René Depestre est une légende de la littérature haïtienne, et il est encore vivant. C'est un modèle d'écrivain pour moi, et l'on ne célébrera jamais suffisamment cet immense écrivain franco-haïtien. D'ailleurs, il aura bientôt cent ans, ce qui ajoute encore à sa légende.
Une entrée en littérature
Mon admiration remonte à mes premières lectures. Comme beaucoup d'autres écrivains, j'ai été introduit à la littérature par ses deux premiers recueils, « Étincelles » et « Gerbes de sang ». Ces deux recueils légendaires occupent une double place : on les rencontre dans l'apprentissage de la littérature haïtienne à l'école, et on les conseille à un ami qui débute en poésie. C'est après ces lectures que je me suis mis à écrire.
Une formation à la Sorbonne
Par la suite, Depestre a suivi des études de lettres et de sciences politiques à la Sorbonne, entre 1946 et 1950. Je me sens proche de lui sur ce point, puisque j'ai moi aussi fait des études à la Sorbonne. Il évoque d'ailleurs sa jeunesse en France, et plus précisément son passage à la Sorbonne, dans quelques pages de son roman « Eros pour un train chinois ». Il n'est pas le seul dans ce cas : des personnalités afros comme Sylvain et Depestre sont aussi « sorbonnardes », et Senghor, Césaire et Depestre ont tous vécu à la Cité internationale universitaire de Paris.
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