radiotelepacific@gmail.com
Radio Pacific 101.5 fm
Éditorial

Détrousseur de pauvres !

Détrousseur de pauvres !

Ministre des Affaires sociales et du Travail en début de semaine, M. Roosevelt Bellevue est, au moment d’écrire cet éditorial, un citoyen au placard démis de ses belles et hautes fonctions. Nous ne pouvons pas nous empêcher, sans grand plaisir, d’imaginer la situation de certaines personnes qui ont perdu le sommeil depuis. Les kits scolaires devraient donner l’occasion aux responsables politiques de faire leur tournée humanitaire, le coeur sur la main et fiers de leurs bonnes oeuvres. Cette corruption présumée est mal venue et assombrit l’un des seuls moments de l’année où le pouvoir assiste le petit peuple et communique, photos à l’appui, sur l’utilité de la main tendue. M. Bellevue est puni quoiqu’aucune enquête n’ait déterminé sa culpabilité ou son degré de responsabilité dans le détournement de l’aide réservée aux nécessiteux.Les accusations, en plus d’être retentissantes, sont lourdes. M. Bellevue est copieusement égratigné. A-t-il droit à sa défense ? L’opinion publique a besoin des noms de ceux qui auraient monté et fait fonctionner cette association de malfaisance au plus haut sommet de l’État contre monnaie sonnante et trébuchante.Et si le scandale pouvait avoir son pendant vertueux et fournir l’occasion de dénoncer enfin les relations intéressées qu’entretiennent certains responsables politiques avec des opérateurs économiques ? Le Palais national, par la voix de M. Jura, nous a sorti, avec force pédagogie, le cours d’introduction générale aux techniques d’enquête : derrière chaque corrompu, il se cache un ou plusieurs corrupteurs.

Ministre des Affaires sociales et du Travail en début de semaine, M. Roosevelt Bellevue est, au moment d’écrire cet éditorial, un citoyen au placard démis de ses belles et hautes fonctions. Nous ne pouvons pas nous empêcher, sans grand plaisir, d’imaginer la situation de certaines personnes qui ont perdu le sommeil depuis. Les kits scolaires devraient donner l’occasion aux responsables politiques de faire leur tournée humanitaire, le coeur sur la main et fiers de leurs bonnes oeuvres. Cette corruption présumée est mal venue et assombrit l’un des seuls moments de l’année où le pouvoir assiste le petit peuple et communique, photos à l’appui, sur l’utilité de la main tendue. M. Bellevue est puni quoiqu’aucune enquête n’ait déterminé sa culpabilité ou son degré de responsabilité dans le détournement de l’aide réservée aux nécessiteux.Les accusations, en plus d’être retentissantes, sont lourdes. M. Bellevue est copieusement égratigné. A-t-il droit à sa défense ? L’opinion publique a besoin des noms de ceux qui auraient monté et fait fonctionner cette association de malfaisance au plus haut sommet de l’État contre monnaie sonnante et trébuchante.Et si le scandale pouvait avoir son pendant vertueux et fournir l’occasion de dénoncer enfin les relations intéressées qu’entretiennent certains responsables politiques avec des opérateurs économiques ? Le Palais national, par la voix de M. Jura, nous a sorti, avec force pédagogie, le cours d’introduction générale aux techniques d’enquête : derrière chaque corrompu, il se cache un ou plusieurs corrupteurs.

  1. Bellevue, s’il n’est pas victime, est un produit d’un système qui fragilise l’État et l’empêche d’assurer son autorité. Le scandale des kits scolaires porte à croire que la défaillance de l’État est grave au point qu’il l’empêche d’être sympathique en s’investissant dans une campagne de charme auprès des couches les plus pauvres de la population.

