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Éditorial

Les temps moroses

Les temps moroses

Irma a épargné le pays. Mais nous avons ressenti partout son souffle du Nord au Sud. La Caraïbe a été en état d’alerte pendant près d’une semaine et certaines îles prendront du temps à se remettre des blessures causées par l’ouragan. Au moment où cet éditorial est écrit, Irma côtoie la côte ouest de la Floride. La traversée des zones cubaines l’a fait régresser au niveau 3, mais l’ouragan reste toujours dangereux pour cet état américain à configuration plate, avec ses rivières et ses marais réunissant ainsi des conditions idéales pour de grandes inondations. Combien de temps va souffler Irma alors qu’elle n’aura plus la mer chaude pour se nourrir quand elle touchera le sol américain ? En attendant, déjà avec les dégâts causés, cette intempérie de force majeure restera dans les mémoires.Irma a laissé à la capitale et dans tout le pays un climat morose, pluvieux. Le climat politique était déjà pareil. Le scandale des kits scolaires avait soufflé tel un cyclone sur la scène politique et la mise à pieds du ministre des Affaires sociales n’a fait que soulever d’autres questions. Une affaire de telle envergure, avec ces millions à brasser, ne pouvait concerner une seule autorité de l’État. Des voix se sont élevées, continuent à s’élever, pour demander une enquête approfondie permettant d’identifier tous ceux ayant participé à cette fraude. Mais jusqu’à présent, chez nous, les enquêtes n’aboutissent pas. Les raisons, on les connait. Trop de gens, trop de réseaux importants impliqués. Pire encore, tous ces citoyens rêvant d’être aux commandes de cet État où la corruption est endémique, qui ne tiennent pas à ce qu’on vienne scier la branche sur laquelle ils rêvent de venir s’asseoir. Le « sétoupamisme » est une règle de conduite.Au Parlement, le sénat a voté le budget dans une atmosphère aussi morose. Un nombre croissant de citoyens tient en haute suspicion les parlementaires qui se sont octroyé une part appréciable du budget en terme d’augmentation. Des secteurs plus importants ont-ils eu la même considération ? L’éducation, secteur plus que vital ? La santé ? L’agriculture ? L’environnement ? On ne parlera pas de la Culture, ce secteur totalement méprisé par nos gouvernements même si on reconnait dans les discours l’apport inestimable de ces activités à la fois à l’image et à l’économie du pays. On fait beaucoup état chaque fois des jeunes haïtiens bénéficiant de bourses d’études à l’étranger. Il serait aussi important de se préoccuper de ce que deviennent ceux qui ont eu à bénéficier d’une formation dans les écoles étrangères. Dans l’état actuel de notre système de santé, il faudrait questionner les responsables passés et actuels sur la raison pour laquelle on n’a pas déployé les moyens nécessaires pour récupérer, caser, nos jeunes ayant étudié à Cuba, l’un des pays les plus prestigieux en matière médicale. L’Espagne, l’Amérique latine ont profité pleinement de ce vivier de jeunes compatriotes ayant étudié à Cuba. Pourquoi pas nous ?Les citoyens retranchent tranquillement chaque mois qui passe dans le calendrier des vingt-quatre mois prévus par le chef de l’État pour que l’électricité soit disponible vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Irma n’a pas donné de prétexte pour qu’on ajoute des mois à ce calendrier. Beaucoup attendaient aussi la catastrophe pour spéculer sur l’aide qui les a toujours enrichis.Pour l’instant on espère un rayon de soleil. Une éclaircie dans climat morose.La nature dans ses manifestations les plus violentes peut balayer en un rien de temps nos plus forts ouvrages, il n’y a qu’à voir ce qui s’est passé au Texas et en Louisiane avec plus de cinquante morts et des dizaines de milliards de dollars de dégâts. Que dire d’Haïti, un pays vulnérable et sans ressources d’urgence ? Il ne nous reste qu’à donner l’alerte et à marcher unis dans une solidarité à toute épreuve face au pire qui nous attend si le monstre ne change pas de cap ! Une nation ne saurait vivre dans une fatalité permanente. Le tout c’est d’être toujours prêt dans la mesure de nos moyens, en sachant que nous sommes un peuple au destin cousu de défis. Encore faut-il pouvoir arrêter de gaspiller le temps précieux entre deux catastrophes dans ces infinies parties de poker menteur.Les enfants iront donc à l’école avec des kits de 36 dollars ou avec rien. Les portes des établissements scolaires s’ouvrent, un ministre sort. Sa tête vient de tomber avec fracas !Tout un programme donc qui réclame des mesures rationnelles et urgentes et qui ne sauraient souffrir de démagogie, car il y a de quoi crier « au secours, un peuple à la mer » !

