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Après la crise ?

Après la crise ?



Si les leçons apprises de l’histoire ne sont pas prises en compte dans notre besoin de juguler la crise actuelle, il n’en reste pas moins que tous les groupes organisés du secteur politique et de l’opposition expriment, d’une manière ou d’un autre, la nécessité de réhabiliter la vie politique, sociale et économique dans le pays. Cette semaine, le pays a atteint le pic des propositions.

L’histoire nous apprend que le début de l’année 1986, avec le renversement du régime imposé, assuré, entretenu et abusé par les Duvalier, fut un point de départ pour envisager le devenir d’Haïti. À l’époque, tout le monde croyait que le choix de la démocratie, comme système validé par la population, pouvait nous garantir des institutions républicaines solides et la jouissance sans réserve de tous nos droits fondamentaux. Et plus encore !

Entre projections dans la modernité, le vacarme des acteurs politiques et les gémissements du petit peuple, le pays n’a jamais atteint le niveau souhaité de stabilité, de croissance et de souveraineté. Après des décades de caprices de chefs et d’agitation du peuple enfin « libérée », nous sommes, en 2021, sans solution coulant de source pour remplacer un président assassiné au pouvoir. Ainsi le pays est catapulté dans un monde où tout peut arriver sauf ce qui est prévu par loi.

Le pays mutilé se heurte à nos mauvais choix et à la paresse de ceux qui avaient promis de guider et d’accompagner le peuple. Et rien de surprenant, Haïti s’enfonce encore plus dans la crise, donnant encore plus l’impression d’être une société qui a épuisé toutes ses contradictions sans parvenir à un embryon d’entente, du moins, entre les acteurs principaux. Ainsi, nous sommes arrivés à construire un pays hors-norme. Trop souvent, nous tournons nos deux mains jointes et nos regards vers un puissant ami capable de bricoler, en fonction de son humeur, des solutions que nous adoptons dans l’indignation.

Les jours à venir s’annoncent difficiles. L’opposition, qui refusait toute concession à Jovenel Moise, ne ferme pas totalement la porte au dialogue devant mener à un consensus. Mais, elle pose ses conditions avant de se mettre autour d’une table. Le temps, on l’aura compris, n’est plus aux réactions hystériques, mais aux propositions pensées des parties prenantes de la crise. Sans aucun doute, les discussions à venir vont repousser la date des élections en bouleversant les plans et les certitudes du Conseil électoral contesté. Si les acteurs arrivent à concéder le partage de leur position privilégiée, il est permis d’espérer un dégel des rapports entre les protagonistes.

Aux grands maux, les grands remèdes. À cette situation explosive, il faut le compromis qui devrait permettre à un pays enlisé dans la grande misère et l’insécurité d’envisager l’apaisement et une nouvelle page de son histoire. Sans les tuteurs étrangers, si possible !

Jean-Euphèle Milcé




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