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« La crise du dollar est la résultante d’un manque de discipline dans les dépenses publiques », dixit l’économiste Joseph Harold Pierre

« La crise du dollar est la résultante d’un manque de discipline dans les dépenses publiques », dixit l’économiste Joseph Harold Pierre



À l’appel de l’Association des Industries d’Haïti (ADIH), l’économiste Joseph Harold Pierre a animé le vendredi 18 juin 2021, une conférence virtuelle sur l’efficience et l’efficacité des mesures de la Banque de la République d’Haïti (BRH) contre la rareté du dollar. Celle-ci a été organisée pour aider le grand public à mieux comprendre les questions économiques du pays, tout en regardant que si les interventions de la BRH peuvent à la fois rendre le dollar disponible pour les agents économiques, réduire le marché des changes informel et stabiliser le taux de change.

Durant son exposé, l’expert en macroéconomie et politique monétaire a analysé les différentes mesures prises par les autorités gouvernementales visant à résoudre le problème de la rareté du dollar sur le marché local. D’entrée de jeu, il a fait savoir que la crise du dollar que confronte le pays a débuté en 2014 et s’est intensifiée à partir de 2019. Pendant deux ans, soit du 29 mai 2019 au 11 mai 2021, onze (11) mesures ont été adoptées par les autorités : deux (2) en 2019, quatre (4) en 2020 et cinq (5) en 2021. Une mesure qui a clairement montré l’acuité de la crise est la circulaire 114-2 du 18
septembre 2020 qui fait obligation aux maisons de transfert de payer en gourdes à moins que l’argent ait été déposé sur un compte en dollar.

Selon Joseph Harold Pierre, les mesures adoptées par la BRH ne pourront pas résoudre la crise, car celle-ci, argumente-t-il, n’est pas d’ordre monétaire. Voilà pourquoi les injections massives et courantes depuis 2017 de la BRH n’ont pas donné les résultats escomptés en terme de stabilisation du taux de change et encore moins de disponibilité du dollar, car dit-il, contrairement à ce qu’on pourrait espérer, ces injections n’ont pas eu d’impact sur les taux d’intérêt des banques commerciales, mais ont influencé les attentes des agents économiques.

D’après les dires de l’économiste, 70% de l’économie haïtienne est dollarisée. C’est à dire, les interventions sur le marché des changes indiquent qu’il faut épargner en dollar. Compte tenu de la relance de l’économie mondiale, de l’augmentation des prix des matières premières et de la crise politique locale, Joseph Harold Pierre prévoit que le taux de change terminera cette année, dans les meilleurs des cas, aux environs de 125 gourdes pour un dollar.

La crise du dollar est la résultante de l’environnement macroéconomique et d’un manque de discipline dans les dépenses publiques

Plus loin, l’expert en macroéconomie et politique monétaire a avancé pour expliquer que la crise du dollar dont connait le pays est la résultante de l’environnement macroéconomique et d’un manque de discipline dans les dépenses publiques. Par ailleurs, concernant les informations fournies autour de l’environnement macroéconomique, il a affirmé que la balance commerciale a accusé un déficit croissant avoisinant les 25% du PIB, soit plus de 3.5 milliards de dollars.

Tenant compte de ces données, l’économiste entend que ce problème d’ordre structurel ne peut pas être résolu à court terme. Il requiert des investissements massifs dans des produits que l’on peut exporter. Il a cité, à la lumière de certains pays de l’Amérique latine, des zones franches dont le fonctionnement nécessite très peu de compétences techniques et où le grand nombre de jeunes au chômage pourra travailler.

Le manque de discipline fiscale, pour sa part, s’explique par la dette très élevée
D’Haïti équivalant à environ 50% du PIB, alors que le niveau conseillé pour un pays à faible revenu comme Haïti est de 30%. Pour s’en sortir, les dépenses, selon lui, doivent se fonder sur les principes du budget crédible, c’est-à-dire qu’il soit élaboré en fonction des politiques publiques, que son exécution soit prévisible et contrôlé, que toutes les dépenses soient comptabilisées et rapportées, et qu’enfin tout le processus soit suivi d’un audit externe.

Avec analyse judicieuse de certains pays de l’Amérique latine, notamment le
Brésil, l’Équateur et le Mexique, le professeur a clairement montré que les mesures de la BRH ne pourront pas résoudre le problème de la rareté du dollar, d’autant plus qu’elles ne sont pas accompagnées d’aucune discipline fiscale, laquelle dépasse les compétences de la banque centrale, mais dépend de l’administration centrale.

« Si l’adoption de certaines mesures telles que le SWAP pouvait alléger la crise de la rareté du dollar, le problème ne peut pas être résolu par la BRH, car il n’est pas monétaire, mais plutôt fiscal et d’origine macroéconomique. Au moment présent, seules des dépenses publiques disciplinées peuvent un tant soit peu y remédier », a estimé l’économiste Joseph Harold Pierre.

Peterson Jean Gilles




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