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Haïti et l’Afrique : même contraste, même combat !

Haïti et l’Afrique : même contraste, même combat !



Dans la nuit du jeudi 25 au vendredi 26 février 2014, plus de 300 adolescentes nigérianes avaient été enlevées dans un pensionnat au Nigeria, par le groupe armé BokoHaram. À part des filles des classes de secondaires au lycée Marie Jeanne à Port-au-Prince, qui avaient participé à l’organisation d’une exposition en hommage à ces filles, on cherche encore une note de solidarité ou de sympathie de la part des institutions haïtiennes envers ces centaines de victimes.

Dans la nuit d’un dimanche au lundi, près de Lampedusa, en Italie. Au moins treize femmes sont mortes et une dizaine de personnes disparues. Elles étaient environ une cinquantaine de migrants d’Afrique de l’Ouest et de Tunisie à bord d’un canot qui a chaviré. Nombreuses sont les institutions et les autorités de certains pays à prendre position autour de ce drame, survenu en octobre 2019, parmi les vagues migratoires en cascade qui faisaient la une dans les nouvelles.

Dommage que la République d'Haïti, qui fut mère de la liberté dans le monde, continue de rater depuis quelque temps les occasions d’inscrire sa voix, même de façon symbolique dans le combat des opprimés.

Dans le dernier chapitre des relations entre les États-Unis et Haïti, en ce mois de septembre 2021, nombreuses sont les personnalités publiques, et une grande majorité des naïfs sur les réseaux sociaux, qui rêvent de voir des relations moins contrastantes entre deux États diamétralement opposés dans la genèse de leur histoire et durant toute l'évolution de leurs sociétés respectives.

Dans le cas d'Haïti comme dans la situation de la plupart des pays d’Afrique, les souffrances, les humiliations et autant les lueurs d’espoir pour atteindre le bout du tunnel sont pratiquement les mêmes.

Dans le sort des dizaines, des centaines et des milliers d'Haïtiens qui se trouvaient à la frontière entre les États-Unis et le Mexique, sous le pont qui mène vers l’État du Texas, il n’y a rien de nouveau sous le soleil des migrants d’origine africaine. Ces derniers sont peut-être même beaucoup plus chanceux que les migrants qui sont surpris dans des embarcations de fortune, durant la nuit, au milieu des océans.

Depuis la publication du Code Noir à Leogane, le 29 septembre 1688, qui institutionnalisait dans ses provisions la déshumanisation des noirs venus d’Afrique, contraints à l’esclavage dans les colonies de Saint-Domingue, il y a 333 ans déjà, en passant par la reconnaissance tardive de l’Independence d’Haïti par les États-Unis, le 5 juin 1862, plus d’un demi-siècle après, soit 58 ans, ces faits devraient servir de leçons aux Haïtiens, qui attendent parfois trop des États-Unis.

Dans l'impossibilité pour Haïti de faire partie de la liste des cinq, des dix ou même des vingt-cinq pays les plus importants pour les États-Unis, par rapport à ce que Washington offre comme attention, comme considération, comme contribution ou comme reconnaissance, les prochaines générations des Haïtiens qui devront assurer la relève n’auront d’autres choix, que de se sympathiser et de se solidariser en temps réel, afin de mieux définir à l’avenir un nouvel agenda pour la renaissance des peuples martyrs.

Ce n’est pas desÉtats-Unis, encore moins de la Chine ou de la Russie, que viendra le salut des peuples noirs. Par l'éducation et l’empathie, des pays comme Haïti et la majorité des États qui se trouvent sur le continent africain pourraient avoir mieux à montrer au monde que leurs sociétés en construction, leurs populations dans une perpétuelle migration et la diplomatie de l'humiliation.

Dans le dernier ouvrage du Dr. Jean Fils-Aimé, « Être noir(e) », des matériaux pour l’intelligence pratique et collective sont proposés dans les différents chapitres de ce document critique, qui rappelle: « En Occident, “être noir”, c’est une place qu’on vous assigne, celle du plus bas échelon social. “Être noir“, c’est être porteur d’un crime qui ne dit pas son nom, au point de courir le risque constant de se faire interpeller par la police jusqu’à cinq fois plus que d’autres communautés. »

Deux faces pratiquement d’une même médaille, Haïti et l’Afrique, même contraste, même combat, jusqu’à quand ? À quel prix ?

Dominique Domerçant




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