L'Institut haïtien des droits de l’homme (IHDH), en partenariat avec le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme en Haïti, a organisé ce jeudi 28 septembre 2023 un procès simulé sur la corruption intitulé : « le procès du siècle ». Cette activité portée sur la corruption vise à rappeler à la justice son rôle fondamental au sein de la société haïtienne.
Selon les propos du directeur exécutif de l'Institut haïtien des droits de l’homme, Dr. Patrick Pélissier, cette activité s'inscrit dans le cadre d'un ensemble de projets de l'IHDH visant à lutter contre la corruption en Haïti. Le procès est tenu dans le but de recentrer la responsabilité des citoyens et la responsabilité du système judiciaire, a-t-il souligné.
Lorsque la corruption s'associe à l'impunité, on est dans une situation incontrôlable. L'institution qui doit freiner et sanctionner la corruption, c'est la justice. La justice doit prendre sa place. Les auteurs et coauteurs des cas de corruption dans le pays doivent payer pour leurs actes, plaide le directeur de l’Institut haïtien pour la défense des droits de l’homme en Haïti.
« Les hauts dignitaires de l'État doivent répondre de leurs actes. En Haïti, on n'a jamais vu un ministre, un président devant un tribunal pour la corruption », a ajouté Me Patrick Pélissier, qui a tout de même rappelé que dans le temps, on avait le procès de la consolidation et le procès des timbres. Depuis quelque temps, on a comme l'impression que la justice a cessé de fonctionner pour faire place à la société civile, a-t-il indiqué. Selon lui, de nos jours, les cas de corruption sont dénoncés pour la plupart dans des mouvements de rue.
De son côté, le représentant du bureau du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme en Haïti, Arnaud Royer, qui a abondé dans le même sens , a dénoncé les nombreux cas de corruption qui sont restés impunis en Haïti alors que la réponse pénale joue un rôle prépondérant contre ce mal qui doit être à tout prix éradiqué.
Parallèlement, il appelle les autorités concernées, les instances publiques/privées à prendre des décisions pour le respect des droits humains et pour prévenir également les risques de corruption en Haïti.
Vladimir Predvil
