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La Faculté des Sciences a son rôle à jouer dans la reconstruction du pays

La Faculté des Sciences a son rôle à jouer dans la reconstruction du pays



En matière de construction dans le pays, il doit y avoir un changement de paradigme. Nos modèles d'habitat social doivent répondre aux catastrophes naturelles. La Faculté des Sciences,l'entité de l'UEH qui forme des spécialistes pour le pays dans le domaine de l'architecture et de l'ingénierie, est le premier concerné. Pourtant nous constatons qu'il est toujours mis du côté dans la recherche de solutions. Par rapport à cela, de multiples questions se posent.

Pourquoi sa mise à l'écart dans la reconstruction du pays? N'a-t-elle pas son rôle à jouer ?

Située dans la zone à haut risque sismique et cyclonique dans la région des Caraïbes, Haïti a une histoire ponctuée de grandes catastrophes naturelles. En effet, l'historien français Moreau de Saint Méry a relaté dans ses écrits que le pays, durant sa période de colonisation française, fut touché par au moins 14 séismes majeurs ; il y note qu'en 1751 la ville (de Port-au-Prince) est détruite avec 2 secousses violentes de 3 minutes environ, puis en 1770. Moins de 50 ans après son indépendance, un puissant séisme en 1842 a causé la destruction de la ville du Cap-Haïtien et de ses environs. Des cyclones aussi ont fait d'énormes ravages sur le pays, notamment Hazel en1954, Flora en 1963, Allen en 1980, Gilbert en 1988, Jeanne en 2004, Hanna en 2008 et plus récemment Matthew en 2016 qui a particulièrement ravagé la Grand-Anse.

Le pays affiche de plus en plus à cause de ses multiples constructions anarchiques une plus grande vulnérabilité aux catastrophes naturelles. En effet, en 2008 seulement, le pays a été frappé par 4 ouragans dévastateurs. Moins de deux ans plus tard, un puissant séisme a tué plus de 250 000 personnes ; ces deux catastrophes seront suivies de l'ouragan Sandy (2012), de Matthew (2016), d'un léger séisme en 2018 et du dernier en date, le 14 août dernier. Les données sismologiques prévoient de plus en plus de menaces sismiques pour le pays étant donné que les failles majeures Enriquillo et septentrional qui la traversent et qui étaient en sommeil depuis plusieurs années, sont en activité croissante.

Une des grandes problématiques face aux menaces des catastrophes naturelles qui guettent le pays est la vulnérabilité de nos constructions. Il est généralement admis qu'aucune des catégories d'habitats du pays, du modèle colonial à l'habitat populaire des bidonvilles, n'est résiliente ni aux séismes ni aux cyclones. Les habitats à ossature en béton quoique résilients aux cyclones présentent autrement un danger et une vulnérabilité certaine face à un séisme de grande magnitude.

En dépit de cette longue liste de catastrophes, l'état haïtien n'a pas jusqu'à présent doté le pays d'un véritable plan de réduction de risques et d'un plan d'aménagement du territoire. Les constructions anarchiques se poursuivent sous les yeux passifs des élus et des dirigeants du ministère des Travaux publics. Entretemps, les crises cruciales de logements sociaux perdurent sans aucune réponse ou solution de la part des responsables politiques.

Les risques sismiques et cycloniques qui s'accentuent interpellent une autre culture de construction de façon à atténuer les vulnérabilités. De quels genres de bâtis faut-il doter le pays, pour atténuer les risques dus aux catastrophes naturelles et limiter les dégâts en vies humaines et en infrastructures ? Au vu de la fréquence de ces phénomènes, la planification et la construction d'infrastructures résilientes sont essentielles pour créer un environnement sûr.

Une telle question ne saurait avoir une réponse sans la mobilisation de connaissances locales, de savoir- faire et d'expériences collectives. Dans ce cas, la Faculté des Sciences, une des entités s de l'université d'État depuis 1902, a un grand rôle à jouer. Elle doit mobiliser toute la connaissance scientifique possible pour trouver un modèle d'habitat qui soit apte à résister à la fois aux cyclones et aux séismes. Cela devrait être moins coûteux tout en sachant que la majorité des Haïtiens optent pour les structures en béton d'une part à cause de leur durabilité et d'autre part à cause du faible besoin de maintenance.

De toute façon, il faut un changement de paradigme dans le domaine de construction dans le pays. Nos ingénieurs de la Faculté des Sciences doivent réfléchir sur un autre type et modèle d'habitat qui prend en compte les valeurs locales en termes de construction.

Pour repenser la construction en Haïti, la Faculté des Sciences doit jouer son rôle. Il est d'autant plus important que l'État applique une politique de logement social pour empêcher des constructions qui ne respectent pas les normes.

James St-Germain
Sociologue et professeur de philosophie

jamesstgermain19@yahoo.fr




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