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Nourrir les Haïtiens

Nourrir les Haïtiens



La dégradation progressive de la sécurité dans le pays, particulièrement dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, absorbe tellement d’énergies que la population, les agents politiques et la presse oublient presque que la pauvreté en Haïti a atteint un niveau angoissant. Ainsi, toutes les revendications, tous les efforts et toutes les promesses convergent vers un seul but : la préservation d’un climat de sécurité en Haïti. Par là, il faut comprendre qu’il s’agit de lutter contre le phénomène du kidnapping et les homicides. Il est évident que ce funeste destin réduit le futur d’Haïti à la quête d’une immédiateté consolante. Pas plus.

« La population a besoin de vaquer à ses occupations en toute quiétude » est la formule la plus utilisée ces derniers temps. Elle sert de dénominateur commun entre les gouvernants et les gouvernés, entre les pouvoirs et l’opposition. Du moins, et c’est presque rassurant, les Haïtiens arrivent à s’entendre sur un sujet. Mais, de quelles occupations s’agit-il ?

Nous oublions presque de parler de pauvreté voire de travailler sur des politiques capables de la faire reculer dans le pays. Pendant que les routes sont régulièrement coupées entravant la circulation des personnes et des marchandises, que les gens se barricadent chez eux par peur d’être enlevés contre rançon, les Nations unies ont couché dans un récent rapport que plus d’une personne sur trois a besoin d’une aide alimentaire urgente en Haïti. Ce qui équivaut à dire que, cachée ou pas, la population, pour un tiers, meurt de faim. Et le reste, dans sa grande majorité, est au régime indigent des produits de mauvaise qualité qui lui sont fourgués par les princes de la négoce qui maitrisent à la perfection l’art des gros profits.

On comprend pourquoi le lancement à Port-au-Prince des concertations sur les systèmes alimentaires en Haïti, ce 4 mai par la Coordination nationale de la sécurité alimentaire (CNSA), n’a pas mobilisé grand monde et n’a pas, non plus, suscité un grand intérêt médiatique. Pourtant, Haïti, en se faisant représenter valablement au Sommet 2021 sur les systèmes alimentaires de l’ONU, pourra se frotter à des modèles efficaces de gestion de crise alimentaire.

Même quand on doute des résultats probants de ces grandes messes multinationales sur le devenir des peuples aussi pauvres que nous, mais ce sommet, espérons-le, permettra aux Haïtiens d’oser d’autres approches pour résorber cette grande famine qui s’est installée dans le pays avec les conséquences qu’on connaît. Le Sommet 2021 sur les systèmes alimentaires de l’ONU est : « destiné à éveiller le public mondial au fait que nous devons tous ensemble travailler à modifier la façon dont nous produisons, consommons et voyons les aliments, ce Sommet s’adresse à tous les habitants de la planète. Il entend être un sommet du peuple et également un sommet porteur de solutions, qui exigera que chacun(e) prenne des mesures pour transformer les systèmes alimentaires mondiaux ».

Il est admis que la faim influe profondément le comportement des individus. Au-delà de la perte totale de dignité qu’elle génère, elle sert de prétexte et d’assise aux actes criminels et hautement répréhensibles qui étranglent la société haïtienne de nos jours. La faim annihile la liberté de conscience. La faim empêche aux citoyens de voter librement selon des choix réfléchis. La faim fabrique des militants et monte des barricades. La faim affecte les bons rapports entre membres de la communauté puisqu’elle expose sauvagement les inégalités sociales.

Jean-Euphèle Milcé




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