Les indécents
La pauvreté et le désespoir assiègent la citadelle occidentale. D’Afrique, du Moyen-Orient ravagé par les guerres concoctées par de grands intérêts économiques, les réfugiés affluent aux frontières de l’Union européenne pour mettre à mal les démocraties et donner de l’eau ainsi au moulin des partis d’extrême droite.Dans notre Amérique, nous sommes devenus des parias. Des milliers de nos compatriotes, fuyant le chômage, la misère, partent pour d’autres cieux surtout vers l’Amérique latine. Certains remontent ensuite vers le Nord, bravant tous les dangers. La peur de Trump a précipité un flot de nos compatriotes désespérés vers la frontière canadienne. La communauté haïtienne à Montréal s’organise avec ce qu’elle peut pour les accueillir, pour les soutenir, pour les guider. Si le Québec se montre toujours aussi généreux, une grogne commence aussi à se manifester. L’extrême droite et les nationalistes ne sont jamais loin. Ils sont à l’affut des moindres faux pas des démocraties pour montrer leurs griffes.Si les pays occidentaux ont semé le vent avec leur appui à tous les délinquants du Sud pour faire le bonheur de leur économie et qu’ils doivent faire face maintenant à la tempête, cela ne doit pas occulter le fait aussi que nos sociétés ont fait trop longtemps la partie belle aux gangsters à cravate qui ont investi l’espace politique avec l’appui de qui l’on sait. Mais des peuples ont su lutter pour garder leur intégrité, leur droit à l’autodétermination et à décider des choix justes pour se bâtir un lieu où il ferait bon de vivre ensemble. Il y a plein d’exemples de pays qui sont sortis du cercle infernal de la misère. Il y a deux ou trois siècles, peu de différences s’observaient entre un rural européen et un rural haïtien d’aujourd’hui. Il a fallu dans ces sociétés que des femmes et des hommes prennent conscience d’une réalité et qu’ils aient un certain sens de l’honneur lié à l’amour de leur patrie. Alors, ils se sont attelés à changer les conditions de vie de leur peuple. Éducation ! Travail. Voici les deux axes principaux qui ont toujours permis de sortir de l’ornière de la misère. Avec l’éducation et le travail, on commence à s’attaquer au problème de la sécurité et celui de la santé. Avec l’éducation et le travail, les citoyens dans leur grande majorité sont moins enclins à choisir des quidams, des imposteurs pour les diriger.Chaque fois que se posent ces problèmes d’accueil de nos compatriotes à l’étranger, on fait peut-être exprès d’oublier que l’autre principal et finalement le plus grand responsable de cette situation misérable, sans espoir, que vit une grande partie de notre population est due à l’indécence d’une classe économique qui disposant de tous les moyens, même du pouvoir sur les ventres affamés, s’accommode parfaitement de délinquants et d’ignorants dans toutes les allées du pouvoir. Alors qu’il est urgent, impératif de prendre les mesures qui s’imposent dans tous les domaines pour redresser la barre, les décideurs de notre économie de rente et leurs domestiques ne font que chercher frénétiquement, sans état d’âme, d’autres sources de revenus pour faire fonctionner leur machine infernale.La diaspora est dans le viseur. L’espoir recule de plus en plus. Mais le désespoir peut accoucher de cauchemars que ceux qui la coulent douce peuvent bien vite regretter.
La pauvreté et le désespoir assiègent la citadelle occidentale. D’Afrique, du Moyen-Orient ravagé par les guerres concoctées par de grands intérêts économiques, les réfugiés affluent aux frontières de l’Union européenne pour mettre à mal les démocraties et donner de l’eau ainsi au moulin des partis d’extrême droite.Dans notre Amérique, nous sommes devenus des parias. Des milliers de nos compatriotes, fuyant le chômage, la misère, partent pour d’autres cieux surtout vers l’Amérique latine. Certains remontent ensuite vers le Nord, bravant tous les dangers. La peur de Trump a précipité un flot de nos compatriotes désespérés vers la frontière canadienne. La communauté haïtienne à Montréal s’organise avec ce qu’elle peut pour les accueillir, pour les soutenir, pour les guider. Si le Québec se montre toujours aussi généreux, une grogne commence aussi à se manifester. L’extrême droite et les nationalistes ne sont jamais loin. Ils sont à l’affut des moindres faux pas des démocraties pour montrer leurs griffes.Si les pays occidentaux ont semé le vent avec leur appui à tous les délinquants du Sud pour faire le bonheur de leur économie et qu’ils doivent faire face maintenant à la tempête, cela ne doit pas occulter le fait aussi que nos sociétés ont fait trop longtemps la partie belle aux gangsters à cravate qui ont investi l’espace politique avec l’appui de qui l’on sait. Mais des peuples ont su lutter pour garder leur intégrité, leur droit à l’autodétermination et à décider des choix justes pour