La question n’a rien d’une provocation gratuite. Il suffit de parcourir les librairies de la rive gauche, de Saint-Germain-des-Prés aux rues avoisinantes, pour constater une présence haïtienne particulièrement remarquable. D’une vitrine à l’autre, nos écrivains apparaissent, se côtoient et se répondent.
Leurs livres sont comme autant de petits drapeaux plantés au cœur de Paris, rappelant que la littérature haïtienne n’est ni marginale ni périphérique. Depuis longtemps, elle participe, de manière singulière, à la grande conversation des lettres françaises et francophones.
Yanick Lahens apparaît aux côtés de Lyonel Trouillot ; Louis-Philippe Dalembert voisine avec James Noël ; Jean d’Amérique rejoint cette constellation dans laquelle se rencontrent plusieurs générations. À leurs côtés figurent également Marvin Victor, Guy Cétoute, Watson Charles, Maud-Kenzy Orcel et Dany Laferrière. Même lorsqu’il résulte simplement des choix des libraires, ce rassemblement produit une image saisissante : le temps d’une saison, Paris semble avoir transformé ses vitrines en une immense bibliothèque haïtienne à ciel ouvert.
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