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« Kore Manman Pou Klere Timoun » une lueur d'espoir pour plus de 500 mères haïtiennes

« Kore Manman Pou Klere Timoun » une lueur d'espoir pour plus de 500 mères haïtiennes



Dans le nord du pays, plus précisément à Limonade, se trouve ‘‘Sonje Ayiti’’, une ONG œuvrant dans le développement social, l’appui économique et l’accompagnement sanitaire depuis plus de quatorze (14) années. C’est une institution qui a le sens des réalités et le goût de l’action. Ainsi, elle se donne pour tâche de rappeler aux Haïtiens et Haïtiennes que nous pouvons penser et bâtir une meilleure société.

C’est dans cette lancée qu’en avril 2021, Sonje Ayiti, en partenariat avec Entre Les Pages(ELP) et le Centre d’Entrepreneurship et de leadership d’Haïti (CEDEL-Haïti) qui sont deux autres institutions évoluant en Haïti, a initié le projet dénommé « Kore manman pou klere timoun ». C’est un programme qui vise à accompagner 500 mères en difficultés, âgées de 18-35 ans, les former en transformation de produits (chimie industrielle) et en entrepreneuriat. Avec pour objectif principal, développer l’esprit entrepreneurial chez ces femmes, leur montrer comment administrer et gérer leurs ressources financières et monter leur propre entreprise. En ce sens, elles ne dépendront pas d’un emploi souvent mal rémunéré et insuffisant pour répondre aux besoins de leur famille. Le plus grand pilier sur lequel repose ce programme est la création d’associations villageoises d’épargne et de crédit(AVEC) par et pour ces jeunes mères qui les aideront à matérialiser leur projet d’entreprise et à les soutenir en cas de faillite.

Dans le cadre du programme « Kore manman pou klere timoun » financé par USAID/MEDA, vingt (20) jeunes coachs et assistants ont été formé.es (Training of Trainers Method) pour accompagner des mères dans onze (11) communes réparties dans les départements Nord et Nord-Est : Terrier-Rouge, Trou-du-Nord, Grand-Bassin, Cap-Haïtien, Bahon, Grande Rivière du Nord, Milot, Limonade, Quartier Morin, Acul-du-Nord et Plaine du Nord. Ces jeunes ont été reçus au bureau de Sonje Ayiti, en face du Campus Henry Christophe de l’Université d’État d’Haïti à Limonade, route nationale #6, en vue de recevoir avant les destinataires réellement visées les mêmes formations pendant deux semaines, cinq (5) jours en transformation de produits avec RINSAH et cinq (5) autres en Entrepreneuriat avec CEDEL-HAITI. Ainsi, ils/elles pourront à leur tour les retransmettre sous la supervision de ces deux institutions.

Le lundi 17 mai dernier marquait la clôture des deux (2) semaines de formations pour ces jeunes et lors d’un entretien avec M. Rock André, P.D.G de CEDEl-Haïti, il nous a confié que ses attentes ne sont autres qu’une bonne retransmission des connaissances acquises par ces jeunes aux 500 mères qui se sentent souvent délaissées et qui regardent leur vie se défiler sans pouvoir réaliser quelque chose qui puisse améliorer leur vie et celle de leurs enfants. Mais déjà, il affirme avoir une quiétude d’esprit en voyant la détermination, la motivation et l’aptitude dont les jeunes formateurs ont fait montre. En parlant de jeunes motivés, Mme Gabrielle Aurel PDG de Sonje Ayiti avance avoir fait le même constat et pour elle, ce projet est une opportunité pour ces jeunes de prouver que la renaissance d’Haïti est possible.

Pour Djedly François Joseph, superviseur du programme et coordonnateur de Entre Les Pages, ce projet est une contribution de plus dans la quête de solutions aux différents problèmes qui gangrènent la société haïtienne et une opportunité pour les jeunes de faire un nouvel impact sur le plan social. De son coté, Sénat Rolandie, travailleuse sociale, raconte avoir vécu pleinement l’expérience et a appris tant de choses qui amélioreront son mode de fonctionnement et de consommation. Elle s’attend aussi à pouvoir faire un travail de qualité sur le terrain.

Peterly Pierre, licencié en Sciences juridiques et coach au sein du programme, nous fait lui aussi part de sa satisfaction vis-à-vis des contenus de la formation, mais ne se retient pas de nous dire ses projets, comme créer une entreprise de production de condiments afin de concurrencer les produits dominicains qui envahissent le marché haïtien. Par la suite, il mentionne avec enthousiasme et gratitude avoir décroché un contrat de création d’étiquettes sur produit grâce à sa participation dans le programme.

Pour Aldanov Remy, coach assistant, cette expérience ouvre aussi une porte sur de nouvelles idées, de nouveaux projets et une nouvelle conception sur l’entrepreneuriat. En outre, il souhaite attirer l’attention des organisateurs sur le fait qu’aujourd’hui il n’y a pas que les femmes rurales qui sont en nécessité d’être outillées pour devenir autonomes financièrement, bien qu’il reste conscient que l’éducation des enfants en Haïti est majoritairement assurée par les femmes et quand les mères sont en mesure de répondre aux besoins de leur famille, cela réduit du même coup la délinquance juvénile. Mais, il espère qu’il y aura une deuxième édition qui inclura beaucoup plus de personnes marginalisées dans la société. Il reste aussi convaincu que le projet aura une grande influence sur la participation des femmes dans l’entrepreneuriat et l’économie en Haïti.

Et ces discours ne sont rien, comparés à la vivacité dont les autres jeunes hommes et femmes ont montré lors de la journée de clôture, ils ont exposé plusieurs thématiques qu’ils auront à présenter sur le terrain, nous pouvons citer : l’analyse du marché, le développement de l’esprit entrepreneurial, le plan financier, les méthodes de vente et de marketing et la gestion de business. C’est l’occasion pour la jeunesse de participer dans le changement social, politique et économique dont tous les Haïtiens ne cessent de parler ou rêver.

C’est également, le moment pour chacun de mettre leurs compétences au service de la nation, car comme l’a si bien dit la PDG de Sonje Ayiti, Gabrielle AUREL, nous n’avons pas de pays d’échange, il y va de la responsabilité de chaque haïtien.ne vivant dans le pays ou ailleurs, d’apporter leur pierre participative. Aussi, elle profite pour annoncer que le programme prendra fin en août 2022.

À constater la détermination tant du côté des institutions organisatrices et partenaires, déjà on peut prédire qu’il ne s’agit pas d’une caravane qui s’arrêtera à mi-chemin sans accomplir sa mission de former et d’autonomiser financièrement les cinq cents (500) mères sélectionnées, pour un ‘‘LAVI MIYÒ’’ et une meilleure société.

Sandeline CESAR




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