Pour Jean Claudy, Marion et Cédric
Je suis tombé sur le titre d’une tribune parue à la une d’un quotidien remarquable. Il se lit : « René Depestre, le récipiendaire du prix Renaudot…». Je n’ai pas lu la tribune en question - du moins pas encore. Toutefois, j’ai à redire sur le titre; d’autant plus que le texte qu’il annonce se situe à gauche de la première page du journal. D’abord, l’intitulé semble suggérer un anachronisme selon lequel Depestre viendrait tout juste de recevoir le prix Renaudot. Ensuite, j’estime que l’on ne devrait pas réduire un si immense écrivain à un prix de rang intermédiaire.
Créé en 1926, par une dizaine de critiques d’art attendant frénétiquement les résultats de la délibération du jury du prix Goncourt, le Renaudot est significativement perçu comme une prime de consolation ou un prix de seconde catégorie. Il existe à l’ombre du prestigieux prix Goncourt. Les lauréats des deux prix sont successivement annoncés le même jour et au même endroit, soit respectivement le premier mardi de novembre et au restaurant parisien Drouant. Lorsqu’en 1932, Louis-Ferdinand Céline manqua le Goncourt, mais remporta le Renaudot, la critique connut l’ire de la littérature sacrifiée sur l’autel d’un système éditorial peu scrupuleux. On estima quasi-unanimement que le Goncourt aurait mieux correspondu à une œuvre aussi grandiose que le « Voyage au bout de la nuit ». Céline lui-même a mis longtemps à se rétablir émotionnellement d’une telle injustice.
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1 commentaire
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guy lamothe
salut Jean Claudy. Mes premieres opinions sur toi et ton ecrit………je ne suis pas un critique litteraire mais voila ce que je percois en commencant a ecrire mon texte….” Ton style est humaniste, au sens classique du terme et je peux affirmer que tes phrases sont un lieu de raison, mais aussi d’élégance." Les traits marquants de ton texte sont ta préoccupation pour la reconnaissance symbolique où la société rend justice à ses écrivains. tu ne t’interesses pas seulement aux prix littéraires, mais à ce qu’ils révèlent du rapport entre culture, mémoire et pouvoir. Mon cher Jean Claudy, Dans ton texte sur Depestre, tu nous montres que la consécration d’un écrivain n’est pas un simple trophée, mais une lutte pour l’inscription dans la mémoire du monde. Cette idée, à la fois philosophique et politique te rapproche de certains essayistes comme Édouard Glissant ou Patrick Chamoiseau, pour qui la littérature est un acte de réparation de soi, du langage, et de la communauté. ok cher ami a plus tard ou demain pour une analyse plus longue….KIMBE RED, TIENS BOIN>>>