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Mon bouillon d’actualités

Mon bouillon d’actualités



Dans le bouillon d’actualités de la semaine écoulée, nous avons retenu les funérailles du président Jovenel Moïse, assassiné le 7 juillet dernier, l’ouverture des Jeux olympiques 2021 hors-norme qui resteront à coup sûr dans l’histoire, la nouvelle flambée des cas de COVID-19 partout dans le monde, et l’incroyable indécence des voyages dans l’espace accomplis par de super milliardaires anglo-saxons.

Les funérailles nationales du président assassiné qui ont été célébrées au Cap-Haïtien, la seconde ville du pays, et située non loin de la localité d’origine de Jovenel Moïse, ont été particulièrement mouvementées. Des centaines de manifestants en colère ont accusé les autorités de Port-au-Prince d’être complices dans l’assassinat du président et ont abreuvé d’injures en créole les membres des délégations étrangères venues rendre un dernier hommage au président assassiné. La tension était tellement évidente que la plupart des visiteurs ont dû prendre précipitamment le chemin du retour. Selon le quotidien français Le Monde, « des tirs d’armes à feu ont même retenti à l’extérieur de l’enceinte où se déroulaient les obsèques, forçant le départ précipité de certains participants dans des nuages de gaz lacrymogène lancés par les forces de l’ordre. »

Faut-il considérer cet épisode qui aurait pu mal tourner comme la manifestation exacerbée de la traditionnelle opposition entre Port-au-Prince, la capitale, et Cap-Haïtien, la seconde ville du pays ? C’est fort possible. Il reste à observer cependant ce que nous réservent les prochaines semaines et si ces manifestations de défiance et d’hostilité contre le pouvoir de Port-au-Prince vont continuer.

L’inhumation du président assassiné marque peut-être la fin (ou peut-être le début) d’une des périodes les plus difficiles de l’histoire contemporaine d’Haïti. Jamais la lutte de classes n’a atteint un tel niveau d’intensité et de brutalité dans le corps social haïtien. Apparemment, le président haïtien a payé de sa vie cette explosion de la lutte des classes et ses liens avec les historiques conflits de caste et d’ethnicité. Il y a quelque exagération à prétendre que Jovenel Moïse se serait constitué en défenseur des masses paysannes haïtiennes d’où il est issu et qu’il aurait été assassiné à cause de cela. Il semblerait plus juste de dire que son exécution soit due aux luttes internes au sein du parti politique PHTK (dont Moïse était membre) allié aux puissants oligarques de la société haïtienne, décidés à faire main basse sur le pouvoir politique après s’être assurés du contrôle presque total de l’économie. Jovenel Moïse a bien manifesté des velléités de dénonciation du « système », mais de là à le faire passer pour une réincarnation de Dessalines, c’est vraiment aller trop loin. Ce qui est presque certain, c’est que les commanditaires de cet assassinat ne sont pas inconnus, mais ils ne seront jamais révélés au public.

Déjà le Premier ministre, Ariel Henry, insiste sur la tenue des élections présidentielles et législatives à la date qui était prévue avant l’assassinat du président, c’est-à-dire en septembre prochain. Est-ce qu’on mesure assez l’indécence des autorités haïtiennes décidées à organiser des élections, quelques mois seulement après l’exécution du président dans des circonstances abominables ? Il est bien connu que ce sont les trois pays les plus proches d’Haïti (les États-Unis le Canada et la France), qui se proclament d’ailleurs ses « amis », qui dominent la politique officielle des gouvernements successifs haïtiens depuis environ un siècle, mais pourquoi vouloir imposer des élections à un moment si crucial de l’expérience haïtienne ? Qu’est-ce que Haïti peut bénéficier de la tenue d’élections en ce moment si ce n’est la consolidation par les forces traditionnelles d’un système socio-politique en perte de vitesse ? Il y a fort à parier que ce sera une nouvelle « sélection », comme cela a été le cas au cours des prétendues « élections » depuis l’occupation américaine de 1915-1934. Haïti ne changera-t-elle donc jamais ?

