Arcahaie : les ratés d’un congrès
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Réunie à l’Arcahaie (nord de Port-au-Prince) le 19 août 2017, l’opposition politique neutralisée par la force des choses a finalement reconnu la victoire électorale de Jovenel Moïse. Elle a admis, en outre, que la division est à la base de sa défaite qu’elle est disposée à digérer, de même qu’elle estime que le financement des travaux de la Caravane du changement ne peut être qu’un investissement à fonds perdu. Ce n’est pas peu dire. Mais la grande masse des paysans qui sont les principaux bénéficiaires des retombées concrètes de la Caravane ne peut être que d’avis contraire.
Réunie à l’Arcahaie (nord de Port-au-Prince) le 19 août 2017, l’opposition politique neutralisée par la force des choses a finalement reconnu la victoire électorale de Jovenel Moïse. Elle a admis, en outre, que la division est à la base de sa défaite qu’elle est disposée à digérer, de même qu’elle estime que le financement des travaux de la Caravane du changement ne peut être qu’un investissement à fonds perdu. Ce n’est pas peu dire. Mais la grande masse des paysans qui sont les principaux bénéficiaires des retombées concrètes de la Caravane ne peut être que d’avis contraire.
En démocratie, l’opposition constitue de manière classique, non pas un outil de déstabilisation ou de manipulation, mais un contre-pouvoir. Elle permet d’éviter que la majorité victorieuse des urnes n’ait la tentation de mener une politique préjudiciable aux droits et libertés. Mieux : elle représente la possibilité d’une alternance et participe à l’existence du pluralisme politique et idéologique.
Le congrès de l’Arcahaie qui a mobilisé une brochette de personnalités politiques traditionnelles et de la société civile organisée a été à la dimension de son symbolisme qui nous parait codé pour nous permettre de l’aborder avec sagesse et circonspection. En vue d’une alternative à proposer à la nation, des secteurs de l’opposition s’apprêtent, selon toute vraisemblance, à se fédérer. Leur seul but ? S’accomplir par tous leurs moyens d’expression et leurs engagements démocratiques.
Tous les partis ayant participé au Congrès rêvent de prendre démocratiquement (?) le pouvoir au moins pour 5 ans. Autant étudier le symbolisme du chiffre 5. La légende veut que l’étoile qui conduisait les Rois Mages à Bethléem comporte 5 branches, préfiguration de l’homme en croix. Les oculistes attribuent un mauvais présage à l’étoile qui étendrait deux pointes en haut ; ils en font le symbole de l’esprit perdu, enfoncé dans la matière, dominé par elle et amenant l’égarement des sens, l’aberration, l’anarchie, l’aveuglement. Ils y inscrivent la face démoniaque d’un bouc avec ses deux cornes et son oeil totem (le Pendu des Tarots). De là à se demander si le congrès a voulu être une solidarité corporative, une sorte d’opposition libre entre les constructeurs de cathédrales, une confraternité, un enseignement réservé aux compagnons d’une même galère, un ordre initiatique par l’élévation de l’animal politique à un stade supérieur.
Le rôle de l’opposition est essentiel. Les mouvances étant délétères en démocratie représentative, les partis sont incapables de faire leur propre mutation pour transcender leurs archaïsmes et instaurer en leur sein une démocratie interne qui n’est pas sans projection sur la société.
Des analystes politiques suggèrent d’aborder la réalité peu reluisante du fonctionnement des partis dont certains membres sont voués parfois à l’exclusion ou s’en détachent une fois élus sans jamais en rendre publique la raison.
Le Congrès de l’Arcahaie, loin d’être une initiative d’envergure, est une preuve que ceux qui ont fait leur réapparition n’ont pas conscience de la nécessité d’une relève au sein de leur parti. Ont-ils été soumis à une véritable évaluation de leur bilan ? Tant s’en faut. Il y a un manque de crédibilité de nombre de ces leaders aux yeux du citoyen-électeur qui se sent de plus en plus floué en ayant accepté de servir d’alibi à leur socialisation. Outre la quête d’intérêt personnel, il y a l’asphyxie financière qui les étrangle et à laquelle il faut réfléchir pour la comprendre.
Comment interpréter les interventions solennelles des responsables de partis qui ont vite pris leur distance de ce congrès ? Au-delà de leurs réactions politiques critiques, on y voit une diagonale de floue où se dessinent des prêches cauteleux, des chapelets d’incongruités et un hachis d’envolées lyriques qu’on ne peut cadrer au réel : discours de philosophie politique, vision farfelue de l’avenir, fixation sulfureuse du cap.
Au Congrès de l’Arcahaie, des leaders politiques ont sorti enfin leurs têtes. Ils ont brisé le silence. C’était emphatique. Narcissique. À titre exceptionnel et expérimental, cette assise a été organisée spécialement pour être adaptée à un besoin pressant de la conjoncture : sortir de l’ombre et du brouillard afin que ne se produise une perte irréversible de certains repères de la démocratie et du droit.
Robenson Bernard
Roody Edmé
Roody Edmé
L’exemple de ces quartiers qui se mettent ensemble pour sortir de l’indignité interpelle l’ensemble des forces vives pour la transposition de ces initiatives locales en un grand konbit national tel que ne cesse de nous marteler cette grande dame centenaire, Odette Roy-Fombrun. ?
Roody Edmé
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