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Éditorial

Exodus

Exodus

L’exode ininterrompu de jeunes haïtiens en direction de l’Amérique latine ne cesse d’alimenter les débats dans les salons et sur les réseaux sociaux. Ces départs massifs constituent une lourde sanction pour ceux qui, pendant des décennies, ont assuré la gouvernance de ce pays et nourri des chimères quant aux lendemains qui chantent. Force est de constater que quand la terre s’en va à la mer sous l’effet désolant de la déforestation et de l’absence de politique environnementale, les paysans et les jeunes suivent en fuyant un espace devenu hostile et prédateur d’avenir. Le gouvernement a réagi ces dernières semaines en instituant une Commission spéciale devant faire des recommandations quant à un new deal politique en faveur des jeunes Haïtiens. Les membres de ladite Commission ont à leur corps défendant affirmé leur souci de contribuer de manière patriotique et citoyenne à changer les paradigmes d’un État jusqu’ici délétère dans un secteur aussi vital pour le futur de notre nation. Sauf qu’un certain passé riche en commissions inopérantes et dont les recommandations quoique pertinentes ont été rangées dans les tiroirs poussiéreux de nos ministères déconsidère toute nouvelle initiative dans ce sens. Et les bien sceptiques, servis par une histoire qui ne cesse de repasser les plats, doutent du bien-fondé du projet de la présidence. Toujours est-il au « National » nous pensons que l’absence totale de confiance et la méfiance même justifiée, sont synonymes de paralysie. Il faut dans ce cas douter, mais comme disait l’autre de manière méthodique et attendre au tournant, en espérant que le chemin sera au moins balisé et que les pouvoirs publics se résoudront à l’emprunter.Le gouvernement a aussi décidé dans un souci de réactivité par rapport à une situation alarmante de reconduire purement et simplement certains programmes sociaux mis en place par l’ancienne administration Martelly/Lamothe ; là encore, il faut naviguer à vue. Ces programmes ont-ils été audités et leur impact mesuré pour qu’ils soient immédiatement reconduits ? On peut toujours arguer que le temps de leur déploiement n’a pas été suffisant pour évaluer leurs performances, mais les autorités doivent pouvoir répondre à certains économistes qui pensent que ces projets sociaux sont loin des résultats de la bolsa familia au Brésil dont ils prétendent s’en inspirer et que, tout au moins, ils n’ont apporté que quelques votes en plus au Parti de la Présidence lors des récentes élections.Quoi qu’il en soit, il faut faire bouger les lignes sur une question aussi prioritaire que la jeunesse. Il est important que les municipalités soient aussi conviées pour que cette problématique soit prise en compte dans les politiques de nos villes. Nos reporters ont suivi certains camps d’été organisés un peu partout à travers le pays soit par des municipalités soit par des groupes de la société civile, il est important que ces rencontres axées sur les apprentissages et les loisirs soient organisées de manière systématique sur le long terme. La mise en place comme dans certains pays de réseaux « objectif emploi formation » en direction des jeunes sortis du système scolaire ou même exemption limitée de certaines charges pour un employeur qui favoriserait les jeunes à l’embauche participeraient d’une volonté politique toute neuve. Et the last but not the least, il y a lieu de résoudre l’épineux problème du crédit pour les jeunes qui ambitionnent d’entreprendre. Un support financier à ceux qui, gestionnaires de salons de coiffure ou de cyber café, sont systématiquement ruinés par nos déficits énergétiques permettraient de maintenir à flot nos petites et moyennes entreprises ; ces crédits à la consommation pourraient les aider à acquérir à moindre coût des panneaux solaires.Tout un programme donc qui réclame des mesures rationnelles et urgentes et qui ne sauraient souffrir de démagogie, car il y a de quoi crier « au secours, un peuple à la mer » !