 Il est admis qu’à chaque fois que la défaillance de l’État est constatée, la population se refugie dans la méfiance. Et, pour cette fois, le Palais est du côté des méfiants. Et, la promesse de faire le ménage, désir conforté du président de la République, trouve un bon prétexte pour être tenue. Le renvoi du ministre éclaboussé ne suffit pas comme sanction. L’affaire est assez grave pour qu’il soit renvoyé devant ses juges naturels. Le ministre s’est défendu dans la presse puis s’est tu. La nation tient son détrousseur de pauvres. Comble du déshonneur. Il reste toujours à M. Bellevue le droit de porter plainte en diffamation.Le scandale des kits scolaires va au-delà d’une simple perception. Que le ministre se rassure, la vindicte populaire ne vise pas que lui. Il est admis, dans l’opinion publique que le pouvoir et les contre-pouvoirs, étant corrompus à l’excès, sont indignes de confiance et de sympathie. Le président en a fait son cheval de bataille.Les enfants iront donc à l’école avec des kits de 36 dollars ou avec rien. Les portes des établissements scolaires s’ouvrent, un ministre sort. Sa tête vient de tomber avec fracas !Tout un programme donc qui réclame des mesures rationnelles et urgentes et qui ne sauraient souffrir de démagogie, car il y a de quoi crier « au secours, un peuple à la mer » !

 Parlant de ce cyclone qui s’abat actuellement sur le golfe du Mexique et les côtes texanes, les rafales de vent avaient atteint vendredi les 215 km/h, selon les précisions du Centre national américain des ouragans (NHC). Ce qui devait être une tempête tropicale est devenu un ouragan, comme ce fut le cas pour Matthew, qui avait durement frappé le Sud et la Grand’Anse à pareille époque. Un vieux proverbe créole nous dit : « Remak se fwap ». Et il n’y a pas que ce court dicton de la sagesse haïtienne qui doit nous interpeller ; bien d’autres font autorité comme celui-ci : « Lè bab kanmarad pran dife, se mete pa w a la tranp ».

Le gouverneur du Texas, Greg Abbott, sans jouer les pompiers, a agité personnellement la sonnette d’alarme : « Si vous attendez jusqu’à ce que vous vous rendiez compte du sérieux de la situation, il sera sans doute trop tard ».

Malheureusement en Haïti, tout repose sur l’État ; c’est ce qui le fait pressurer davantage la diaspora comme un citron. En cas de sinistre, le secteur privé des affaires oublie qu’il peut en subir aussi de graves conséquences. Ainsi, des fonds de soutien public devraient-ils être disponibles pour prévenir et non guérir. Un sinistre, genre séisme ou cyclone, affecte inévitablement les infrastructures industrielles et commerciales, mettant à mal l’économie du pays.

 Actuellement aux États-Unis, plus de 45% de la capacité de raffinage du pétrole se retrouve en danger avec le passage de cet ouragan, qui a pourtant pris naissance, le 13 août dernier, au large de l’Atlantique, non loin de Cuba. Par conséquent dans le voisinage d’Haïti. Si son parcours avait changé de sens, nous aurions été l’hôte de ce terrible visiteur. Notre seul cri serait : « Manman pitit, mare vant ». Pourrions-nous éviter le pire ? C’est un pensez-y-bien.

 Mérès M. Weche

   

 Roody Edmé

Roody Edmé

L’exemple de ces quartiers qui se mettent ensemble pour sortir de l’indignité interpelle l’ensemble des forces vives pour la transposition de ces initiatives locales en un grand konbit national tel que ne cesse de nous marteler cette grande dame centenaire, Odette Roy-Fombrun. ?

 Roody Edmé

0 commentaire

Les échanges courtois et argumentés font la qualité du débat.

Connectez-vous pour commenter. Un compte garantit que votre nom n'est utilisé que par vous.

Se connecter Créer un compte

Aucun commentaire pour l'instant. Soyez la première personne à réagir.

À lire également

Toute la rubrique Éditorial

Alertes du National

Recevez une notification sur votre téléphone ou votre ordinateur dès qu'un article paraît dans les rubriques de votre choix. Gratuit, sans inscription.

Rubriques à suivre