Où est donc passé Marvin Victor, notre écrivain, cet enfant terrible des lettres haïtiennes qui, l’espace d’une décennie à peine, traversa le ciel littéraire francophone comme une comète traverse la nuit — avec l’éclat, la vitesse et, hélas peut-être, la brièveté de ces astres qui ne repassent qu’une fois par génération et que l’on croit ensuite avoir rêvés ?
Voilà belle lurette, en effet, que nous n’avons croisé nulle part notre compatriote et romancier : ni dans les salons, ni dans les colloques, ni dans ces pages qui font et défont les réputations. Il semble avoir fui Paris, le Paris des lettres et du bavardage incessant, cette capitale où l’on cause volontiers plus qu’on n’écrit, où le moindre livre publié se paie aussitôt d’un tribut de mondanités, de dîners et de chuchotements de couloir — comme si la parole, à force de circuler, finissait par épuiser l’encre avant même qu’elle ne sèche.
Il semble surtout avoir pris ses distances avec le monde littéraire, sinon avec le monde tout court, à la manière de ces ermites d’autrefois qui se retiraient au désert non par mépris des hommes, mais par fidélité excessive à quelque chose qui les dépassait.
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