La commémoration de la Semaine d’action contre le racisme et pour l’égalité des chances (SACR) a eu lieu cette année dans un contexte où les guerres pour le contrôle des ressources sévissant en Palestine, à Cuba, au Congo, au Soudan, en Ukraine et en Iran ont coïncidé avec l’adoption de la résolution historique du 25 mars de l’Assemblée générale de l’ONU définissant la traite transatlantique et l’esclavage comme « les pires crimes contre l’humanité ». Quoique la résolution ne soit que symbolique et donc non contraignante, les démocraties bourgeoises occidentales n’ont pas jugé nécessaire de l’appuyer. C’est le cas des États-Unis qui ont ouvertement voté contre la résolution à côté des gouvernements d’extrême-droite de l’Argentine et d’Israel. D’anciennes puissances coloniales et esclavagistes comme France, la Grande-Bretagne, l’Espagne, entre autres, se sont abstenues lors du vote[1]. Le gouvernement libéral du Canada qui, depuis une décennie faisait minimalement la promotion de l’antiracisme et de l’inclusion n’a pas non plus soutenu la résolution.
C’est dans ce contexte extrêmement troublé que le Centre international de documentation et d'information haïtienne, caribéenne et afro-canadienne (CIDIHCA) et la Semaine d’action contre le racisme (SACR) en partenariat avec la Société de recherche et de diffusion de la musique haïtienne (SRDMH) ont organisé au Conservatoire de musique de Montréal le samedi 28 mars 2026 un concert en hommage à des compositeurs afrodescendants. Sous le titre Guitare classique aux alizés, le concert programmait une musique classique pour guitare toute caraïbéenne. Accompagnée du doctorant Louis-Édouard Thouin-Poppe à la guitare et de Marie-Hélène Bréault à la flute, la concertiste et professeure de guitare à l’UQAM Isabelle Héroux a offert des œuvres du Chevalier de Saint-Georges (Guadeloupe), de Ludovic Lamothe, de Frantz Casséus, d’Amos Coulanges (Haïti) et de Léo Brouwer (Cuba).
Les trois parties du programme présentaient des œuvres de styles contrastés, alliant des compositeurs du XVIIIe siècle à ceux du XXe siècle et de la période contemporaine. Héroux a préludé avec des variations sur « Adieu Foulard », air traditionnel de la Guadeloupe remontant à la période coloniale. Les variations écrites par Amos Coulanges ont su bercer le public dès les premières notes, par des sonorités traduisant la mélancolie de la séparation de deux amants.
Publicité — faites défiler pour poursuivre la lecture
Si vous avez déjà créé un compte, connectez-vous GRATUITEMENT pour lire la suite de cet article.
Pas encore de compte ? Inscrivez-vous
0 commentaire
Les échanges courtois et argumentés font la qualité du débat.
Connectez-vous pour commenter. Un compte garantit que votre nom n'est utilisé que par vous.
Se connecter Créer un compte
Aucun commentaire pour l'instant. Soyez la première personne à réagir.