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Éditorial

Le budget de la discorde!

Le budget de la discorde!

Il y a définitivement quelque chose de cassé dans ce pays. L’ascenseur social étant en panne depuis longtemps, les recettes habituelles tant du gouvernement que de l’opposition ne nous sortiront pas d’une crise structurelle carabinée.La crise haïtienne est essentiellement celle  d’un système politique inapte et anachronique  et qui, chaque jour, augmente  la précarité de nos populations. Les gesticulations des uns et des autres et une certaine arrogance du pouvoir politique ne feront que creuser encore  plus profondément le fossé qui sépare les habitants de cette nation devenue une curiosité mondiale. 

Il y a définitivement quelque chose de cassé dans ce pays. L’ascenseur social étant en panne depuis longtemps, les recettes habituelles tant du gouvernement que de l’opposition ne nous sortiront pas d’une crise structurelle carabinée.La crise haïtienne est essentiellement celle  d’un système politique inapte et anachronique  et qui, chaque jour, augmente  la précarité de nos populations. Les gesticulations des uns et des autres et une certaine arrogance du pouvoir politique ne feront que creuser encore  plus profondément le fossé qui sépare les habitants de cette nation devenue une curiosité mondiale. Il se trouve que derrière cette malheureuse affaire de budget, se règlent  des choses qui échappent au commun des mortels. En dehors des analyses scientifiques de nos économistes et des revendications légitimes de moult associations qui, à juste titre,  sont fortement  troublés par certaines allocations faramineuses attribuées à certains corps de l’État ; il y a le fait que ce budget tente une percée « nationaliste » dans le sens d’une relative autonomie financière. Le gouvernement a voulu trop vite mettre la barre à une hauteur de sacrifices que ne permet pas forcément la conjoncture sociopolitique.Une conjoncture particulièrement difficile pour la majorité de nos concitoyens et marquée par un manque de confiance exacerbé vis-à-vis de nos élites dirigeantes et des institutions étatiques.Il y a aussi que cette affaire de budget a fait déborder un vase déjà rempli bien avant l’arrivée du président Moise, celui  d’une société entravée dans son développement par la gouvernance chaotique des uns et les « révolutions de pacotille » des autres. Sans parler d’un capitalisme chétif et avare de progrès qui est la marque de fabrique d’un pays déstructuré et improductif.Le pouvoir politique ombrageux se bouche les oreilles et fonce dans ce qu’il croit être la bonne direction. Il manque à ce gouvernement une pédagogie pour convaincre et persuader une population qui a déjà trop souffert d’un État bonimenteur  et  prompt à la réprimer et à imposer des obligations, mais quasi-absent du point des services publics.Or pour que l’État donne des services, il lui faut des moyens. C’est donc la quadrature d’un cercle que personne ne veut briser. La levée de boucliers contre toute nouvelle taxe, même si celle-ci prévoit un prélèvement minime, n’est pas anodine : elle traduit une grave crise de confiance dans l’État.  Il y a longtemps que ce journal plaide pour que le gouvernement lance enfin ses états généraux avant qu’il ne soit trop tard. Cela aurait été un bon point à l’actif d’un président légitime même si peu  élu. La caravane est une initiative du président pour sortir l’État de son immobilisme séculier, mais son pouvoir est en train de s’embourber dans les marais traditionnels de la politique haïtienne. Et sur ce terrain malaisé, il ne manque pas de chausse- trappes.Sa décision de fermer d’un coup plus de cent organisations non gouvernementales dont certaines très connotées socialement et politiquement irrite dans un contexte politique ou personne ne parle à personne. Construire des kilomètres de routes, curer des carneaux pour faire arriver l’eau sur les terres de nos paysans, ou tenter à travers un budget controversé un début d’autonomie financière n’est pas forcément la pire des politiques.Ce qui manque fatalement est le dialogue social, une lutte sans merci  contre la corruption et l’insécurité foncière. Les mesures technocratiques ne suffiront pas, ce pays est trop brisé et divisé. Il faut un orfèvre pour en recoller les morceaux. Le président tout en rétablissant l’autorité de l’État doit aussi asseoir sa légitimité au sein d’une population désemparée et assaillie de nouvelles contradictoires.Entre-temps, la rue recommence  de dicter sa loi dans une entreprise folle d’auto-destruction. Ceux qui , de bonne foi, croient qu’une nouvelle flambée de violence est salutaire et que c’est peut-être le début d’un grand soir  oublient trop vite les leçons du passé et le télescopage entre les intérêts vitaux des plus pauvres et les agendas politiques de certains.En se démarquant sincèrement  des casseurs, les organisations sociales font preuve d’un leadership tout neuf ; nous avons besoin d’un puissant mouvement social capable de faire entendre ses revendications sans recourir à l’intimidation.Une certaine histoire nous rappelle que nous savons toujours nous soulever chaque fois  que les dés institutionnels sont pipés. Ce qui a toujours manqué, c’est une vraie offre politique capable d’aider ce peuple à habiter le territoire de ses ancêtres.Roody Edmé Un sénateur qui déchire un rapport en pleine séance oui c’est violent. Choquant pour les bien-pensants hypocrites.Mais notre drapeau, notre dignité qu’on déchire chaque jour avec des dirigeants incapables même de gérer l’espace physique à un kilomètre à la ronde de leurs propres bureaux n’est-ce pas de la violence ? Ce n’est pas de la violence dans les rues dont il faut avoir peur. C’est de ceux qui utilisent cette violence pour venir donner du sang frais au monstre. Car ils ont tous usé de cette violence pour arriver au pouvoir pour venir se repaitre des violences aveugles d’un système injuste, inégalitaire et terriblement anachroniqueC’est aux violences de ce système qu’il faut s’attaquer. Ce système, cet État voyou qui sont une offense à la dignité de l’Homme.

 Mérès M. Weche

   

 Roody Edmé

Roody Edmé

L’exemple de ces quartiers qui se mettent ensemble pour sortir de l’indignité interpelle l’ensemble des forces vives pour la transposition de ces initiatives locales en un grand konbit national tel que ne cesse de nous marteler cette grande dame centenaire, Odette Roy-Fombrun. ?

 Roody Edmé

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