Dans Bain de vin sous l’olivier / Amar Benhamouche ne se contente pas d’écrire : il traverse. Il traverse les langues, les géographies, les appartenances, et jusqu’à l’idée même de sujet. Ce recueil bilingue, porté vers le français par Arwa Ben Dhia et publié aux Éditions du Cygne, s’impose comme une œuvre de tension entre enracinement et errance, entre désir et déchirement, entre parole intime et charge politique.
Une langue en exil, ou l’exil de la langue
Le bilinguisme ici n’est pas un simple dispositif éditorial : il est la matière même du poème. L’arabe ne précède pas le français comme une origine stable ; il le hante, le déborde, le fissure. La traduction ne vient pas refermer le sens, mais l’ouvrir davantage, comme une seconde respiration. Ce qui se joue, c’est une poétique de la duplication imparfaite, où chaque langue devient l’écho inquiet de l’autre.
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