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Luberice est en train de créer une crise dans la crise

Luberice est en train de créer une crise dans la crise



On ne peut qu’être atterré, révolté, dégoûté même, en lisant un tweet de Renald Lubérice, le secrétaire général du Conseil des ministres, interdisant à son « supérieur hiérarchique », le Premier ministre Aryel Henry, de signer un accord avec l’opposition. Il exige même sa démission. Le 10 septembre, il a publié une « note d’information » sur l’exercice du Pouvoir exécutif en cas de vacance présidentielle, insinuant que seul un régime monocéphale serait légal.

C’est pourtant ce même Luberice si « formaliste », qui a cautionné et soutenu toutes les mesures illégales du président Jovenel Moïse : création d’un Conseil consultatif, changement de constitution, formation d’un Conseil électoral permanent (CEP) non constitutionnel, etc. Le défunt chef de l’État projetait même de mettre sur pied un référendum pour faire avaliser sa nouvelle constitution qui ferait du président de la République, le seul personnage important de l’Exécutif alors que la Constitution n’autorise pas un chef de l’État d’amender unilatéralement la Constitution ni la remplacer par une nouvelle. Qu’avait-il fait Luberice ? Il a tout approuvé ! Et aujourd’hui, il veut se faire passer pour un donneur de leçon en matière de légalité.

Son étonnante prise de position illustre encore une fois l’attitude égoïste - pour ne pas dire autiste, voire schizophrénique - de cette classe politique parvenue, corrompue et incompétente, même diplômée, qui ne fait référence à la loi que lorsque celle-ci lui est favorable. Les lois, règlements et codes juridiques, c’est pour les autres et non pour elle. Elle n’y a recours que lorsqu’ils peuvent servir ses intérêts personnels.

Pour conserver des privilèges - non justifiés puisque ces conseillers n’avaient fait qu’enfoncer l’ex-président dans l’inconstitutionnalité -, ces hauts fonctionnaires préfèrent créer une nouvelle crise politique nationale en mettant ce qui reste du Sénat en face du Premier ministre Aryel Henry ; comme si on n’avait pas assez de crises comme ça.

Le président du PHTK, Liné Balthazar, est partie prenante de l’accord en cours de réalisation entre le Premier ministre et des leaders de l’opposition. Donc, en se soulevant contre cette alliance, Renald Luberice remet en cause la participation du PHTK, parti sous la bannière duquel Jovenel Moïse, son ex-patron, avait accédé au pouvoir.

L’ancien conseiller de Moïse remet aussi en question la volonté de l’ancien chef de l’État qui voulait mettre sur pied un gouvernement de coalition nationale. Selon le sénateur Évallière Beauplan, l’ex-président avait affirmé être prêt à céder à l’opposition « 95 % de son pouvoir ». Si Luberice voulait rester loyal à Jovenel Moïse qu’il dit tant apprécier et qu’il n’arrête pas d’encenser, il devrait être plutôt satisfait du choix fait par son patron à la veille de son assassinat, en l’occurrence Aryel Henry, qui tente de mettre en place un gouvernement d’inclusion, même si c’est sous la pression de l’opinion publique.

Une situation exceptionnelle

Après la mort brutale de Jovenel Moïse, le pays vit une situation inhabituelle, aggravée par l’augmentation de la misère, la prolifération des gangs, l’intensification de l’insécurité et de la violence en tous genres que le régime précédent n’était pas parvenu à juguler. À situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle. La majorité réclame un changement du statu quo et la classe politique doit faire des choix situés entre la politique et le droit pour aller plus vite et ne pas s’installer dans la crise que nous subissons depuis des années avec cette succession de gouvernements impopulaires. La classe politique dans sa majorité a accepté Aryel Henry, dernier vœu du résident défunt, et essaie de concocter un gouvernement inclusif avant d’aller aux élections. Pour que ce gouvernement ait une légitimité politique et soit capable d’agir au nom de la majorité, il faut la participation des représentants de tous les secteurs de la vie nationale.


De plus, dans l’état de faillite quasi totale des institutions, et de l’insécurité grandissante, le temps est à l’unité et non à la discorde à laquelle appellent Renald Luberice, Barbecue et leurs acolytes respectifs avides de pouvoir.

On comprend l’inquiétude de Lubérice : avec un nouveau gouvernement pluriel, il risque de perdre son poste et son influence, mais l’intérêt supérieur de la nation ne devrait-il pas primer ? En tout cas, s’il lui reste un brin d’honneur, d’amour de soi, de dignité et de patriotisme, Luberice doit au moins la fermer ! Que les trouble-fêtes et les empêcheurs de tourner en rond laissent une chance au pays de respirer, de se refaire une santé et avec une certaine sérénité d’envisager, enfin, l’avenir ! « Les Haïtiens ne sont pas intéressés à savoir quel est le texte d’accord le plus « vertueux », mais quelles sont les bonnes volontés qui le sortiront de l’impasse. », écrit avec justice notre confrère et éditorialiste Roody Edmé. Il ne croit pas si bien dire, car ce que Renald Luberice et son équipe, de même que Barbecue et ses ouailles, sont en train de créer, c’est une « crise dans la crise » et on n’en a vraiment pas besoin. Le pays aspire à la paix et à l’unité.

Élodie Gerdy et Sergo Alexis




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