Hier n’est qu’une seconde dans l’éternité d'une combinaison de cris ardents avec Hadriana dans tous mes rêves. J’ai ouvert un livre, et c’est une tempête de sel et de lumière qui m’a giflé le visage à Port-au-Prince. On ne lit pas René Depestre ; on entre en collision avec un météore qui refuse de s'éteindre. Depuis hier, je marche dans les décombres de mes incertitudes au Champs-de-Mars, cherchant à la FDSE la trace des feuilles vertes de cet homme qui a fait de l'exil, une patrie, et de la poésie, un acte de chair marbre.
Il est là, debout sur la ligne de faille entre l'Afrique, l'Europe, les Amériques et les Caraïbes, entre autres. Un géant de Jacmel qui refuse de baisser les yeux devant le soleil ou devant les tyrans des ambitions suicidaires du monde et de la politique. Je le regarde en face, mais son visage est une géographie mouvante, un archipel de révoltes et de désirs. Comment fixer l'image d'un homme qui a transformé son sang en encre de mer ?
L’Éros en gare de l’absolu
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2 commentaires
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Georges Ricardo
Je viens de lire votre texte, et honnêtement, c’est bien plus qu’un simple commentaire littéraire : c’est une véritable immersion poétique. Votre manière de parler de René Depestre et de son œuvre Adriana est à la fois sensible, vibrante et profondément habitée. On sent que vous n’avez pas seulement lu l’auteur, mais que vous l’avez vécu. Les images que vous utilisez, cette collision avec “un météore qui refuse de s’éteindre”, traduisent une intensité rare et une compréhension intime de la littérature. Votre texte m’a profondément touché, mais il a surtout réveillé en moi un souvenir précieux. Vous avez été mon professeur de littérature, et je me rappelle encore cette phrase que vous aviez citée : lire, c’est faire toutes les expériences de la vie. Aujourd’hui, à travers votre plume, j’ai eu le sentiment de revivre cette vérité avec une intensité nouvelle. Vos mots ne se contentent pas d’analyser, ils transportent, ils marquent. Désormais, une seule envie m’habite : aller moi-même à la rencontre d’Adriana, pour en faire ma propre expérience, comme vous nous l’avez si justement appris. Merci pour cette transmission, hier comme aujourd’hui.
1 réponse
Elmano Endara JOSEPH
Un commentaire fou, sinon enragé. Merci camarade! On tient le coup... Gen pi bèl jou k ap vini.