Poète majeur de la littérature haïtienne contemporaine, auteur de plus d’une dizaine de recueils, James Noël a reçu, le 24 mars dernier, la deuxième édition du Prix Sirène Lapérouse. Cette distinction, qui célèbre la poésie, vient saluer la voix singulière d’un passeur de mots et d’un ambassadeur discret d’Haïti, après avoir été attribuée, lors de sa première édition, au poète Jean Pérol.
Les cieux de Paris, en ce beau mois de mars 2026, ni trop mordants ni trop cléments, suspendus comme une aquarelle entre l’hiver qui s’efface et le printemps qui hésite encore, offraient une lumière de velours sur les quais de la Seine. Une lumière faite pour les poètes, comme commandée tout exprès.
Attirés par cette douceur complice, les invités triés sur le volet commencèrent à se rassembler devant la façade discrète et chargée d’histoire du restaurant culturel Lapérouse. Ils arrivaient par grappes, le visage illuminé par l’anticipation, comme si quelque chose d’important, quelque chose de rare, allait se produire ce soir-là. Et ils n’avaient pas tort.
Parmi eux se trouvaient des Haïtiens de Paris, fiers et élégants, venus soutenir l’un des leurs : James Noël, passeur de mots et ambassadeur silencieux d’une île qui chante même lorsqu’elle souffre. Ce soir-là, il allait recevoir la deuxième édition du Prix Sirène Lapérouse, distinction qui couronne la poésie non comme on sacre un pouvoir, mais comme on salue une vérité. La première édition avait été attribuée au poète Édy Perol.
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