Dans la nuit du 14 août 1791, à la lueur tremblante des flammes, au battement sourd des tambours et dans le frémissement de la forêt caïmanienne, des hommes et des femmes réduits à l’état de choses firent le serment de redevenir des êtres libres. Le colon dormait encore du sommeil tranquille de celui qui croit son ordre éternel ; mais déjà, dans l’obscurité, retentissaient les premiers coups de semonce contre le système colonial.
Nuit fondatrice, nuit matricielle : le serment devint acte de naissance. De cette insurrection des consciences allait surgir, après douze années de lutte, l’indépendance de 1804.
Deux cent trente-cinq ans plus tard, que reste-t-il de cette nuit où l’on jura de ne plus être esclave ?
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