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Journée internationale de la démocratie en Haïti ?

Journée internationale de la démocratie en Haïti ?



La Journée internationale de la démocratie le mercredi 15 septembre 2021 a surpris Haïti dans un contexte sociopolitique instable et une crise institutionnelle généralisée. Le coordonnateur de l’Observatoire haïtien des droits humains (OHDH), Jean Renel Sistannis, dans une analyse de la situation actuelle du pays, a fait savoir, lors d’une interview avec Le National, que certaines pratiques en Haïti relèvent encore de la dictature.

« Le pays n’est pas vraiment en démocratie », a déclaré Jean Renel Sistannis, coordonnateur de l’Observatoire haïtien des droits humains (OHDH). À chaque fois que le processus pour l’avancement de la démocratie doit démarrer, il y a une cassure causée par des événements politiques, se plaint-il.

En effet, la direction du pays patauge dans un cadre anticonstitutionnel exacerbé par l’assassinat du président Jovenel Moise. Un gouvernement monocéphale, avec comme Premier ministre Ariel Henry, est à la direction de l’exécutif. Pour le militant des droits de l’homme, le président du Sénat Joseph Lambert tente de prêter serment comme président de la République, alors que le Parlement fonctionne difficilement avec seulement 10 sénateurs. L’appareil judiciaire ne va pas mieux, non plus. Avec le refus d’installer le Conseil supérieur du Pouvoir judiciaire, la justice tourne au ralenti.

« Après l’assassinat d’un président, une tentative ratée de changer la Constitution, une tentative ratée de mettre sur pied un Conseil électoral, une collection de Premiers ministres illégaux, la démocratie va mal sur le papier et dans les faits », pense Frantz Duval qui, de son côté, intervenait à l’émission Agora sous le thème « Chita pale sou dwa moun ». Cette émission a été initiée une année auparavant. En 2020 toujours dans le cadre de l’émission Agora, Renan Hedouville, protecteur du citoyen, avait laissé entendre qu’il voulait voir une Haïti ou l’on respecte le droit à la vie. Ce 15 septembre 2021, il affirme que la situation s’est dégradée. « La démocratie est dans l’impasse (...), la population ne peut pas faire face à ses besoins de base : alimentation, santé, éducation (...). Tous les indicateurs sont au rouge ! Les droits de l’homme ne sont ni protégés, ni respectés. La question de la démocratie est menacée, la jouissance de la liberté politique est menacée ».

Jean Renal Sistannis pense que cette crise qui perdure dans le pays peut se résoudre dans un dialogue entre toutes les forces vives de la nation pour arriver une solution dans l’intérêt général. Pourtant, dit-il, chacun défend sa position parmi les différentes propositions de sortie de crise présentées par des structures politiques et de la société civile dont, et aussi par le Premier ministre Ariel Henry.

Le défenseur de droits humains dit croire que la démocratie ne peut pas non plus se développer dans un pays où il n’y a pas de formation de base, d’alphabétisation, où l’organisation des élections est irrégulière. Il critique aussi l’absence des femmes et des jeunes dans les sphères de décisions du pays. « La normalité dans notre pays c’est l’exclusion, l’intolérance en ce qui a trait au pluralisme idéologique, le non-accompagnement des jeunes», affirme-t-il.

Sur cette même lancée, le centre Muse a publié un communiqué de presse ce 15 septembre en vue de mettre les projecteurs sur un document de plaidoirie des jeunes pour la démocratie dans le cadre du programme « Dwa moun » de l’Union européenne sur les droits humains. Ce projet lancé à la mi-septembre 2020, achevé en juin 2021 et publié le 2 juillet, se base sur les réflexions et les attentes des jeunes interrogés par une vingtaine de bénévoles appartenant au centre. Ces jeunes ont entre autres plaidé pour un avenir meilleur, un accompagnement à travers des politiques publiques qui prennent en compte leurs droits fondamentaux.

Geneviève Rose Murdith Joseph




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