Le dernier film d’Arnold Antonin, « Moto-taxi », éclaire, dénonce et propose. Ce documentaire jette une lumière crue sur la vie de ces chauffeurs qui remplissent la ville du vrombissement de leurs moteurs et ajoutent à l’anarchie d’une urbanité déjà meurtrie.
La caméra déchire le voile d’un anonymat sombre dans lequel sont souvent noyés ces « ouvriers du transport en commun ». Le cœur de la ville ne bat qu’à travers ces motards, si détestables parfois dans leur manière de conduire, mais si utiles dans une ville dépourvue de transport public planifié.
Antonin donne la parole à plusieurs acteurs concernés par cette problématique particulièrement sensible. On est frappé par le sens civique des responsables de l’association des motocyclistes, qui s’efforcent de former leurs membres et de les rendre plus professionnels. Dans une cité à l’abandon, entre ruines et trop-plein, ils ont conscience qu’ils suppléent à l’absence de l’État dans le domaine du transport.
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