Il existe des artistes qui racontent leur époque, et d’autres qui tentent de la tamiser. Avec « Vannen triye », le poète, comédien, auteur et metteur en scène Jean Wikens Jean Pierre, plus connu sous le nom de Zoupenzoup, semble s’inscrire dans cette seconde catégorie.
En créole haïtien, vannen triye évoque le geste ancestral consistant à séparer le grain de l’ivraie, l’essentiel de l’accessoire, ce qui nourrit de ce qui encombre. Bien avant d’être une simple technique agricole, ce geste est une philosophie. Il invite à ralentir, à observer et à exercer le discernement. Dans une société traversée par les crises, où les vérités se confondent parfois avec le vacarme, cette expression prend une résonance particulière.
Depuis plusieurs années, Zoupenzoup construit une œuvre où le théâtre devient un espace de dialogue entre mémoire et présent. Son parcours témoigne d’une fidélité à la culture haïtienne, non comme un objet figé, mais comme une matière vivante qui interroge sans cesse notre manière d’habiter le monde.
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