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Haïti: Un pays cancérigène!

Haïti: Un pays cancérigène!



La République D’Haïti se retrouve dans une spirale politique inquiétante qui nécessite une prise en main du destin commun des Haïtiens par le peuple haïtien.

Depuis l’arrivée de l’ex-président Jovenel MOÏSE au pouvoir, le pays va très mal. Les conditions matérielles d’existence de la grande majorité se sont empirées. Misère pour l’immense majorité! Richesse pour une infirme minorité!

L’insécurité, le chômage, la misère, la dégradation environnementale, la mauvaise gouvernance, la corruption, la dépréciation inconsidérée de la gourde face au dollar américain, la criminalité, le rapts/enlèvements, les assassinats spectaculaires, l’impunité, la dérive autoritaire et la violation systématique de la constitution, présente le diagnostic inscrit sur le tableau sombre d’une Haïti à l’agonie, et qui ne voit proposer pour l’heure, par ceux qui sont à son chevet, aucun remède capable de soulager le malade, en phase terminale. La crise est totale: l’administration MOISE-JOUTHE est impuissante et incapable de donner la moindre réponse sérieuse aux exigences de l’heure.

En face, une opposition plurielle piétiné. Elle perplexe et fait de la cacophonie politique, sans leadership et sans vision, incapable elle aussi de proposer une alternative palpable pour une sortie de crise.

L’opposition plurielle, depuis le mouvement « Pays Lock » qui a fortement ébranlé le pouvoir, annonce au jour le jour des manifestations, des grèves allant jusqu’à la fermeture des écoles et des universités et paralyse toute l’activité économique sur le territoire national. La population est livrée à elle-même. L’année scolaire est hypothéquée. L’école haïtienne est devenue un temple de l’ignorance. Tant vaut l’école, tant vaut la nation!

Le secteur de la Santé est quasiment inexistant, paralysé par la crise politique et les mouvements de grève récurrents des fonctionnaires et employés, réclamant des mois d’arriérés de salaire. La santé en Haïti est devenue une denrée très rare disputée au marché noir. En effet, le secteur de la santé est gangrené par la corruption. La couverture sanitaire est quasi inexistante. Les infrastructures hospitalières quand elles existent ne sont pas équipées et les services offerts laissent à désirer.

La crise est aussi institutionnelle. Le Parlement est bancal, réduite à un tiers du Sénat en d’autres termes le ‘Ti res du sénat’. La justice est vassalisée et placée sous la coupe réglée de l’exécutif, qui n’hésite pas à renvoyer illégalement les juges de la plus haute cour du pays, pourtant inamovible. La justice est vénale. Désormais, comme l’épitaphe sur le fronton des palais de justice, on pourrait écrire ces mots : « il fut un temps, ici on rendait la justice ». En Haïti « suivant que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront noir ou blanc ». Jean de La Fontaine.

La dérive autoritaire est constatée et le train de la dictature est en marche. L’administration de facto MOISE-JOUTHE n’est autre qu’un pot de chagrin qui triomphe au détriment de l’intérêt mesquin, ne pouvant même pas assurer la sécurité, le premier des droits, de la population aux abois.

Quant à la diplomatie haïtienne, elle est devenue un serpent sans tête. Le pays est incapable d’exprimer une position claire et souveraine. Nos diplomates sont convertis en militants politiques, défendant exclusivement l’agenda du Président.

La situation économique est plus que catastrophique, conséquence d’une crise sociopolitique structurelle depuis plus de trois décennies. Une production nationale quasi nulle, une balance commerciale déficitaire, une croissance économique en-dessous de zéro, une économie d’importation…qui ne vit beaucoup plus pour l’étranger que pour elle-même.

Embourbé dans une crise politique sans issue depuis le mandat du président MOISE, le chômage est chronique et a atteint son paroxysme. L’inflation galopante est hors de contrôle. Les autorités économiques et monétaires sont carrément incapables de proposer une réponse à cette situation intolérable, aggravée par l’insécurité générée par des gangs armés qui impunément kidnappent, volent, assassinent, violent. Haïti est aujourd’hui identifiée sous le label de « Entité Chaotique Ingouvernable. »

La jeunesse désabusée, ne voient d’autres issues que la migration, fuir la misère atroce du terrible quotidien, à la recherche d’un mieux-être. Nos braves compatriotes, au péril de leur vie, depuis quelque temps, laissent à contrecœur, leur très chère patrie, pour se rendre au Chili, en République dominicaine et ailleurs « Pou yal Chache yon lavi miyo. »

Les mêmes maux perdurent : mauvaise gouvernance, anarchie, gabegie, népotisme, corruption, viol et kidnapping. En ce qui concerne la corruption, elle est institutionnalisée et gangrène toutes les sphères de la vie nationale. Bref, un cancer incurable.

