Henri Chauvet, écrivain, poète et reporter, faisait vivre aux lecteurs — et plus tard, on peut l’imaginer, aux auditeurs et téléspectateurs — les moments palpitants de la vie politique haïtienne. Tel un magicien transformant le plomb en or, il métamorphosait le simple fait divers en épopée, le compte rendu parlementaire en roman, la dépêche politique en poème.
Le journaliste du Nouvelliste excellait dans ces genres avec une maestria qui faisait de lui non pas un simple greffier de l’actualité, mais un créateur, un artiste du quotidien. Il inventait tant et si bien que chaque reportage devenait un livre — non pas un livre au sens matériel du papier relié, mais un livre au sens noble du terme : une œuvre complète, autonome, presque immortelle.
Henri Chauvet figure dans notre anthologie des poètes et diplomates haïtiens de 1804 à nos jours — honneur mérité pour cet homme qui incarna, à lui seul, plusieurs générations de résistance intellectuelle. Ses titres révèlent l’extraordinaire diversité de ce génie polymorphe.
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