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Pour des débats sur la polygamie en Haïti

Pour des débats sur la polygamie en Haïti



Démasquer les hommes et les femmes infidèles, ou, dans un autre sens fournir plus d’arguments et de tacts aux jouisseurs des pratiques de la polygamie, loin de moi une telle motivation à la fois suicidaire et intension complice, à affirmer dans la République des marrons. Cependant, il faudra un jour toucher du doigt la plaie. Il faudra tôt ou tard parler de ces sujets qui fâchent et laissent tellement de tâches dans l'âme, la mémoire, et des fois même des taches de sang sur les lits, dans les voitures, les chambres d'hôtel, etc. Pourquoi les universités (les facultés qui enseignent les sciences sociales) et les médias, dans leur responsabilité sociale, devraient-ils initier des débats sur la polygamie en Haïti ?

De nombreux couples se fondent et se renforcent tous les jours grâce aux pratiques des hommes et des femmes qui se livrent aveuglement ou intelligemment dans la polygamie, comme d’autres couples et foyers se déchirent et/ou se divisent avec l’arrivée ou la découverte d’une troisième…personne au moins.

Du lundi au dimanche, pratiquement dans l’espace de sept jours, il est possible d’aborder comme dans un forum, les différents aspects autour de la polygamie au cours de cette première semaine de sensibilisation. Les sentiments, le sexe, les émotions comme l’amour, la déception, la trahison, la rancune, les remords, la vengeance, la haine sont à prendre en compte, autant que la psychologie, l’économie, le droit, la communication, la sécurité, l’environnement, etc.

Difficile d’organiser une semaine de sensibilisation sur la polygamie ou l’infidélité, comme l’autre nom sous-jacent, sans prendre une journée pour aborder cette question autour de la société de l’information et de la mondialisation, en explorant les outils, les pratiques, les vices, les caprices, les colères qui suivent la découverte des messages, des images, des partages, des héritages d’une relation parallèle à travers le téléphone portable, les sites internet, les emails, et les réseaux sociaux en général.

Des conséquences néfastes et des victimes mortelles de la polygamie en Haïti, dans tous les domaines et secteurs d’activité, incluant les pratiques de la corruption, de l’insécurité, des crimes aux multiples qualificatifs, que dispose l’État haïtien comme inventaire, en guise des données actualisées pour mieux ajuster ses politiques publiques depuis le système éducatif, en passant par l’assistance et la promotion du bien-être des familles dans le pays ? Qui sont les véritables victimes de la polygamie dans le pays ? L’État central, les institutions, le système éducatif, l’économie nationale, la production locale, les performances scolaires et professionnelles ?

Diaspora haïtienne, quelle place occupe la polygamie dans les relations à distance ? Comment ces relations se développent et évoluent au fil des ans ? Dans le cadre de la première édition de la semaine de la polygamie, des conférences seront animées par des personnes qui évoluent dans la diaspora comme d’autres qui se livrent d’un amour transcaraïbéen ou transatlantique, dans les relations les plus romantiques, économiques ou chimériques, de manière consciente et inconsciente.

Dans les espaces médiatiques et universitaires en Haïti, il manque terriblement des débats sur des sujets pertinents qui sont parmi les plus déterminants dans la vie quotidienne des familles, des institutions, des communautés et de l’ordre social, total et global. La polygamie par exemple, dans les deux sexes. Pourquoi encourager des discussions, des échanges, des recherches, des rencontres et des formations pour les jeunes, les couples et les familles en Haïti ?

De qui sera lancée la première pierre ? Comment la maitrise de tels sujets, la démocratisation des connaissances, des compétences et des cultures associées à la pratique, la compréhension, la tolérance, ou même la réciprocité dans l’institutionnalisation et la clandestinité autour de la polygamie ?

De nombreux auteurs haïtiens et étrangers abordent le sujet sans tabou. “ Et si pour en finir, avec la fatalité statistique du divorce, femmes et hommes avaient le droit d’être polygames ? Par cette question l’écrivaine Catherine Ternaux a voulu justifier sa publication “La polygamie, pourquoi pas ? “.