La cérémonie d’ouverture officielle des Jeux olympiques s’est déroulée le vendredi 23 juillet dans un stade olympique de Tokyo pratiquement désert, avec des athlètes masqués. Traditionnellement enveloppée de grandiloquence, elle s’est révélée d’une tristesse infinie, malgré les discours plus ou moins rassurants et chargés d’espoir des dignitaires et hommes d’État qui étaient présents. Le président français Emmanuel Macron a ainsi déclaré : « Ces Jeux olympiques devaient se tenir. Vivre avec le virus, c’est aussi ça. On doit résister, on doit tenir ces J.O. C’est important, c’est un esprit de coopération et on en a besoin, en ce temps de COVID. »

Pourtant, la grande majorité des Japonais sont opposés à la tenue de ces Jeux et plusieurs athlètes de haut niveau n’ont pas fait le déplacement par crainte d’attraper le virus. Était-il nécessaire d’organiser ces Jeux ? Comme toujours dans ces cas-là, il y avait de puissants intérêts financiers derrière les Jeux et on devait, semble-t-il, en tenir compte. Mais, qu’en est-il des raisons sanitaires ? Malgré les sérieuses limitations du nombre des spectateurs, on devrait s’attendre à une recrudescence du nombre des personnes infectées par le virus à la fin de la tenue de ces Jeux. C’est l’éternelle question du profit des groupes financiers ou de la santé de la population. Par contre, les réels gagnants resteront les spectateurs du monde entier accrochés à leurs postes de télé bien au frais chez eux. Dans trois ans, ce sera au tour de la France d’organiser ces Jeux olympiques. Il reste à savoir si le virus du COVID sera encore dans nos sociétés ou si entretemps, nous serons arrivés à nous en débarrasser.

En attendant, les nations commencent à accumuler leurs médailles. Pour l’instant, c’est la Chine qui mène la danse suivie de près par les États-Unis, le Japon et la Corée du Sud. Mais, ce classement peut changer à tout moment.

Le variant Delta a brusquement connu une résurgence et s’est propagé à une vitesse folle dans pratiquement tous les pays du monde. Aucun continent n’a été épargné. Certains pays occidentaux qui commençaient à lever leurs restrictions sanitaires ont été obligés de revenir aux gestes barrière, comme le port du masque. La montée des infections dues au COVID a déclenché des peurs de la pandémie qui commençaient à s’estomper. La haute transmissibilité du variant Delta a affecté même la Bourse de New York qui a plongé à un taux record. Le président des États-Unis a dû supplier ses compatriotes récalcitrants en leur demandant de se faire vacciner, car la situation sanitaire devenait de plus en plus inquiétante. En France, le président Emmanuel Macron a prononcé une allocution télévisée de trente minutes à une heure de grande écoute pour détailler un plan sanitaire rigoureux. En Haïti, en l’espace de quelques semaines, un nombre relativement important de personnes ont perdu la vie, victimes du COVID-19. Selon des données fournies par l’Agence Reuters, le volume moyen des nouveaux cas de COVID-19 par jour a triplé au cours des 30 jours passés, à l’intérieur des États-Unis. Cette explosion de nouveaux cas provient pour une large part d’endroits des États-Unis qui connaissent des taux bas de vaccination. Il faut alors se demander pourquoi dans ces moments exceptionnels où toutes les données révèlent que seule la vaccination offre une sérieuse protection contre le virus et ses variants, il existe encore des personnes qui refusent de se faire vacciner. Chez la majorité de ces personnes, c’est la mésinformation et la désinformation qui jouent un rôle destructeur. Pourquoi faut-il qu’il y ait des personnes qui croient à toutes les sornettes qu’on leur raconte dans les réseaux sociaux, principal vecteur de la désinformation ? D’autres cas relèvent de l’ignorance pure et simple. On a remarqué que plus le niveau d’études est bas, plus on tend à refuser de se faire vacciner.

