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La double historicité du capitalisme et du racisme

La double historicité du capitalisme et du racisme

Les approches idéalistes du racisme présentent celui-ci comme une réalité éternelle ayant caractérisé l’humanité de son apparition sur terre à aujourd’hui. L’intérêt d’une telle approche pour les classes dominantes est d’invisibiliser le moment historique d’apparition de cette idéologie de légitimation de la domination et ce faisant ses liens avec le capitalisme comme mode production. L’approche matérialiste souligne au contraire l’historicité du racisme et le lien de celle-ci avec l’historicité du capitalisme.

L’enfance du capitalisme

La présentation du racisme comme réalité ahistorique se base sur la confusion entre des formes de rejets ayant caractérisés les sociétés d’avant le capitalisme (ethnocentrisme, xénophobie, etc.) et le racisme proprement dit c’est-à-dire une idéologie hiérarchisant l’humanité en « races » inégales à des fins de justification d’une domination. Il ne pouvait apparaître qu’avec l’émergence d’un mode de production ne pouvant fonctionner qu’en s’étendant. Le capitalisme basé sur la concurrence entre capitaux à la recherche du profit maximum ne pouvait que donner naissance à la mondialisation. Dès la naissance du capitalisme la tendance à la mondialisation qui le caractérise appelle une idéologie de justification de l’asservissement des peuples à qui il impose par la force militaire son fonctionnement. Depuis que Christophe Colomb a fait débarquer ses soldats, l’histoire mondiale est devenue une histoire unique, globale, reliée, mondialisée.

L’invisibilisation des interactions nécessite une mobilisation de l’instance idéologique afin de formaliser des grilles explicatives hiérarchisantes. Ces grilles constituent le « racisme » à la fois dans ses constantes et dans ses mutations. Il y a invariance car tous les visages du racisme, du biologisme à l’islamophobie, ont une communauté de résultat : la hiérarchisation de l’humanité. Il y a également mutation car chaque visage du racisme correspond à un état du système économique de prédation et à un état du rapport des forces politiques. Au capitalisme pré-monopoliste correspondra l’esclavage et la colonisation comme forme de domination politique et le biologisme comme forme du racisme. Le pillage et la destruction des civilisations amérindiennes ainsi que l’esclavage ont été les conditions pour que le mode de production capitaliste puisse devenir dominant dans les sociétés européennes. Il n’y a pas eu naissance du capitalisme puis ensuite extension mais un pillage et une violence totale réunissant les conditions matérielles et financières pour que s’installe le capitalisme. Le racisme biologique accompagne et justifie ce pillage et cette violence. La colonisation n’est ensuite que le processus de généralisation des rapports capitalistes au reste du monde. Elle est la forme de la domination politique enfin trouvée pour l’exportation et l’imposition de ces rapports sociaux au reste de la planète.

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1 commentaire

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Lilith

J'imagine que l'auteur ne serait pas capable de critiquer le commerce d'esclaves dans la terre de l'Islam, y compris les esclaves sexuelles, ou l'influence du système mercantile musulman dans l'origine du capitalisme. Même Adam Smith avait copié des exemples des traité économiques d'Al Ghazali au moyen âge. Il ne sera, peut-être, capable de reconnaitre la contribution du capitalisme dans la lutte pour les droits des femmes, et des inventions modernes comme la lave-vaisselle ou la machine à laver pour le bien-être des femmes de ménage. Ou du capitalisme dans l'éducation et l'émancipation économique des femmes, en fournissant les moyens techniques pour ce faire. Si on ne comprend pas la totalité du système, avec ses faiblesses et ses point forts, nous ne serions pas capables de trouver un système meilleur, et nous finirons pour reproduire les caractères autoritaires, comme c'était le cas à l'Union Soviétique et dans plusieurs dictatures communistes dont le mode de production restait, toutefois, basiquement capitaliste.

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