Un quart de siècle nous sépare depuis la publication aux Éditions Mémoire du poème « Caraïbe», quatre mois après le décès de René Philoctècte (1995).
Long chant célébrant la Caraïbe de la période précolombienne, revisitant la mémoire coloniale et le XXème siècle. Le texte découpé en versets s'inscrit dans la dynamique continue et formelle du modèle de Saint-John Perse et d'Aimé Césaire. Il rappelle parfois la mémoire des “ Amers” ou des “ Vents” ou du “ Cahier du retour”.
Le poème revisite l'histoire caraïbéenne d'Haïti, Cuba, Jamaïque, Guadeloupe et Martinique... Célèbre la culture et la diversité des Antilles et en appelle à l'unité, car la Caraïbe- héritage collectif- partage une longue histoire commune de chaines, de vertes cannaies, de sucre...
La figure anaphorique “Jusqu'où porter la voix... ” revient comme un refrain (ou une litanie) qui rappelle la perpétuation du récital qui fonde l'urgence de l'entretien de la mémoire, traduisant la permanence même du conte ici. Passeur de mots, le poète est ici passeur de vie.
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