se bâtir un lieu où il ferait bon de vivre ensemble. Il y a plein d’exemples de pays qui sont sortis du cercle infernal de la misère. Il y a deux ou trois siècles, peu de différences s’observaient entre un rural européen et un rural haïtien d’aujourd’hui. Il a fallu dans ces sociétés que des femmes et des hommes prennent conscience d’une réalité et qu’ils aient un certain sens de l’honneur lié à l’amour de leur patrie. Alors, ils se sont attelés à changer les conditions de vie de leur peuple. Éducation ! Travail. Voici les deux axes principaux qui ont toujours permis de sortir de l’ornière de la misère. Avec l’éducation et le travail, on commence à s’attaquer au problème de la sécurité et celui de la santé. Avec l’éducation et le travail, les citoyens dans leur grande majorité sont moins enclins à choisir des quidams, des imposteurs pour les diriger.Chaque fois que se posent ces problèmes d’accueil de nos compatriotes à l’étranger, on fait peut-être exprès d’oublier que l’autre principal et finalement le plus grand responsable de cette situation misérable, sans espoir, que vit une grande partie de notre population est due à l’indécence d’une classe économique qui disposant de tous les moyens, même du pouvoir sur les ventres affamés, s’accommode parfaitement de délinquants et d’ignorants dans toutes les allées du pouvoir. Alors qu’il est urgent, impératif de prendre les mesures qui s’imposent dans tous les domaines pour redresser la barre, les décideurs de notre économie de rente et leurs domestiques ne font que chercher frénétiquement, sans état d’âme, d’autres sources de revenus pour faire fonctionner leur machine infernale.La diaspora est dans le viseur. L’espoir recule de plus en plus. Mais le désespoir peut accoucher de cauchemars que ceux qui la coulent douce peuvent bien vite regretter.
Si les hauts faits historiques de notre peuple ont été à la base de maintes révolutions sociales au monde, ils ont également inspiré de nombreux mouvements littéraires et artistiques en Amérique latine, et jusque dans le continent africain.
Si, plus près de nous géographiquement, des écrivains comme Alejo Carpentier et Aimé Césaire ont revendiqué dans leurs œuvres maitresses la suprématie des valeurs spirituelles et révolutionnaires haïtiennes, il importe d’évoquer également la mémoire de l’Américain Marcus Garvey, chef de file de l’Association universelle pour l’émancipation des Noirs (UNIA), qui s’inspirait de Toussaint Louverture pour exhorter tous les individus de race noire à s’unir dans une confraternité universelle.
Jusqu’en 1960, année des proclamations d’indépendance en Afrique noire, les écrivains avaient à cœur de mettre leur plume au service de la lutte anticolonialiste, mais ils chérissaient pour la plupart le sentiment d’avoir déjà gagné le pari cent-cinquante ans plus tôt avec les exploits héroïques haïtiens de 1803. À ce titre, Stanislas Adotevi, d’origine dahoméenne, démontrait savamment dans son livre «Négritudes et négrologues» le concept caractéristique d’un combat pour la libération intellectuelle des Noirs.
Où sont passés ce génie et cette volonté de libération, caractérisés par les fondateurs de notre nation? Allons-nous continuer d’être vus comme les parias de la Caraïbe, dépourvus de tout ce qui fait l’honneur d’un peuple : le sentiment d’appartenance nationale, le sens du déterminisme historique, le culte des réelles valeurs, le souci du bien-être collectif, etc.? De tels manquements nous empêchent de voir les rapports de cause à effet, sans cesse récurrents, qui sont malheureusement responsables de nos errances à travers le monde.
En matière d’émigration, les «plane- people» ne sont pas mieux vus que les «boat ou foot-people», sauf qu’ils sont perçus, dans l’optique de Franklin Delano Roosevelt, comme «des gens à chaussures», par opposition à ces «va-nu-pieds» modernes. Beaucoup d’entre-nous, en diaspora, sont trop enclins à se donner bonne conscience d’être des «rescapés» de la dérive continuelle haïtienne, en adoptant l’attitude de l’autruche dans leur confort statutaire. L’Haïti nomade, ce ne sont pas seulement les classes sociales défavorisées, c’est véritablement aussi cette «matière grise» vendue au rabais, depuis des lustres, dans les meilleures universités du monde.
Mérès M. Weche
Roody Edmé
Roody Edmé
L’exemple de ces quartiers qui se mettent ensemble pour sortir de l’indignité interpelle l’ensemble des forces vives pour la transposition de ces initiatives locales en un grand konbit national tel que ne cesse de nous marteler cette grande dame centenaire, Odette Roy-Fombrun. ?
Roody Edmé
0 commentaire
Les échanges courtois et argumentés font la qualité du débat.
Connectez-vous pour commenter. Un compte garantit que votre nom n'est utilisé que par vous.
Se connecter Créer un compte
Aucun commentaire pour l'instant. Soyez la première personne à réagir.