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Ar Guens Jean-Mary ou une esthétique de la marginalité 

Ar Guens Jean-Mary ou une esthétique de la marginalité 

«Le beau peut être laid. Du laid peut émerger la beauté!»

Il demeure un fait que le mot ou concept, dans ses acceptations les plus  diverses, porte en lui une charge sémantique. Et la littérature, en parvenant à détourner le sens premier, dans ses heureuses trouvailles, tire, par ricochet, une poétique, développe une esthétique originale. L'écrivain peut alors, dans sa production littéraire, remonter de ce qui paraît ordinaire, à la limite du marginal, faire éclore le beau du dérisoire ! Le beau peut être laid. Du laid peut émerger la beauté! Des fleurs ne naissent-elles pas du mal dans les poèmes de Baudelaire? Les Chants du Maldoror du Comte de Lautréamont ne gardent pas moins une esthétique du Mal en son corset de feuilles jaunies par le temps. On peut porter notre référencement jusqu'au travail artistique de récupération de déchets métalliques des artistes de la Grand-rue ( Port-au-Prince) ou du village artistique de Noailles ( Croix-des-Bouquets). Le marginal peut refléter et  garder  en lui des quartiers de beauté ! Ou accoucher dans son creuset des filets de beau. «Tout art est choc, contestation, refus, rupture de ban, clash du présent, martèlement contre la bienséance bien-pensante, contre l'ordre établi. Tout art, dans son éclosion, suscite rejet, répulsion, aucunement dans une approche discursive, interrogative de l'œuvre, mais dans la dynamique du refus, de la peur, de la bousculade des "codes artistiques préétablis", du viol du sacro-saint ou du confort de la peinture ou de la littérature "officielle"», a-t-on proclamé dans un article sur le Street Art publiée dans Le National.

La marginalité, dans l'expression à première vue du dérisoire,  de la marge, de l'à-côté, de la mise au ban postule une certitude : la beauté peut éclore de la laideur, du non-exprimable. En effet, si la marginalité s'entend comme une attitude, «un état de celui, de ce qui est en marge de la société », ne regroupe-t-elle pas toute idée, tout fait ou action que la prétendue bienséance sociale y classe à la marge. Dans le cadre d'un colloque réalisé en avril 2010, sur «Les figures du marginal dans les littératures », on a lu dans la présentation que le concept marginal, en dépit de la dénotation du terme, a toujours comme « phénomène a toujours existé, même si sa perception et les catégories de personnes faisant partie ont constamment évolué à travers le temps». 

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