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La leçon de Foote

La leçon de Foote



Avec force, les bruits couraient dans tous les sens à Port-au-Prince tant qu’il était difficile de cerner la position de Daniel Foote, honorable envoyé spécial des États-Unis d’Amérique, au milieu des acteurs politiques haïtiens sur un terrain miné par la crise. Le diplomate, peu porté vers les réseaux sociaux, a surement beaucoup voyagé en Haïti, ces derniers temps, rencontré les protagonistes d’une crise de plus en plus inquiétante et fait des recommandations qui, visiblement, n’ont jamais été considérées.

Même dans le désordre, par manque de formules justes et de bonnes stratégies, les Haïtiens, y compris les plus modestes et les simples d’esprit, ont toujours rêvé de ruptures fortes et significatives avec cette puissante frange de l’international qui défend, en Haïti, des intérêts loin d’être compatibles avec les nôtres.

En témoignant avec autant d’acuité dans sa lettre de démission, Daniel Foote vient d’écrire l’une des pages les plus virulentes de la contre-histoire des rapports entre Haïti et les États-Unis d’Amérique. « L’orgueil qui nous fait croire que nous devrions choisir le gagnant – encore une fois – est impressionnant. Ce cycle d’interventions politiques internationales en Haïti a constamment produit des résultats catastrophiques. Des impacts plus négatifs sur Haïti auront des conséquences désastreuses non seulement en Haïti, mais aux États-Unis et chez nos voisins de l’hémisphère. » Un coup de pied de Foote dans la fourmilière pour exprimer ce que nous savons tous : l’étranger impose insidieusement ses quatre volontés jusque dans les résultats des élections en Haïti.

Mieux et plus spectaculaire que l’effet des habituelles vérités qui sortent de la bouche des diplomates en partance, M. Foote ne s’est pas contenté de dénoncer les incursions mafieuses et dommageables dans le pouvoir en Haïti, comme l’a fait l’ambassadeur de France, M. Gomez. Peut-être que l’envoyé spécial avait accepté sa mission en traduisant l’obligation de défendre les intérêts américains par celle d’encourager la transformation radicale de la société haïtienne avec des solutions à la crise typiquement endogène ?

Dans la note des autorités américaines en date du 22 juillet 2021, il est confirmé que Daniel Foote : « agira en qualité d’envoyé spécial pour Haïti. L’envoyé spécial dialoguera avec des partenaires haïtiens et internationaux pour faciliter la paix et la stabilité à long terme et pour soutenir les initiatives visant à organiser des élections présidentielles et législatives libres et justes ». Après deux mois de mission de l’envoyé spécial des Américains, s’il faut être réaliste, le pays ne se porte pas mieux. La limite du ridicule est atteinte dans la lutte pour le pouvoir. L’insécurité ne s’est pas estompée et l’avenir ne garantit rien de beau.

Daniel Foote, reconnu et présenté comme diplomate de carrière avec d’excellents états de services, a décidé de gagner ses galons de grand humanisme sur le terrain haïtien. C’est tout à son honneur. Pourtant, il est toujours permis de se demander s’il est tout simplement devenu fou ou bien a-t-il pris soudainement conscience que son pays et l’administration qu’il a si bien servis peuvent faire preuve d’autant de cruauté envers de pauvres migrants qu’ils ont, par leurs interventions incohérentes et arrogantes en Haïti, encouragés à tourner le dos à leur pays.

« Je ne serai pas associé à la décision inhumaine et contre-productive des États-Unis d’expulser des milliers de réfugiés haïtiens et d’immigrants illégaux vers Haïti, un pays où les responsables américains sont confinés dans des complexes sécurisés en raison du danger que représentent les gangs armés pour le contrôle de la vie quotidienne », a écrit M. Foote qui n’a pas pu, durant sa courte mission, se resservir des délices d’Haïti à travers ses amours, ses restaurants et ses plages.

Ceci étant dit, Daniel Foote n’est pas mon héros. Tout comme Barack Obama, si beau, brillant, humaniste et noir qu’on nous le présente.

Jean-Euphèle Milcé




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