L’exode ininterrompu de jeunes haïtiens en direction de l’Amérique latine ne cesse d’alimenter les débats dans les salons et sur les réseaux sociaux. Ces départs massifs constituent une lourde sanction pour ceux qui, pendant des décennies, ont assuré la gouvernance de ce pays et nourri des chimères quant aux lendemains qui chantent. Force est de constater que quand la terre s’en va à la mer sous l’effet désolant de la déforestation et de l’absence de politique environnementale, les paysans et les jeunes suivent en fuyant un espace devenu hostile et prédateur d’avenir. Le gouvernement a réagi ces dernières semaines en instituant une Commission spéciale devant faire des recommandations quant à un new deal politique en faveur des jeunes Haïtiens. Les membres de ladite Commission ont à leur corps défendant affirmé leur souci de contribuer de manière patriotique et citoyenne à changer les paradigmes d’un État jusqu’ici délétère dans un secteur aussi vital pour le futur de notre nation. Sauf qu’un certain passé riche en commissions inopérantes et dont les recommandations quoique pertinentes ont été rangées dans les tiroirs poussiéreux de nos ministères déconsidère toute nouvelle initiative dans ce sens. Et les bien sceptiques, servis par une histoire qui ne cesse de repasser les plats, doutent du bien-fondé du projet de la présidence. Toujours est-il au « National » nous pensons que l’absence totale de confiance et la méfiance même justifiée, sont synonymes de paralysie. Il faut dans ce cas douter, mais comme disait l’autre de manière méthodique et attendre au tournant, en espérant que le chemin sera au moins balisé et que les pouvoirs publics se résoudront à l’emprunter.Le gouvernement a aussi décidé dans un souci de réactivité par rapport à une situation alarmante de reconduire purement et simplement certains programmes sociaux mis en place par l’ancienne administration Martelly/Lamothe ; là encore, il faut naviguer à vue. Ces programmes ont-ils été audités et leur impact mesuré pour qu’ils soient immédiatement reconduits ? On peut toujours arguer que le temps de leur déploiement n’a pas été suffisant pour évaluer leurs performances, mais les autorités doivent pouvoir répondre à certains économistes qui pensent que ces projets sociaux sont loin des résultats de la bolsa familia au Brésil dont ils prétendent s’en inspirer et que, tout au moins, ils n’ont apporté que quelques votes en plus au Parti de la Présidence lors des récentes élections.Quoi qu’il en soit, il faut faire bouger les lignes sur une question aussi prioritaire que la jeunesse. Il est important que les municipalités soient aussi conviées pour que cette problématique soit prise en compte dans les politiques de nos villes. Nos reporters ont suivi certains camps d’été organisés un peu partout à travers le pays soit par des municipalités soit par des groupes de la société civile, il est important que ces rencontres axées sur les apprentissages et les loisirs soient organisées de manière systématique sur le long terme. La mise en place comme dans certains pays de réseaux « objectif emploi formation » en direction des jeunes sortis du système scolaire ou même exemption limitée de certaines charges pour un employeur qui favoriserait les jeunes à l’embauche participeraient d’une volonté politique toute neuve. Et the last but not the least, il y a lieu de résoudre l’épineux problème du crédit pour les jeunes qui ambitionnent d’entreprendre. Un support financier à ceux qui, gestionnaires de salons de coiffure ou de cyber café, sont systématiquement ruinés par nos déficits énergétiques permettraient de maintenir à flot nos petites et moyennes entreprises ; ces crédits à la consommation pourraient les aider à acquérir à moindre coût des panneaux solaires.Tout un programme donc qui réclame des mesures rationnelles et urgentes et qui ne sauraient souffrir de démagogie, car il y a de quoi crier « au secours, un peuple à la mer » !

 Parlant de ce cyclone qui s’abat actuellement sur le golfe du Mexique et les côtes texanes, les rafales de vent avaient atteint vendredi les 215 km/h, selon les précisions du Centre national américain des ouragans (NHC). Ce qui devait être une tempête tropicale est devenu un ouragan, comme ce fut le cas pour Matthew, qui avait durement frappé le Sud et la Grand’Anse à pareille époque. Un vieux proverbe créole nous dit : « Remak se fwap ». Et il n’y a pas que ce court dicton de la sagesse haïtienne qui doit nous interpeller ; bien d’autres font autorité comme celui-ci : « Lè bab kanmarad pran dife, se mete pa w a la tranp ».

Le gouverneur du Texas, Greg Abbott, sans jouer les pompiers, a agité personnellement la sonnette d’alarme : « Si vous attendez jusqu’à ce que vous vous rendiez compte du sérieux de la situation, il sera sans doute trop tard ».

Malheureusement en Haïti, tout repose sur l’État ; c’est ce qui le fait pressurer davantage la diaspora comme un citron. En cas de sinistre, le secteur privé des affaires oublie qu’il peut en subir aussi de graves conséquences. Ainsi, des fonds de soutien public devraient-ils être disponibles pour prévenir et non guérir. Un sinistre, genre séisme ou cyclone, affecte inévitablement les infrastructures industrielles et commerciales, mettant à mal l’économie du pays.

 Actuellement aux États-Unis, plus de 45% de la capacité de raffinage du pétrole se retrouve en danger avec le passage de cet ouragan, qui a pourtant pris naissance, le 13 août dernier, au large de l’Atlantique, non loin de Cuba. Par conséquent dans le voisinage d’Haïti. Si son parcours avait changé de sens, nous aurions été l’hôte de ce terrible visiteur. Notre seul cri serait : « Manman pitit, mare vant ». Pourrions-nous éviter le pire ? C’est un pensez-y-bien.

 Mérès M. Weche

   

 Roody Edmé

Roody Edmé

L’exemple de ces quartiers qui se mettent ensemble pour sortir de l’indignité interpelle l’ensemble des forces vives pour la transposition de ces initiatives locales en un grand konbit national tel que ne cesse de nous marteler cette grande dame centenaire, Odette Roy-Fombrun. ?

 Roody Edmé

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