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Éditorial

Perdre son latin

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Notre système éducatif forme des esprits qu’il faudrait bien étudier, décortiquer, psychanalyser, pour arriver à bien comprendre leur mode de pensée et de fonctionnement. Surtout leur manière d’appréhender la réalité s’il y en a une pour eux. Quand on a passé des années à étudier formules chimiques sans n’avoir jamais vu une éprouvette, on conçoit que l’esprit peut avoir du mal à saisir le concret. En revanche, la mémoire mise à forte contribution permet de réaliser de grandes prouesses. On peut s’adapter à d’autres systèmes et surtout y performer surtout s’il s’agit de suivre des instructions préétablies ou de se conformer à des marches à suivre si complexes soient-elles. Mais dès qu’il s’agira de produire la moindre réflexion personnelle sur une réalité quelconque, on peut se trouver devant un véritable néant capable cependant d’être camouflé par des rhétoriques que la mémoire a enregistrées.On a beaucoup parlé de décentralisation. Une démarche plus que nécessaire dans tout État qui veut que tous citoyens sur l’ensemble du territoire jouissent des bienfaits d’une bonne gouvernance. Chez nous, si on observe l’espace physique à proximité des lieux de pouvoir il y a de quoi être stupéfaits et on arrive à comprendre pourquoi la mauvaise gouvernance ou l’absence de gouvernance a transformé ce pays en ce lieu qui semble parfois avoir été dévasté par une guerre qui n’a jamais eu lieu, à moins qu’il ne s’agisse de cette guerre d’une autre nature, mais tout aussi meurtrière que certains mènent contre la nation. Là, au Champ-de-Mars, près des monuments devant lesquels nous aurions dû démontrer le plus de respect possible, s’étale à nos yeux un spectacle pitoyable. La saleté est partout. Le plastique jonche les mauvaises herbes. Les mauvaises odeurs aussi. On ne sait s’il y a des toilettes publiques, mais les gens n’ont aucune gêne à se soulager la vessie aux endroits les plus incongrus. Petits commerces. Prostitution. On ne sait si la Mairie a un programme pour cette zone à deux cents mètres et moins du bureau du Chef de l’État, mais c’est affolant ce kokoratisme affiché au centre de la capitale à quelques mètres du lieu où sont censées prises les décisions devant donner une orientation à l’avenir de la nation.Certains pourront arguer que la Mairie responsable de l’assainissement de la capitale n’a pas de moyens. La Présidence et le Parlement sont des secteurs prioritaires de la vie nationale si on examine notre Budget. Beaucoup plus que la santé de douze millions d’habitants. Mais le moindre citoyen pauvre sait qu’il doit nettoyer le pas de sa porte. Le Champ-de-Mars est le pas de la porte du Palais National. L’arrogance ne devrait pas aller de pair avec la saleté. L’arrogance doit pouvoir se vêtir même d’un semblant de bon gout, de clinquant. Si l’arrogance donne le bras au kokoratisme, on est presque dans l’antichambre de la folie. Tout cela pour dire que notre espace physique, visuellement, partout, dément les beaux discours qui s’apparentent à des boniments d’arnaqueurs. C’est vrai que les chiffres montrent que notre taux de criminalité, dans les rues, est de loin moins élevé que dans les autres pays de la Caraïbe et de l’Amérique Latine. Avons-nous eu le génie de trouver le moyen de caser les criminels autre part, là où d’autres n’y avaient jamais pensé ? La violence de ceux qui se vautrent dans l’indifférence.La violence de ceux qui se servent de la détresse des autres pour garnir leur compte en banque. La violence de ceux qui trainent les jeunes filles pauvres dans leur lit pour un plat de poulet barbecue.La violence de ceux qui se croient tout permis parce que ce peuple est finalement trop bon. Trop naïf. La violence de ceux qui affutent leur crayon pour savoir combien rapporteront bientôt ces dizaines de milliers de jeunes qui fuient le pays. La violence que constituent ces écoles nationales publiques dépourvues de tout tandis que des parasites effectuent un hold-up sur le peu de ressources dont nous disposons.Cette violence quotidienne qu’est l’étalage de privilèges stupides octroyés à des fonctionnaires sans aucune utilité pour la nation.Cette violence qu’est le mépris que nos prétendues élites professent pour la nation. Un sénateur qui déchire un rapport en pleine séance oui c’est violent. Choquant pour les bien-pensants hypocrites.Mais notre drapeau, notre dignité qu’on déchire chaque jour avec des dirigeants incapables même de gérer l’espace physique à un kilomètre à la ronde de leurs propres bureaux n’est-ce pas de la violence ? Ce n’est pas de la violence dans les rues dont il faut avoir peur. C’est de ceux qui utilisent cette violence pour venir donner du sang frais au monstre. Car ils ont tous usé de cette violence pour arriver au pouvoir pour venir se repaitre des violences aveugles d’un système injuste, inégalitaire et terriblement anachroniqueC’est aux violences de ce système qu’il faut s’attaquer. Ce système, cet État voyou qui sont une offense à la dignité de l’Homme.

