Une délégation kényane est arrivée à Port-au-Prince le dimanche 20 août pour une mission d'évaluation en vue du déploiement de la force multinationale. Composée de 20 membres, cette délégation dirigée par le sous-inspecteur général de la police de l’administration Noor Gabow, a rencontré ce lundi 21 août, des membres du gouvernement et prévoit des entretiens avec les hauts responsables du pays au cours de sa mission de 3 jours.
La mission a en effet rencontré des membres du gouvernement et compte échanger avec des responsables de la Police nationale d'Haïti (PNH). Un document présentant une cartographie des gangs sur le territoire national préparé par les responsables de la police sera soumis aux membres de la commission d'évaluation, selon des informations recueillies.
Le Kenya, qui propose de diriger la force internationale, a annoncé une contribution de 1000 agents de police pour travailler aux côtés des policiers haïtiens en vue de rétablir la sécurité dans un pays pratiquement contrôlé par des gangs. Les Bahamas, la Jamaïque et le Sénégal ont également manifesté leur volonté de participer aux efforts de la communauté internationale pour aider Haïti à sortir de cette impasse.
Cependant, des tensions se font sentir au sein des Forces armées d'Haïti. Des soldats de ces forces seraient mécontents contre le Premier ministre Ariel Henry. Ils reprochent au gouvernement de ne pas les considérer en optant pour une force étrangère dans la lutte contre l'insécurité, plutôt que de faire appel à l'armée d'Haïti.
En parallèle, des membres de la société civile réclament une intervention conjointe de la Police nationale et des Forces armées d'Haïti (FAd'H) pour combattre les gangs armés. Plus de soixante membres de la société civile demandent au gouvernement de mobiliser les ressources nécessaires pour mettre fin à la violence des gangs armés sur tout le territoire national.
«Nous exigeons du Gouvernement haïtien qu’il mobilise toutes les ressources nécessaires au sein de l’État, en vue de permettre à la Police nationale et aux Forces armées d’Haïti, dans une action coordonnée avec la population, de mettre fin à la violence aveugle et sauvage des gangs armés sur l’ensemble du territoire national», lit-on dans le document.
Cette demande intervient alors que l'envoi éventuel d'une force multinationale par la communauté internationale en soutien à la police haïtienne occupe les débats. Dans une déclaration publiée le 18 août, ces personnalités critiquent la passivité du gouvernement face aux actions des bandes armées.
«Nous tenons à rappeler que Carrefour-Feuilles et le Morne l’Hôpital livrés aux gangs provoquera irrémédiablement la perte rapide de ce qui reste de l’aire métropolitaine et des régions avoisinantes non encore sous le joug des bandes armées avec des chemins ouverts vers les villes importantes du Sud-Est comme Anse-à- Pitre, Marigot, Cayes-Jacmel et Jacmel», alertent les signataires de la déclaration.
La situation à Carrefour-Feuilles a déjà contraint près de 3000 déplacés internes, dont 189 enfants et 13 nourrissons. Environ 2000 déplacés, dont 500 enfants, sont abrités dans divers endroits tels que le Gymnasium Vincent, l'école municipale Carl Brouard, le collège Leclerc Tertullien et le ciné Eldorado.
Esdra Jeudy