Irma a épargné le pays. Mais nous avons ressenti partout son souffle du Nord au Sud. La Caraïbe a été en état d’alerte pendant près d’une semaine et certaines îles prendront du temps à se remettre des blessures causées par l’ouragan. Au moment où cet éditorial est écrit, Irma côtoie la côte ouest de la Floride. La traversée des zones cubaines l’a fait régresser au niveau 3, mais l’ouragan reste toujours dangereux pour cet état américain à configuration plate, avec ses rivières et ses marais réunissant ainsi des conditions idéales pour de grandes inondations. Combien de temps va souffler Irma alors qu’elle n’aura plus la mer chaude pour se nourrir quand elle touchera le sol américain ? En attendant, déjà avec les dégâts causés, cette intempérie de force majeure restera dans les mémoires.Irma a laissé à la capitale et dans tout le pays un climat morose, pluvieux. Le climat politique était déjà pareil. Le scandale des kits scolaires avait soufflé tel un cyclone sur la scène politique et la mise à pieds du ministre des Affaires sociales n’a fait que soulever d’autres questions. Une affaire de telle envergure, avec ces millions à brasser, ne pouvait concerner une seule autorité de l’État. Des voix se sont élevées, continuent à s’élever, pour demander une enquête approfondie permettant d’identifier tous ceux ayant participé à cette fraude. Mais jusqu’à présent, chez nous, les enquêtes n’aboutissent pas. Les raisons, on les connait. Trop de gens, trop de réseaux importants impliqués. Pire encore, tous ces citoyens rêvant d’être aux commandes de cet État où la corruption est endémique, qui ne tiennent pas à ce qu’on vienne scier la branche sur laquelle ils rêvent de venir s’asseoir. Le « sétoupamisme » est une règle de conduite.Au Parlement, le sénat a voté le budget dans une atmosphère aussi morose. Un nombre croissant de citoyens tient en haute suspicion les parlementaires qui se sont octroyé une part appréciable du budget en terme d’augmentation. Des secteurs plus importants ont-ils eu la même considération ? L’éducation, secteur plus que vital ? La santé ? L’agriculture ? L’environnement ? On ne parlera pas de la Culture, ce secteur totalement méprisé par nos gouvernements même si on reconnait dans les discours l’apport inestimable de ces activités à la fois à l’image et à l’économie du pays. On fait beaucoup état chaque fois des jeunes haïtiens bénéficiant de bourses d’études à l’étranger. Il serait aussi important de se préoccuper de ce que deviennent ceux qui ont eu à bénéficier d’une formation dans les écoles étrangères. Dans l’état actuel de notre système de santé, il faudrait questionner les responsables passés et actuels sur la raison pour laquelle on n’a pas déployé les moyens nécessaires pour récupérer, caser, nos jeunes ayant étudié à Cuba, l’un des pays les plus prestigieux en matière médicale. L’Espagne, l’Amérique latine ont profité pleinement de ce vivier de jeunes compatriotes ayant étudié à Cuba. Pourquoi pas nous ?Les citoyens retranchent tranquillement chaque mois qui passe dans le calendrier des vingt-quatre mois prévus par le chef de l’État pour que l’électricité soit disponible vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Irma n’a pas donné de prétexte pour qu’on ajoute des mois à ce calendrier. Beaucoup attendaient aussi la catastrophe pour spéculer sur l’aide qui les a toujours enrichis.Pour l’instant on espère un rayon de soleil. Une éclaircie dans climat morose.La nature dans ses manifestations les plus violentes peut balayer en un rien de temps nos plus forts ouvrages, il n’y a qu’à voir ce qui s’est passé au Texas et en Louisiane avec plus de cinquante morts et des dizaines de milliards de dollars de dégâts. Que dire d’Haïti, un pays vulnérable et sans ressources d’urgence ? Il ne nous reste qu’à donner l’alerte et à marcher unis dans une solidarité à toute épreuve face au pire qui nous attend si le monstre ne change pas de cap ! Une nation ne saurait vivre dans une fatalité permanente. Le tout c’est d’être toujours prêt dans la mesure de nos moyens, en sachant que nous sommes un peuple au destin cousu de défis. Encore faut-il pouvoir arrêter de gaspiller le temps précieux entre deux catastrophes dans ces infinies parties de poker menteur.Les enfants iront donc à l’école avec des kits de 36 dollars ou avec rien. Les portes des établissements scolaires s’ouvrent, un ministre sort. Sa tête vient de tomber avec fracas !Tout un programme donc qui réclame des mesures rationnelles et urgentes et qui ne sauraient souffrir de démagogie, car il y a de quoi crier « au secours, un peuple à la mer » !

