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Lancement officiel de la caisse populaire de la solidarite universitaire : une initiative pertinente et opportune

Lancement officiel de la caisse populaire de la solidarite universitaire : une initiative pertinente et opportune

Le mercredi 13 octobre 2026, en présence d’une nombreuse assemblée constituée de Doyens, de Vice-Doyens, de professeurs, de membres du personnel administratif et technique et d’étudiants, le Conseil Exécutif de l’Université d’Etat d’Haïti (CEUEH) avait procédé au lancement officiel de la Caisse Populaire de la Solidarité Universitaire (CAPOSU). Il faut rappeler que l’actuel Conseil Exécutif de l’Université d’Etat d’Haïti est composé du Dr. Predener Duvivier comme Vice-Recteur aux Affaires académiques, du Dr. Jacques Blaise comme Vice-Recteur à la Recherche et du Dr. Dieuseul Predelus, Recteur de l’institution universitaire. A notre  avis, il s’agit d’une initiative pertinente et opportune dans le cadre évolutif de l’institution. Dans ses propos d’ouverture, le Recteur de l’Université d’Etat d’Haïti, le Dr. Dieuseul Predelus, a été clair et précis. « Cette initiative ne vient pas d’en haut. Elle est née de la volonté des professeurs, des étudiants et du personnel non académique de l’Université d’État d’Haïti, qui ont décidé de ne pas attendre que les solutions viennent  d’ailleurs. Ils ont choisi de s’organiser, de mettre leurs forces en commun et d’agir ». En effet, pour le Recteur  Predelus, « l’objectif de la CAPOSU est clair : améliorer l’accès au crédit des membres de la communauté universitaire. Nous le savons, trop de professeurs, d’étudiants et d’employés peinent à financer un projet, à faire face à une urgence, à investir dans leur formation ou à lancer une petite activité, faute d’accès à un crédit adapté, accessible et équitable ».Ainsi, selon le Recteur de l’Université d’Etat d’Haïti, « La CAPOSU est née au sein de l’université, mais elle n’est pas fermée sur elle-même. C’est un service ouvert à tout le monde. Tout citoyen, toute citoyenne qui partage les valeurs de solidarité, de transparence et de responsabilité de cette coopérative y sera le bienvenu. L’université a toujours été au service de la nation, et cette caisse en est une nouvelle expression ». Pour le  représentant du Conseil National des Coopératives (CNC), présent à la cérémonie d’ouverture et parlant au nom du Directeur-Général de cette entité, M. Lesly Alexandre, « La cérémonie qui nous rassemble aujourd’hui dépasse le simple cadre du lancement d’une institution financière. Elle représente une démarche de solidarité organisée, une volonté de mutualisation des ressources et une ambition collective de construire des mécanismes de soutien économique au bénéfice de celles et de ceux qui font vivre notre université ».

Les pratiques et l’idéologie coopérativistes  sont le fruit d’une très longue évolution historique. Les pratiques coopérativistes avaient effectivement débuté en Angleterre dans la petite ville industrielle de Rochdale au cours de l’année 1844, en pleine révolution industrielle. Les ouvriers du textile de cette petite ville, incapables de vivre avec leurs maigres salaires se sont mis ensemble dans une association selon le principe de base « tous pour un, un  pour tous ». Ils avaient rassemblé une partie de leurs salaires en vue de pouvoir acheter en gros, donc à meilleur marché, les produis de consommation courante et de les distribuer entre les membres de la nouvelle association. Ensuite, ils avaient pu constituer une boutique et émettre un ensemble de principes de fonctionnement et de gestion démocratique appelés les Principes de Rochdale et qui représentent de nos jours encore les fondements philosophiques de base de l’idéologie coopérativiste. L’initiative des ouvriers de Rochdale avait connu  un très  grand succès et les travailleurs des autres branches de l’industrie avaient commencé à mettre en place des coopératives diverses et des associations comme les mutuelles et les syndicats. Par la suite, les Etats devraient s’engager dans le mouvement en adoptant des législations incitatives et de protection du mouvement coopératif. De nos jours, des Etats comme ceux de la Scandinavie comme la Norvège, la Suède, le Danemark, ont bâti une grande partie de leurs économies sur les coopératives. Sous ce rapport, il convient de se rappeler que la grande entreprise Volvo de construction automobile suédoise est une coopérative. Des pays comme le Canada, le Costa-Rica, Israël et l’Allemagne accordent une grande importance au développement et au fonctionnement des coopératives comme leviers de développement économique et social. Au Canada par exemple, la Caisse populaire Desjardins est devenue un véritable empire économique et financier avec des succursales, produits et services modernes sur tout le territoire canadien. Par la suite, les pratiques coopérativistes se sont élargies à la mise en œuvre d’une veritable économie sociale avec des services de microcrédit aux acteurs économiques vulnérables et marginalisés de la société. A Porto Rico, la Coopérative de l’Université est une veritable force économique et financière. En Asie du Sud-Est, l’économiste Muhamed Yunus, en fondant et en faisant fonctionner la Grameen Bank ou Banque des pauvres, avait amplement montré les potentialités de l’économie sociale dans le cadre de la lutte contre la pauvreté et l’exclusion. Au niveau international, l’Alliance Coopérativiste International (ACI) assure la promotion des idées, des valeurs et des pratiques coopératives.  

En Haïti, selon le Dr. Jean Rénol Elie, les pratiques de l’entraide mutuelle se retrouvaient dès les débuts de l’Indépendance de 1804 avec le fonctionnement des organisations traditionnelles de travail par les cultivateurs et paysans. Toujours selon le Professeur Elie, la première coopérative a été fondée en Haïti par M. Elimélec Vernet dans la région de Sources chaudes, département de l’Artibonite en 1934. La première caisse populaire mise en fonctionnement dans le pays a été « la Caisse de la Petite Epargne » fondée par M. Edouard Tardieu dans la commune de la Vallée de Jacmel en 1942. Il faut rappeler que cette caisse populaire est encore fonctionnelle de nos jours et fournit des services à la population. De nos jours, les coopératives et caisses populaires, fortement affectés par la situation d’insécurité généralisée que connait le pays, continuent d’offrir leurs services à de larges secteurs de la population haïtienne.

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