d’éthique, d’autres au contraire avaient prouvé que la corruption fait partie de l’ADN politique nationale depuis de nombreuses années. Et qu’il n’y a aucune possibilité aujourd’hui que cela change.Sa décision de fermer d’un coup plus de cent organisations non gouvernementales dont certaines très connotées socialement et politiquement irrite dans un contexte politique ou personne ne parle à personne. Construire des kilomètres de routes, curer des carneaux pour faire arriver l’eau sur les terres de nos paysans, ou tenter à travers un budget controversé un début d’autonomie financière n’est pas forcément la pire des politiques.Ce qui manque fatalement est le dialogue social, une lutte sans merci contre la corruption et l’insécurité foncière. Les mesures technocratiques ne suffiront pas, ce pays est trop brisé et divisé. Il faut un orfèvre pour en recoller les morceaux. Le président tout en rétablissant l’autorité de l’État doit aussi asseoir sa légitimité au sein d’une population désemparée et assaillie de nouvelles contradictoires.Entre-temps, la rue recommence de dicter sa loi dans une entreprise folle d’auto-destruction. Ceux qui , de bonne foi, croient qu’une nouvelle flambée de violence est salutaire et que c’est peut-être le début d’un grand soir oublient trop vite les leçons du passé et le télescopage entre les intérêts vitaux des plus pauvres et les agendas politiques de certains.En se démarquant sincèrement des casseurs, les organisations sociales font preuve d’un leadership tout neuf ; nous avons besoin d’un puissant mouvement social capable de faire entendre ses revendications sans recourir à l’intimidation.Une certaine histoire nous rappelle que nous savons toujours nous soulever chaque fois que les dés institutionnels sont pipés. Ce qui a toujours manqué, c’est une vraie offre politique capable d’aider ce peuple à habiter le territoire de ses ancêtres.Roody Edmé Un sénateur qui déchire un rapport en pleine séance oui c’est violent. Choquant pour les bien-pensants hypocrites.Mais notre drapeau, notre dignité qu’on déchire chaque jour avec des dirigeants incapables même de gérer l’espace physique à un kilomètre à la ronde de leurs propres bureaux n’est-ce pas de la violence ? Ce n’est pas de la violence dans les rues dont il faut avoir peur. C’est de ceux qui utilisent cette violence pour venir donner du sang frais au monstre. Car ils ont tous usé de cette violence pour arriver au pouvoir pour venir se repaitre des violences aveugles d’un système injuste, inégalitaire et terriblement anachroniqueC’est aux violences de ce système qu’il faut s’attaquer. Ce système, cet État voyou qui sont une offense à la dignité de l’Homme.
Mérès M. Weche
Roody Edmé
Roody Edmé
L’exemple de ces quartiers qui se mettent ensemble pour sortir de l’indignité interpelle l’ensemble des forces vives pour la transposition de ces initiatives locales en un grand konbit national tel que ne cesse de nous marteler cette grande dame centenaire, Odette Roy-Fombrun. ?
Roody Edmé
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