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Le bas-fond!

Le bas-fond!



L'insécurité tuatoire, l'inflation galopante, la dépréciation accélérée de la monnaie nationale, l'insécurité alimentaire, la grande crise politique, le blocage du système judiciaire, un système sanitaire moribond !

Le pays est malade dans tous ses compartiments. Nous avons soigneusement préparé cette descente aux enfers à travers des choix qui privilégient les intérêts de clans et de castes. Aucune leçon ne semble, malheureusement, avoir été apprise. On persiste dans l'incrédulité en fonçant le pays vers le précipice en dépit des appels incessants de quelques esprits encore lucides dans le pays.

Au cours de ces dernières années, nous avons expérimenté, dans la pratique, des actions dignes de scènes hollywoodiennes. Mais, en Haïti, la réalité dépasse souvent la fiction. Et l'État est incapable d'assumer ses missions régaliennes. « Le pays n'est ni dirigé ni administré », comme l'a si bien dit le feu professeur Monferrier Dorval, quelques heures avant sa mort. Ce n'est pas le Premier ministre Joseph Jouthe qui dirait le contraire, lors qu'il a, lui-même, fait publiquement ses aveux d'impuissance.

Alors que la population peine à retenir son souffle avec cette insécurité multiforme et multisectorielle, à défaut de trouver la bonne formule pour redresser la barque, le Premier ministre s'en plaint comme le commun des mortels. En conférence de presse, au terme d'une réunion du CSPN le lundi 12 avril, après un weekend noir de kidnapping, Joseph Jouthe dit n'être pas satisfait des résultats de son équipe au même titre que la population. Mais, il reste ferme au poste jouissant les privilèges dus à son rang.

Le président de la République, pour sa part, appelle la population à la résistance face à l'insécurité sans préciser comment résister lorsqu'on peut être attaqué dans son domicile, comment résister lorsque même les voitures blindées ne peuvent plus servir de paravent pour circuler dans les rues. Comment résister lors que l'État s'inscrit aux abonnés absents dans tous les domaines. Comment résister lors que l'agenda des autorités diffère de celui de la population qui ne réclame que le « primum vivere ».

Les derniers événements survenus à village de Dieu le 12 mars dernier et cette remontée spectaculaire du kidnapping en pleine période d'état d'urgence sécuritaire en disent long de ce qui reste de l'État. Le constat d'échec est patent à tous les échelons de la société. Les élites politique, économique, religieuse, intellectuelle paraissent impuissantes. Les propositions et/ou projets salvateurs des belles âmes et esprits éclairés du pays tardent encore à se poindre à l'horizon.

À cette phase, il faut admettre que la situation dépasse largement la compétence d'un pouvoir. Nous avons touché le bas-fond. La société n'a plus de repères. La grande question reste à savoir comment remonter la pente. En quoi les projets nourris par les forces en présence peuvent-ils aider à sortir le pays du bourbier ? En quoi le changement de la Constitution peut-il contribuer à sortir de cet abime ? En quoi l'installation d'une transition peut-elle être utile à la résolution de la crise ?

Le pouvoir en place, en dépit de la dégradation du climat sécuritaire et l'inconfort des acteurs dans la gouvernance jugée antidémocratique, reste attaché à son agenda de départ lequel concerne le changement de la Constitution et la tenue des élections. L'opposition a encore opposé une fin de non-recevoir à la dernière tentative de dialogue lancée à l'initiative de Religions pour la paix. Le jeu demeure corsé. Et l'on semble cloitré dans le bas-fond pour encore longtemps.

Noclès Débréus




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