- Brûler du pétrole, allumer la culture -
Haïti consomme chaque jour des dizaines de milliers de barils de produits pétroliers. L'essence fait tourner les moteurs, le diesel alimente les génératrices, le kérosène éclaire les foyers que l'EDH n'atteint pas. Et pendant ce temps, un romancier haïtien publie à compte d'auteur, un poète en créole ne trouve pas d'éditeur, et le théâtre national survit par miracle. Entre ces deux réalités, personne n'a encore tendu le fil. Il est temps de le tendre.
I. Ce que le pétrole rapporte, et ce qu'il pourrait faire
Haïti importe la totalité de ses produits pétroliers. Elle ne produit rien, ne raffine rien. Et pourtant, selon les données de l'Autorité de Régulation de l'Énergie en Haïti (ANARSE), le pays consommait en moyenne, dans les années précédant la crise de 2022, environ 26 000 barils par jour, soit près de 800 000 barils par mois. Même dans les conditions difficiles d'aujourd'hui, on tourne autour de 11 000 à 15 000 barils quotidiens.
Faisons le calcul simple. Un baril contient 42 gallons. À 15 000 barils par jour, c'est 630 000 gallons qui transitent chaque jour sur le territoire. Si l'État prélevait 10 centimes de gourde par gallon sur l'ensemble des carburants - essence, diesel, fuel oil -, cela représenterait, au cours actuel, un fonds annuel de plusieurs dizaines de millions de gourdes. Pas une fortune. Mais suffisamment pour changer la face de la vie littéraire haïtienne.
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1 commentaire
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Jean Lherisson
Certainement, il faudra espérer qu’un jour l’État haïtien se pense à partir d’Haïti