Radio Pacific 101.5 fm

Culture 7 min de lecture

Prosopopée et hypotypose : une certaine mise en scène ou animation du monde

Prosopopée et hypotypose : une certaine mise en scène ou animation du monde

«La dimension de la théâtralisation du monde trouve sa place dans la révélation d’un ensemble de faits ou actes qui traduisent le réel ambiant que, sous la fausse couverture du bien-être collectif, l’on cherche à masquer la complétude  des différences. »

Vivre est un dialogue au monde et la musique par l'harmonie qui s'y opère, communique, converse, parle, énonce. Et l'autre, présent ou brillant par son absence, demeure à quelque lieu par une certaine prosopopée du terme : présence. D'où découle la théâtralisation presque certaine de notre présence au monde, une quasi- mise en scène. Mais celle-ci ne presse- t- elle pas la nécessité de l'action ? L'être humain est action !   Le corrélat alors entre les concepts - théâtralisation- mise en scène- action - demeure intense et y marque certainement notre présence.

La figure « prosopopée » partage une double origine hellène et latine. L'étymon dérive de deux termes greco-latin, le prosopon ( personne) et poîein ( faire). La Prosopopée : remonte à la fin XVe siècle ; lat.  prosopopeia.  C'est une " figure de [rhétorique ] par laquelle on fait parler et agir une personne que l'on évoque, un absent, un animal, une chose personnifiée". Notons par ses principaux effets, elle peut «présenter les marques d'une énonciation », «les marques du discours [... lui attribue ] un fort pouvoir de dramatisation », finalement « faire entendre l'autorité d'une voix favorable ou opposée à la thèse principale ». Claude Eterstein, dans “ La littérature française de A à Z ”, n' a pas moins relevé une certaine équivalence entre les figures prosopopée et hypotypose. Ce lien de synonymie souligné par la mise en commun des deux étymons grecs “hupo” et “tupos" attribue à l' hypotypose cette définition :« une figure de style consistant à évoquer un objet, un être ou une scène de façon si intense qu' on les fait voir». Elle est nommée différemment selon les auteurs et les époques. Au XVIIe siècle, Boileau et Fénelon la considère telle une « image », et une  « peinture », tandis qu'au cours du XVIIIe ou XIXe, Pierre Fontanier la représente comme un « tableau », pour finalement être vue, au XXe siècle, par Roland Barthes, comme l' « effet du réel ».

Par ailleurs, l'hypotypose, par sa fonction, vise à «frapper l'imagination [ afin de ] provoquer une émotion », par la vivacité et l'animation de la scène ou de la représentation qui s'y découle. D'où, une certaine correspondance concomitante à la figure de discours prosopopée. Il n'est nullement interdit de remarquer que les figures prosopopée et hypotypose offrent, par la réalité qu'elles définissent, une certaine mise en scène ou animation du monde. Puisqu'elles donnent à voir et représentent ce qui paraît absence, par une hypothétique présence.

Publicité — faites défiler pour poursuivre la lecture

Si vous avez déjà créé un compte, connectez-vous GRATUITEMENT pour lire la suite de cet article.

Connectez-vous

Pas encore de compte ? Inscrivez-vous

Suivez-nous sur WhatsApp

0 commentaire

Les échanges courtois et argumentés font la qualité du débat.

Connectez-vous pour commenter. Un compte garantit que votre nom n'est utilisé que par vous.

Se connecter Créer un compte

Aucun commentaire pour l'instant. Soyez la première personne à réagir.

À lire également

Toute la rubrique Culture

Alertes du National

Recevez une notification sur votre téléphone ou votre ordinateur dès qu'un article paraît dans les rubriques de votre choix. Gratuit, avec votre compte lecteur.

Rubriques à suivre