Soixante-dix ans après sa création par Nemours Jean-Baptiste, le konpa récolte ce qu'ont semé plusieurs générations de musiciens haïtiens. Des bals populaires de Port-au-Prince aux stades africains, des vinyles transportés dans les valises aux playlists de Spotify et de TikTok, cette musique a parcouru le monde sans jamais renier son âme. L'engouement observé aujourd'hui en Afrique, en Europe et la reconnaissance de l'UNESCO ne marquent pas une naissance, mais l'aboutissement d'une extraordinaire aventure culturelle haïtienne.
Le konpa voyageait en soute
Okay Africa intitule: How Haitian Konpa Became East Africa's Unexpected Sound of the Moment. Le sous-titre résumé à lui seul l'ampleur du phénomène: « From Haitian roots to East African dance floors and hit songs, Konpa's rise shows how unexpected Black diasporic music can travel and find new life far from home. »
Pour beaucoup, cette reconnaissance médiatique ressemble à une découverte. Cependant, pour tous ceux qui suivent depuis longtemps l'itinéraire du compas, elle ressemble davantage à l'aboutissement de sa longue histoire de 70 années. Ce que les journalistes observent aujourd'hui sur les pistes de danse de Nairobi, Kampala ou Dar es-Salaam n'est pas une apparition soudaine. C'est le résultat de décennies de voyages, de transmissions et de rencontres culturelles.
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