Aux États-Unis, plus que dans la majorité des pays occidentaux, la question du virus est devenue une question hautement politique. Selon le site Slate, « the fear from the White House is that we are getting into a moment when the Delta variant is going to spread really quickly and there are still 100 million-plus people who haven’t been vaccinated at all. That’s a lot of people who could be at risk of serious complications if COVID barrels through them. And we’re also in a season when we can do a lot of things outside during the summertime. Where are we going to be in the fall, in the winter, if schools come back? We’ll be doing more things inside. How do we untangle all these factors that we didn’t necessarily have to deal with last year when so much of the country was shut down? ». (La crainte émanant de la Maison Blanche est que nous approchons du moment où le variant Delta est en train de circuler vraiment rapidement et qu’il y a encore plus de 100 millions de personnes qui ne sont pas du tout vaccinées. Cela représente beaucoup de personnes qui peuvent risquer de sérieuses complications si le COVID débarque sur elles. Et puisque nous sommes encore en été, nous vivons dans une saison où nous pouvons encore faire beaucoup de choses au grand air. Où allons-nous être durant l’automne, durant l’hiver, si les écoles rouvrent ? Nous allons devoir faire plus de choses à l’intérieur. Comment allons-nous nous débrouiller avec toutes ces choses que nous avons négligées l’année dernière au moment où une grande partie du pays était confinée ?) [ma traduction].

Aujourd’hui, personne n’est capable de dire quand et comment s’arrêtera la circulation du virus qui peut se muter à tout moment, spécialement quand il se trouve dans le voisinage de personnes non vaccinées, ce qui est le cas de la majorité des pays du Sud. Or, la majorité des pays du Nord qui regorgent de vaccins tarde à les distribuer en masse aux pays du Sud. On peut donc s’attendre à ce que le virus continue à se propager dans le monde avec toutes les conséquences que cela va entrainer.

Le tourisme spatial auquel se sont livrés les milliardaires Richard Branson, le Britannique fondateur du groupe Virgin et Jeff Bezos, l’Américain fondateur d’Amazon leur a coûté une somme colossale. Leur objectif connu, c’est à court terme, lancer une entreprise de tourisme spatial et, à long terme, d’après Jeff Bezos, « bâtir des colonies spatiales flottantes où des millions de personnes pourraient travailler et vivre ». Cependant, étant donné que les riches et les puissants ne se sont jamais contentés de n’être que des riches et des puissants, et veulent toujours devenir les plus riches et les plus puissants, je soupçonne les deux milliardaires de cacher leurs véritables objectifs. Le monde entier a appris qu’il y a près de deux semaines, ils se sont envolés aux confins de l’atmosphère, Branson d’abord, puis neuf jours plus tard, Bezos, accompagné de trois autres personnes, à bord de New Shepard, une véritable fusée qui décolle à la verticale. Incontestablement, cette opération a été une prouesse technologique. Mais, dans l’immédiat ou à court terme, quel bénéfice l’humanité va tirer de cette opération ?

En fait, ce tourisme spatial risque de déclencher une course vers plus d’excursions dans l’espace et inciter d’autres personnes aussi riches à dépenser encore plus d’argent pour s’envoler aux confins de l’atmosphère terrestre. Les conséquences environnementales de ces vols dans l’espace concernent d’abord la pollution de l’atmosphère et les millions de tonnes de CO2 qui vont être émises. En quoi tout cela va-t-il contribuer aux changements climatiques qui commencent déjà à nous assaillir ? Que nous réserve l’avenir ?

Mais, ce n’est pas fini. Un troisième grand milliardaire, l’Américain Elon Musk, grand rival de Jeff Bezos, « compte se joindre à la course à l’espace en septembre avec une expédition orbitale composée uniquement de civils à bord de sa fusée Crew Dragon ». Elon Musk est le fondateur de la société Space X et s’est déjà allié avec l’entreprise Axiom pour emmener des visiteurs à bord de la Station spatiale internationale (SSI) et compte bientôt faire cap sur Mars.

Ces astronautes d’un nouveau genre semblent persuadés qu’ils agissent pour le bien de l’humanité condamnée d’après eux à une catastrophe inévitable. Ils pensent qu’ils seront en mesure de créer soit sur Mars, soit aux confins de l’atmosphère terrestre « une colonie humaine autonome, seule bouée de sauvetage de l’humanité ». Rêves de super-milliardaires, ivres de richesse et de puissance, ou prophètes d’un destin accessible à eux seuls ? Nous ne le saurons jamais.

Hugues Saint-Fort
New York, juillet 2021

Notes :
5e semaine




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