L’insécurité est devenue cancérigène en Haïti. L’absence de l’état et de la société, le délaissement des jeunes des quartiers défavorisés, l’oisiveté constituent un terreau fertile à la délinquance, à la criminalité. Le taux de criminalité a considérablement augmenté depuis quelque mois.

L’instrumentalisation politique de la Police nationale d’Haïti (PNH) fait franchir une autre étape dans la crise sociopolitique qui secoue le pays. La Police était pourtant l’une des rares institutions républicaines qui fonctionnent dans le pays. La fragilisation de la seule institution détentrice de la répression légitime représente un danger majeur pour la survie même de la nation. L’heure est grave!

Haïti est classée parmi les plus pauvres du monde. La contrebande, le trafic illicite et blanchiment d’argent se font impunément, souvent par des intouchables ayant à leur disposition l’appareil d’État. Ces hors-la-loi profitent de la faiblesse de l’état, pour mener leurs activités criminelles en toute quiétude, sans que le pouvoir ne manifeste aucune volonté de traquer les auteurs, souvent identifies.

L’inertie du pouvoir en place est inexplicable et inacceptable. D’un côté, la classe politique, ou tout simplement, l’opposition, de l’autre côté, ne propose aucune alternative fiable, face à cette déviation progressive et incontrôlée d’un pouvoir sans inspiration, qui n’a aucune autorité, aux commandes de l’état.

La communauté internationale, dans tout cela, se fait le complice d’une situation malsaine, ignorant les revendications justes et légitimes d’un peuple qui souffre et qui se morfond dans la misère la plus abjecte. Malgré les échecs renouvelés de cette communauté internationale en Haïti, à travers les différentes missions, jusqu’au BINUH, elle se comporte en vraie ennemie du peuple haïtien, elle continue à proclamer que le salut du peuple réside dans des mascarades d’élections, sources d’instabilité politique chronique.

Il faut s’indigner de constater également la lâcheté et la cupidité de nombre de nos politiques qui, depuis plus de 200 ans, préfèrent renoncer à leur devoir de citoyen et n’ont jamais voulu assumer leur rôle historique, par leur inaction et leur complicité avec l’international, en laissant le pays creuser le fond et plonger dans l’abime.

La complicité entre une classe politique sans idéologie friande de pouvoir « Grangou Pou Pouvwa » et une élite économique avide de richesse facile est à blâmer. Elle a donné naissance à cette catastrophe épouvantable que ronge le pays.

J’accuse ce système d’exploitation inique qui est responsable de tant d’inégalités sociales et d’injustes. J’accuse ce système arbitraire qui a monopolisé (Kidnappé) l’économie du pays depuis des décennies. Les élites ont la mission historique d’assurer le progrès et le développement socio-économiques, pour le bien-être de la collectivité. Elles sont les principales responsables de cette crise. Elles ont piteusement échoué et doivent en être conscientes. Elles sont les artisans de nos malheurs. À cette phase des débats, où nous sommes en présence d’un système à bout de souffle, incapable de se renouveler, un dialogue national inclusif est la seule issue pour définir un nouveau contrat social, accepté de tous, pour sortir de l’abime.

En ma qualité de citoyenne engagée et responsable, J’exprime ma profonde inquiétude et ma préoccupation face à la détérioration continue de la situation sociopolitique, économique, sécuritaire du pays. La dérive autoritaire et antidémocratique d’un pouvoir qui nous a conduits, depuis plus de deux ans dans une impasse politique sans issue interpelle sur l’avenir, plus qu’incertain, de notre très chère Haïti et des générations futures.

Nous avons raté le train de l’histoire. Toutefois, il faut continuer de se battre. Le destin d’Haïti est entre les mains de son peuple courageux, qui n’a pas encore dit son dernier mot. Par conséquent, J’appelle la population à faire preuve de courage, de se dresser pour prendre leur destin commun en main en vue de donner une nouvelle orientation à l’avenir du pays en faisant usage de leurs droits civiques garantis par la Constitution.

« Gloire au pays où l’on parle! Honte au pays où l’on se tait ! » disait Georges Clemenceau, Homme d’état français, ancien Premier ministre et résistant.

Indignez-vous ! Debout Peuple vaillant d’Haïti ! Pep Aysyen Leve Kanpe !

Judith EXAVIER
Citoyenne engagée

Port-au-Prince, le 28 mars 2021




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