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Fatale issue ?

Fatale issue ?



La ville s’est réveillée ce matin dans une certaine morosité, déjà accablée par les actes de kidnapping. Les nouvelles qui arrivent jusqu’à nous ne sont pas bonnes. La météo politique se gonfle de gros nuages noirs. L’atmosphère est à couper au couteau. On savait que rien ne serait facile, en ce weekend du 7 février, mais les événements ont pris une tournure dramatique qui laisse perplexes et inquiets la plupart des observateurs.

Le président en prenant l’avion pour Jacmel le 7 février, a évoqué une tentative de coup d’État contre sa personne, sans entrer dans les détails de l’opération en question. Ce genre de déclaration n’a fait qu’augmenter les angoisses au sein des familles. Que s’est-il vraiment passé ces derniers jours dans un pays déjà tourmenté par tant de nouvelles peu rassurantes ? Le saura-t-on jamais ?
Sur les réseaux sociaux, on a vu des personnalités connues, détenues aux ordres de la police, dans une affaire encore fumeuse dont on a encore du mal à démêler l’écheveau. L’opinion publique inquiète s’interroge sur le sort de ces nouveaux captifs. Nous espérons que ceux qui sont en charge de l’enquête feront toute la lumière sur ces accusations, et qu’aussi, les droits de chacune des personnes arrêtées seront également garantis.

Le pays vient de s’engager sur une pente particulièrement abrupte qui réclame de tout un chacun de la vigilance et aussi de la sagesse. Il est nécessaire pour le bien commun, que d’un côté comme de l’autre, on ne cède ni à l’emballement, ni aux émotions négatives.

Le pays est déjà en lambeaux, les questions politiques qui nous préoccupent peuvent encore se résoudre de manière démocratique. Le cycle infernal de la violence et/ou des représailles est la porte largement ouverte pour que reviennent les tentations totalitaires.

Le pouvoir ne peut tirer aucun bénéfice à être puissant et solitaire, tel un bolide lancé sur une route entouré de précipices et sans parapet. L’opposition cloîtrée dans son bon droit ne peut se contenter de consumer avec rage ses échecs répétés en allant droit dans le mur. Comme le disait Joe Biden depuis la tribune du Capitole le 20 janvier dernier, «la politique n’a pas besoin d’être un feu qui fait rage et qui consume tout ».

Il faut sortir des approches manichéennes pour trouver un terrain commun où nous pouvons nous rencontrer en tant qu’Haïtiens. Toute victoire politique dans l’anarchie et dans le déchirement est une victoire à la Pyrrhus.

Cette semaine s’étend sur le pays un voile noir, puisque nous sommes encore plus divisés et surtout mortifiés, au bord d’on ne sait quel gouffre dont la profondeur est on ne peut plus abyssale. Cette fascination pour le vide finira par nous absorber tous.

Il ne reste pas beaucoup d’options, si nous voulons sortir de ce bourbier infernal fait de marasme économique, d’insécurité et de tentatives désespérées de sortie de crise, que le dialogue franc, sans compromis mous entre vrais filles et fils d’une même patrie.

L’heure est grave, les oppositions se radicalisent et les tentations de passages en force d’un côté comme de l’autre du spectre politique sont le signe d’un profond malaise qui ronge une société qui se débat dans l’indigence ou le sauvetage individuel.

Un mal-être qui ne pourra se dissiper que dans le cadre d’un vrai accord politique pour conduire ce pays hors des chemins malaisés de l’anarchie, et/ou de la violence d’État.

Roody Edmé




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