De Alfred Yambangba Sawadogo, nous viennent les réflexions qui alimentent depuis 2006, l’ouvrage titré : “La polygamie en question”. Selon lui: “La polygamie, ordre social des temps anciens, survit encore aujourd’hui. Tradition africaine par excellence avant d’être consacrée par une de nos religions, elle apparaît comme une obligation sacrée….”

Dans le précédent paragraphe du résumé de l’ouvrage, l’auteur poursuit avec sa thèse : “Pratique sociale ou se disputent injustices et querelles au sein des familles, la polygamie met en danger l’épanouissement de la personne humaine de la femme, freine le développement de l’Afrique parce qu’elle engendre une démographie incontrôlable au poids négatif et qui mange les plus-values des économies chancelantes jusqu’à la racine….Les pays africains de la polygamie généralisée trainent leur pauvreté aux yeux du monde…’

Défis majeurs, “J’aimerais qu’on me présente une femme qui a choisi délibérément la polygamie sans y être contrainte, par une famille, les circonstances, la société, la tradition….Bien évidemment que les femmes subissent la polygamie, et que cette vie engendre pour elles de la douleur, de la tristesse, des drames. Bien sûr qu’elles s’en plaignent dès qu’elles le peuvent. Mais que dit-on aux femmes qui se plaignent ? Par ces propos Awa Ba interpelle les jugements et l’injustice sociale autour de ces pratiques dans : “Polygamie, la douleur des femmes”.

Dans le contexte d’émancipation actuelle un peu partout dans le monde, les hommes détiennent-ils le monopole de la polygamie dans toutes les États, les régions, les quartiers, les communautés, les institutions, les cités, villages, tribu ou lakou ? Quel est le poids des pratiques de la polygamie dans l’histoire politique haïtienne ? Comment les enjeux relatifs à la polygamie influent-ils les grandes décisions ?

D’autres ouvrages publiés dans les éditions francophones abordant le sujet invitent et inspirent, informent ou interpellent les esprits sur l’impact de cette manière de vivre et de voir la vie de couple. “Tourments de polygamie. Un enfant et sa mère”, de Jean-Claude Shanda Tonme; “Victime de la polygamie. Destin de famille, de Mohamed Lamine Minka Kourouma ; “ Mariage, polygamie et répudiation en Islam. Justifications des auteurs arabo-musulmans contemporains”; “Joyeuse vie, polygamie parisienne“ de Daniel Darc ; “La polygamie au Bénin. Une approche régionale des tendances et des déterminants”, de Pierre Klissou ; “De la polygamie et du concubinat à Athènes: études sur l’ancien droit attique”, de Ludovic Beauchet ; “Polygamie : jurisprudence et réalités sociales en Turquie et en Algérie”, de Emine Asan.

De quel auteur haïtien viendra le “best-seller”, qui va jeter les bases pour une éducation des jeunes, des couples et des familles sur la polygamie dans tous ses angles ? Comment lancer la première semaine de sensibilisation et d’éducation sur la polygamie en Haïti, sans piétiner les droits des victimes ni faire la morale aux bourreaux, et à tous ceux et celles qui veulent partager des opinions contraires, contradictoires, conspirantes, conclusives ?

Découvrir les secrets et la sagesse autour de la polygamie en Haïti, s’informer sur les critères, les conditions, les corrélations et les conversations à la fois religieuses et rationnelles, responsables, récidivistes sur la polygamie imposent l’organisation de la semaine de sensibilisation sur la polygamie, une manière intelligente de réduire les violences conjugales jusqu’aux crimes passionnels, d’harmoniser la vie des couples et d’encourager les valeurs réciproques et la culture du vivre ensemble ! Quel est l'état des lieux sur les pratiques de la polygamie en Haïti face aux enjeux des ressources, ses impacts sur le capital humain et le développement durable ?

Dominique Domerçant




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