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Énorme malentendu

Énorme malentendu



Le fait politique, loin devant le football et la vie des autres, est le sujet qui s’impose dans toutes les discussions en Haïti, toutes catégories sociales confondues. De nos jours, il est plus aisé de déterminer le sexe des anges ou d’expliquer à un enfant le mode de reproduction des fourmis folles en Amazonie que de comprendre ce que souhaitent vraiment et sincèrement les acteurs politiques haïtiens.

Le pays assiste à une véritable bataille de chiffonniers pour le pouvoir. Le peuple retranché dans son désespoir voit plutôt en chaque figthter un acteur du cauchemar haïtien. On était en droit d’espérer que le pays avait assez appris des transitions de 1986 et de 2004 qui avaient pour ambition de terrasser le terrain, de l’enrichir afin de faire pousser et croitre la démocratie. Que nenni ! Nous avons tous pourtant, chacun à son niveau, ardemment défendu cette démocratie à même de construire et de renforcer nos institutions et aussi de faire la promotion et de garantir les droits de tous les Haïtiens.

Peine perdue. Actuellement, le pays gémit sous le poids d’une double souffrance : d’une part, la survie dans un environnement de pauvreté révoltante et, d’autre part, une guerre criminelle pour contrôler toutes les avenues du pouvoir y compris celles de la rue. Et, les bergers autoproclamés, les gardiens illégitimes du temple, sous prétexte de faire de la politique, choisissent de se perdre dans la dénégation de la tragédie qu’ils ont eux-mêmes créée.

Et le moins que l’on puisse dire est que les capitaines des corporations d’entreprises du privé, qui se targuent d’avoir toujours été une locomotive pour l’économie haïtienne, ne réagissent pas. La lettre de l’Association des professionnels du pétrole, la semaine dernière, adressée au ministre de la Justice et de la Sécurité publique, pour se plaindre de l’action des bandits surpuissants et exiger la libre circulation des personnes et des biens, ne suffit pas. Cette lettre n’a ni le pouvoir de convaincre ni celui de contraindre.

Aujourd’hui, on reproche aux classes politiques et économiques du pays d’avoir délibérément contribué à casser le rêve haïtien de construire une société avec des citoyens ayant acquis le droit de regarder les autres peuples dans les yeux. Comment peut-on se permettre de donner au monde entier cette image détestable d’un peuple misérable qui assiste à un combat sans règles d’individus qui veulent encaisser les dividendes de l’assassinat de Jovenel Moïse ? Au-delà du cynisme, il y a aussi de la maladresse, de la grossièreté et un relent de pratiques mafieuses.

Tentative ratée d’installation d’un Président, Premier ministre accusé de l’impensable, les acteurs politiques ont ce désir de nouvelles conquêtes qu’ils ont l’intention de transformer, par la suite, en actions licites et légitimes.

La formule actuelle de gestion du pouvoir, qu’on suspecte être un produit innovant du cerveau du proconsul blanc, étale toutes ses limites. Il est de toute évidence compliqué de faire fonctionner l’État sans son chef, à savoir le président de la République. Impossible, on dirait ! Le Parlement est dysfonctionnel et le Premier ministre, seul supposé maitre à bord, ne donne pas l’impression de bénéficier de l’adhésion de son équipe gouvernementale et laisse la population totalement indifférente. L’accord politique, sur lequel il vient de se hisser, n’à pas toutes les caractéristiques d’une assurance tout risque.

Que celui qui comprend l’imbroglio actuel lève la main ?

Peut-être, et on l’espère, que la présentation par Le Figaro, reprise ci-dessus, du film de Michel Audiard « Faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages » peut servir de consolation à un pays en plein effondrement.

« Fred, un petit malfrat, empoche un milliard en lingots d'or, produit d'un hold-up perpétré par un autre gangster. Mais il est à son tour délesté du magot par Charles et sa bande, manœuvré par la belle Rita, pour qui l'argent est une véritable passion. Mais, lorsque Charles l'oublie lors du partage, la diablesse fait appel à sa chère tante Léontine. L'énergique septuagénaire, qui était en vacances sur la Côte d'Azur, rapplique à Paris pour rappeler tout ce petit monde à l'ordre. Charles demande alors à Tiburce, son neveu, de le débarrasser au plus vite de l'encombrante tante, mais celui-ci tombe amoureux de Rita et se range de son côté »

De nos jours, en Haïti, le malentendu est énorme.

Jean-Euphèle Milcé




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