Depuis quelques jours, l’apparition du pronom « iel » dans la version en ligne du dictionnaire Le Robert suscite la controverse dans plusieurs pays francophones. La presse parlée et écrite s’en est fait l’écho en Belgique (La libre Belgique, RTBF), en Suisse (la Tribune de Genève, RTS), en France (le Nouvel Obs, Le Figaro, Le Monde, France culture, France inter, RFI) et au Québec/Canada (Le Devoir, Radio Canada, La Presse, Le Droit). En effet, Le Robert en ligne consigne le terme « iel » comme suit : « iel , iels pronom personnel / Rare - Pronom personnel sujet de la troisième personne du singulier et du pluriel, employé pour évoquer une personne quel que soit son genre. L'usage du pronom iel dans la communication inclusive. - Rem. On écrit aussi ielle , ielles ». Dans la presse écrite et parlée, des lecteurs/auditeurs, des linguistes et de lexicologues s’opposent à la « consécration » du pronom « iel » / « iels » dans Le Robert, dictionnaire généraliste de la langue française, tandis qu’un nombre indéterminé de locuteurs se dit en faveur sinon attentif à l’arrivée de ce nouveau-né… Le pronom « iel » visant à désigner, selon la définition du Robert, « une personne quel que soit son genre », les arguments avancés de part et d’autre sont de nature linguistique et lexicographique, ou relèvent d’une lecture « militante », principalement idéologique, de cette « évolution naturelle » de la langue dans la société. Le débat est déjà vif dans les pays occidentaux : le ministre français de l’Éducation s’est même fendu d’une forte et bien imprudente condamnation publique du « iel », mais ce débat ne semble pas avoir d’écho en Haïti parmi les enseignants et les journalistes. Il est vrai que les préoccupations et les priorités d’Haïti sont de nature différente puisque le pays est livré à l’insécurité politique, à la violence des gangs armés et aux enlèvements quotidiens dans un pays où prévalent le chaos institutionnel et l’impuissance de l’Exécutif dirigé par les caïds du PHTK néo-duvaliériste, sorte de cartel politico-mafieux de Michel Martelly, Laurent Lamothe, Evans Paul-KPlim, Joseph Jouthe, Liné Balthazar, Jovenel Moïse et Ariel Henri…
Face au tollé suscité par l’irruption du « iel » dans Le Robert en ligne, Charles Bimbenet, Directeur général des Éditions Le Robert, a signé, sur le site même du dictionnaire, un argumentaire daté du 17 novembre 2021. Cet argumentaire doit être lu dans son intégralité pour prendre toute la mesure de la position controversée du Robert en ligne qui, à certains égards, se différencie de la version papier de ce dictionnaire.
Ainsi, « Suite à l’ajout il y a quelques semaines du mot « iel » dans notre dictionnaire en ligne Dico en ligne Le Robert , un débat animé nourrit les réseaux sociaux, débat qui a été repris par certains médias et par des personnalités politiques. Si une majorité d’entre vous a fait part de sa satisfaction à voir apparaître ce mot dans un dictionnaire Le Robert, d’autres ont pu se montrer surpris, sinon indignés. Positivons : que la controverse autour de notre langue, de son évolution et de ses usages, puisse parfois être vive, parfois houleuse, ce n’est pas nouveau, on peut même y voir un excellent signe de sa vitalité.
Nous souhaitons néanmoins préciser ici pourquoi nous avons intégré ce mot dans le Dico en ligne Le Robert et vous donner un éclairage sur les critères et les circuits de décision qui président à l'intégration d'un mot dans un dictionnaire Le Robert. »
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