Il existe des livres qui expliquent le féminisme. Et il y en a d'autres, plus rares, qui le font sentir. Le féminisme vu par le vodou appartient à la seconde catégorie.
Ce livre ne vient pas des salles de conférence ni des théories importées. Il vient d'un père qui, sans jamais prononcer le mot féminisme, a appris à sa fille qu'elle n'était pas faite pour servir. Il vient d'un cercle de femmes grand-mère, mère, tante, marraine qui savaient se battre avant même de savoir nommer ce contre quoi elles se battaient. Il vient, aussi, d'un silence. Celui qu'on impose aux petites filles, celui qui protège les hommes plus qu'il ne protège les femmes, celui que l'autrice a fini, un jour, par briser.
Mais ce qui distingue vraiment ce livre, c'est la manière dont il tresse deux mémoires que tout, en apparence, sépare : le vécu personnel et le sacré. D'un côté, une société qui demande aux femmes de baisser les yeux devant les prêtres, les pasteurs, les hommes en uniforme. De l'autre, une cosmologie vodou où les femmes ne demandent la permission à personne. Erzulie Dantor qui venge plutôt que console. Brigitte qui juge sans peur. Ayizan, première gardienne des rites. Marinette, qui met le feu au silence.
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