Notre système éducatif forme des esprits qu’il faudrait bien étudier, décortiquer, psychanalyser, pour arriver à bien comprendre leur mode de pensée et de fonctionnement. Surtout leur manière d’appréhender la réalité s’il y en a une pour eux. Quand on a passé des années à étudier formules chimiques sans n’avoir jamais vu une éprouvette, on conçoit que l’esprit peut avoir du mal à saisir le concret. En revanche, la mémoire mise à forte contribution permet de réaliser de grandes prouesses. On peut s’adapter à d’autres systèmes et surtout y performer surtout s’il s’agit de suivre des instructions préétablies ou de se conformer à des marches à suivre si complexes soient-elles. Mais dès qu’il s’agira de produire la moindre réflexion personnelle sur une réalité quelconque, on peut se trouver devant un véritable néant capable cependant d’être camouflé par des rhétoriques que la mémoire a enregistrées.On a beaucoup parlé de décentralisation. Une démarche plus que nécessaire dans tout État qui veut que tous citoyens sur l’ensemble du territoire jouissent des bienfaits d’une bonne gouvernance. Chez nous, si on observe l’espace physique à proximité des lieux de pouvoir il y a de quoi être stupéfaits et on arrive à comprendre pourquoi la mauvaise gouvernance ou l’absence de gouvernance a transformé ce pays en ce lieu qui semble parfois avoir été dévasté par une guerre qui n’a jamais eu lieu, à moins qu’il ne s’agisse de cette guerre d’une autre nature, mais tout aussi meurtrière que certains mènent contre la nation. Là, au Champ-de-Mars, près des monuments devant lesquels nous aurions dû démontrer le plus de respect possible, s’étale à nos yeux un spectacle pitoyable. La saleté est partout. Le plastique jonche les mauvaises herbes. Les mauvaises odeurs aussi. On ne sait s’il y a des toilettes publiques, mais les gens n’ont aucune gêne à se soulager la vessie aux endroits les plus incongrus. Petits commerces. Prostitution. On ne sait si la Mairie a un programme pour cette zone à deux cents mètres et moins du bureau du Chef de l’État, mais c’est affolant ce kokoratisme affiché au centre de la capitale à quelques mètres du lieu où sont censées prises les décisions devant donner une orientation à l’avenir de la nation.Certains pourront arguer que la Mairie responsable de l’assainissement de la capitale n’a pas de moyens. La Présidence et le Parlement sont des secteurs prioritaires de la vie nationale si on examine notre Budget. Beaucoup plus que la santé de douze millions d’habitants. Mais le moindre citoyen pauvre sait qu’il doit nettoyer le pas de sa porte. Le Champ-de-Mars est le pas de la porte du Palais National. L’arrogance ne devrait pas aller de pair avec la saleté. L’arrogance doit pouvoir se vêtir même d’un semblant de bon gout, de clinquant. Si l’arrogance donne le bras au kokoratisme, on est presque dans l’antichambre de la folie. Tout cela pour dire que notre espace physique, visuellement, partout, dément les beaux discours qui s’apparentent à des boniments d’arnaqueurs. C’est vrai que les chiffres montrent que notre taux de criminalité, dans les rues, est de loin moins élevé que dans les autres pays de la Caraïbe et de l’Amérique Latine. Avons-nous eu le génie de trouver le moyen de caser les criminels autre part, là où d’autres n’y avaient jamais pensé ? La violence de ceux qui se vautrent dans l’indifférence.La violence de ceux qui se servent de la détresse des autres pour garnir leur compte en banque. La violence de ceux qui trainent les jeunes filles pauvres dans leur lit pour un plat de poulet barbecue.La violence de ceux qui se croient tout permis parce que ce peuple est finalement trop bon. Trop naïf. La violence de ceux qui affutent leur crayon pour savoir combien rapporteront bientôt ces dizaines de milliers de jeunes qui fuient le pays. La violence que constituent ces écoles nationales publiques dépourvues de tout tandis que des parasites effectuent un hold-up sur le peu de ressources dont nous disposons.Cette violence quotidienne qu’est l’étalage de privilèges stupides octroyés à des fonctionnaires sans aucune utilité pour la nation.Cette violence qu’est le mépris que nos prétendues élites professent pour la nation. Un sénateur qui déchire un rapport en pleine séance oui c’est violent. Choquant pour les bien-pensants hypocrites.Mais notre drapeau, notre dignité qu’on déchire chaque jour avec des dirigeants incapables même de gérer l’espace physique à un kilomètre à la ronde de leurs propres bureaux n’est-ce pas de la violence ? Ce n’est pas de la violence dans les rues dont il faut avoir peur. C’est de ceux qui utilisent cette violence pour venir donner du sang frais au monstre. Car ils ont tous usé de cette violence pour arriver au pouvoir pour venir se repaitre des violences aveugles d’un système injuste, inégalitaire et terriblement anachroniqueC’est aux violences de ce système qu’il faut s’attaquer. Ce système, cet État voyou qui sont une offense à la dignité de l’Homme.

 Mérès M. Weche

   

 Roody Edmé

Roody Edmé

L’exemple de ces quartiers qui se mettent ensemble pour sortir de l’indignité interpelle l’ensemble des forces vives pour la transposition de ces initiatives locales en un grand konbit national tel que ne cesse de nous marteler cette grande dame centenaire, Odette Roy-Fombrun. ?

 Roody Edmé

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