 Parlant de ce cyclone qui s’abat actuellement sur le golfe du Mexique et les côtes texanes, les rafales de vent avaient atteint vendredi les 215 km/h, selon les précisions du Centre national américain des ouragans (NHC). Ce qui devait être une tempête tropicale est devenu un ouragan, comme ce fut le cas pour Matthew, qui avait durement frappé le Sud et la Grand’Anse à pareille époque. Un vieux proverbe créole nous dit : « Remak se fwap ». Et il n’y a pas que ce court dicton de la sagesse haïtienne qui doit nous interpeller ; bien d’autres font autorité comme celui-ci : « Lè bab kanmarad pran dife, se mete pa w a la tranp ».

Le gouverneur du Texas, Greg Abbott, sans jouer les pompiers, a agité personnellement la sonnette d’alarme : « Si vous attendez jusqu’à ce que vous vous rendiez compte du sérieux de la situation, il sera sans doute trop tard ».

Malheureusement en Haïti, tout repose sur l’État ; c’est ce qui le fait pressurer davantage la diaspora comme un citron. En cas de sinistre, le secteur privé des affaires oublie qu’il peut en subir aussi de graves conséquences. Ainsi, des fonds de soutien public devraient-ils être disponibles pour prévenir et non guérir. Un sinistre, genre séisme ou cyclone, affecte inévitablement les infrastructures industrielles et commerciales, mettant à mal l’économie du pays.

 Actuellement aux États-Unis, plus de 45% de la capacité de raffinage du pétrole se retrouve en danger avec le passage de cet ouragan, qui a pourtant pris naissance, le 13 août dernier, au large de l’Atlantique, non loin de Cuba. Par conséquent dans le voisinage d’Haïti. Si son parcours avait changé de sens, nous aurions été l’hôte de ce terrible visiteur. Notre seul cri serait : « Manman pitit, mare vant ». Pourrions-nous éviter le pire ? C’est un pensez-y-bien.

 Mérès M. Weche

   

 Roody Edmé

Roody Edmé

L’exemple de ces quartiers qui se mettent ensemble pour sortir de l’indignité interpelle l’ensemble des forces vives pour la transposition de ces initiatives locales en un grand konbit national tel que ne cesse de nous marteler cette grande dame centenaire, Odette Roy-Fombrun. ?

 Roody Edmé

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