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Le MUPANAH a 38 ans, un musée en manque d’espace pour ses fonctions !

Le MUPANAH a 38 ans, un musée en manque d’espace pour ses fonctions !



Dans la liste des institutions culturelles publiques haïtiennes qui mérite une attention particulière auprès de l'Exécutif et du ministère de l’Économie et des Finances, via le ministère de la Culture, le musée du Panthéon national haïtien (MUPANAH), se place en première position par rapport aux trésors nationaux qu’il renferme et conserve, en dehors de sa proximité géographique avec le palais présidentiel comme institution stratégique, et du privilège qu’il bénéficie avec la première dame de la République qui joue le rôle de présidente d’honneur du MUPANAH, depuis sa création le 7 avril 1983.

Déjà 38 ans, depuis l’inauguration du MUPANAH qui ne cesse de valoriser et d’immortaliser les principales pièces qui composent les collections de ce musée national qui occupe une place capitale dans l’histoire d’Haïti en général, et particulièrement dans l’histoire de nos ancêtres, dans l’histoire de la vie politique, avec la collection des portraits qui ornent la galerie des Chefs d’État haïtiens, dans l’histoire des grandes commémorations, en tant que site prestigieux et alternatif pour accueillir, souvent à la dernière minute, les cérémonies officielles quand les déplacements des responsables dans des zones à haut risque sont compromis.

Diplomatiquement, le MUPANAH s’impose également comme le deuxième haut lieu officiel visité par les diplomates en visite ou accrédité dans le pays de Toussaint Louverture, à leur sortie du Palais national, après la remise des lettres de créance.

Il est dirigé actuellement par un artiste peintre haïtien, Jean Claude Legagneur, qui tentera par tous les moyens d’imprimer ses empreintes dans l’histoire de cette prestigieuse institution culturelle.

« De tous les directeurs installés au Musée du Panthéon national haïtien, Haïti a la chance aujourd’hui de trouver un peintre de renommée internationale pour refaire sa beauté… », rappelait l’ancien directeur général du MUPANAH, actuel ministre de la Culture le 28 avril 2020, en installant le nouveau DG.

Des lois cadres actualisées pour le MUPANAH, des ressources dans tous les sens, en particulier un budget d’investissement pour lancer les grands chantiers en matière de conservation, de recherche, de publication de catalogue, d’animation, de création des infrastructures technologiques, pour rendre le MUPANAH accessible dans un format de musée virtuel, la création de boutique de souvenir proposant des produits dérivés, sont parmi les vieilles urgences et les priorités de cette institution culturelle, la plus visitée par les officiels du pays, mais oubliée dans la planification des investissements, en dehors de l’École nationale des Arts, ou le Théâtre national à délocaliser.

Dans l’ouvrage de Prosper Avril, qui s’impose comme l’un des rares historiens de ce musée en Haïti, beaucoup de pans coïncidant avec la genèse de l’institution, et son évolution ont été mis sous les projecteurs.

De Simone Ovide Duvalier, « Celle qui a eu la pensée de faire construire ce magnifique monument architectural qui abrite aujourd’hui le MUPANAH », selon l’ancien président de la République, et auteur du livre : « MUPANAH: un monde à découvrir ». Albert Mangonès et Gaston Hermantin, en dehors des autres acteurs silencieux qui se sont impliqués dans la fondation du plus beau musée en Haïti, figurent parmi ces personnalités citées, saluées et honorées par cet auteur multidimensionnel qui s’est inspiré de Ferdinand Foch, dans Maréchal de France, à travers la citation: « La grandeur d’un pays, c’est d’assumer toute son histoire. Avec ses pages glorieuses et aussi avec sa part d’ombre ».

Des objets majeurs, témoins des grandes périodes dans l’histoire d'Haïti sont à découvrir dans ce centre culturel national et public, parmi les rares et les plus prestigieux.

Du vase Taïno en terre cuite, trouvé à Gros Morne, en passant par l’ancre de la Santa Maria, l’un des trois navires qui accompagnait Christophe Colomb, vers le Nouveau Monde, en 1492, et sans oublier la chaîne de l’esclave, la cloche de la Liberté, le tambour Assôtor, l’Epée du général Jean-Jacques Dessalines, le pistolet du Roi Henry Christophe, l’Epée du général Alexandre Pétion, la couronne de l’Empereur Faustin (1er) Soulouque, ou encore le masque mortuaire du président François Duvalier, ce sont autant de pièces maîtresses parmi tant d’autres qui constituent cet héritage du peuple haïtien.

S’agissant des dirigeants actuels, que laisseront-ils en souvenir au peuple haïtien ? Dans quel espace au sein du MUPANAH l’on devra aménager pour exposer les souvenirs des chefs d’État haïtiens de 1986 à nos jours ? A quand la création d’une Direction générale des musées en Haïti pour réguler le secteur et favoriser le développement des institutions muséales en Haïti, tout en actualisant les principales missions du MUPANAH, du Bureau national d'ethnologie, entre autres ?

Dommage que la position du MUPANAH, dans l’environnement hautement politique de l’ère du Champ de Mars, ne peut plus servir dans la mise en œuvre des activités culturelles, de la promotion, de l’animation et des expositions qui pourraient attirer le plus grand nombre de publics sélectifs, des écoliers et étudiants, des officiels et diplomates, des professionnels et des touristes, des familles et des curieux ou passionnés de l’histoire d’Haïti.

Dominique Domerçant




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