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1er mai : la quête de sens !

1er mai : la quête de sens !



Que signifie pour les Haïtiens la Fête du travail et de l’agriculture? Pas grand-chose dans une société de plein chômage et de dépendance agricole. Dans un pays où travailler est un luxe, le tissu industriel est réduit à un mince filet de coton. Pas beaucoup d’investissements privés, et ceux qui s’y risquent encore sont des rares capitaines d’industrie, certes pas forcément sans reproches, mais qui sont attachés à cette terre et qui veulent y demeurer. Ceux-là méritent une certaine reconnaissance, pas toujours assurée, dans un pays où on n’aime pas les riches. La faute est à la précarité environnante et au tarissement de la richesse, fruit de longues années de politiques néfastes et de coupables négligences.

LeNational salue nos travailleurs agricoles qui tiennent encore debout une agriculture rabougrie par manque des ressources techniques et financières. Ces milliers de paysans qui travaillent sur des terres qui ne leur appartiennent plus et qui paient des taxes léonines à des propriétaires absentéistes.

Que dire des ouvriers de nos trop rares usines dont le salaire est déjà engagé avant la fin du mois et qui mène un combat asymétrique contre la vie chère ? Cette dernière est vigoureusement alimentée par de trop faibles interventions étatiques et par une méfiance du secteur de la finance et des assurances vis-à-vis d’un des fondamentaux de l’économie réelle.

En dépit d’une histoire traumatique, notre pays a connu dans les années 50, ce que le professeur Lesly Manigat a appelé le « bonheur vivrier ». En ce temps-là, la pauvreté était bien présente, mais elle n’avait pas atteint ce degré d’indignité. Il y avait encore quelques traces persistantes d’une campagne encore heureuse et bucolique. La centralisation à marche forcée, débutée lors des années d’occupation du premier quart du XXe siècle, n’avait pas encore achevé son œuvre d’éteignoir de nos villes et bourgs de province. Harcelée par ses adversaires, la « Maison Duvalier » fit des coupes claires dans nos forêts, pour qu’elles ne servent pas d’abris à des guérilleros. La guerre contre les « kamokens » fut aussi une bataille contre la nature coupable de « résistance chlorophyllienne », selon le mot de Régis Debray.

Depuis, c’est le sauve-qui-peut de nos paysans vers des espaces réputés plus cléments. Les bonnes terres les ont suivis s’écoulant lentement, mais sûrement dans la mer, dans une hémorragie fatale. Elles envahissent les récifs coralliens et capturent l’oxygène de ces habitats délicats qui abritent près d’un quart de la vie du « grand bleue ».

Puis vint la caravane, de l’actuelle équipe au pouvoir qui mordit la poussière et s’est figée quelque part entre mornes et vallons. Pour ce premier mai, le pouvoir a inauguré le barrage de Marion qui pourra conserver des millions de mètres cubes d’eau et irriguer d’immenses plaines.

Une bonne nouvelle pour les habitants de cette région, trop souvent victimes d’inondations. Toutefois, cette œuvre vantée pour son gigantisme demeure une goutte d’eau dans la profonde sécheresse politique, économique et sécuritaire qui interpelle l’ensemble de la classe politique et la société civile.

Roody Edmé




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