Radio Pacific 101.5 fm

Culture 3 min de lecture

Sonson Piriprit déclaré chef de gang !

Sonson Piriprit déclaré chef de gang !

L’exploit de Gary Victor !

Presque trente ans après la création du personnage devenu célèbre de Sonson Pipirit, après être passé visiblement sans dommage dans la passoire réfrigérante des éditions françaises avec leur méfiance de l’imaginaire débridé, mais fastueux des écrivains du Sud, Gary Victor nous revient enfin ! dans un texte à la démesure extrême où il semble prendre un plaisir presque orgasmique à renouer avec ses premières écritures. La lodyans, l’auteur précise bien que c’est un recueil de lodyans, lui permet ainsi de promener le lecteur dans les situations les plus loufoques d’où on se rend compte, éberlué, qu’on est bien dans une réalité, la nôtre, vue sous un autre angle, la vraie, celle dépouillée des mensonges et des impostures.

Le personnage de Sonson Pipirit s’y prête bien. C’est un lumpen qui a grimpé la fausse échelle que les politiciens lui ont tendue. Makout, incendiaire de marché public, déchouqueur professionnel, chimé lavalas, bandit  légal, déclaré chef de gang, Sonson Pipirit a appris sur le tas, dans la douleur, comment le haut et le bas, comme le serpent avalant sa queue, se donnent la main pour que nourrir le chaos et la violence dans notre pays. Si la vision du personnage s’est aiguisée, si sa conscience s’est réveillée lentement au fil de ses pérégrinations dont les plus étonnantes sont à lire dans la Piste des Sortilèges, Sonson Pipirit est empêtré dans ce qu’on peut appeler les paradoxes de la survie. Il veut se dégager de la merde des politiques, mais son conseiller, le baka Azimbidim Orikal lui rappelle que le bien n’a pas sa place en Haïti comme si nous étions condamnés à végéter sur la branche pourrie jusqu’à ce qu’elle se casse. Le personnage navigue donc entre son désir de lumière : il protège ainsi un quartier Makandal de la violence des gangs. Si les armes que lui ont données ses amis politiciens, comme Albert Buron dans le temps pour protéger les gouvernements en empêchant les manifestations, lui servent maintenant à protéger la population de ce quartier, il est forcément entrainé dans un face-à-face avec tout le système qui veut justement que le chaos s’installe sur le territoire. Face à l’État pris en otage par des voyous, et une communauté internationale au jeu trouble, on ne peut alors que lui mettre le bonnet de chef de gang.

Publicité — faites défiler pour poursuivre la lecture

Si vous avez déjà créé un compte, connectez-vous GRATUITEMENT pour lire la suite de cet article.

Connectez-vous

Pas encore de compte ? Inscrivez-vous

Suivez-nous sur WhatsApp

0 commentaire

Les échanges courtois et argumentés font la qualité du débat.

Connectez-vous pour commenter. Un compte garantit que votre nom n'est utilisé que par vous.

Se connecter Créer un compte

Aucun commentaire pour l'instant. Soyez la première personne à réagir.

À lire également

Toute la rubrique Culture

Alertes du National

Recevez une notification sur votre téléphone ou votre ordinateur dès qu'un article paraît dans les rubriques de votre choix. Gratuit, avec votre compte lecteur.

Rubriques à suivre