RTPacific Contact Avis
 
27.05° C
  à Port-au-Prince
Radio Pacific 101.5 fm - En direct
Le Journal Dernière heure Actualité Édito Tribune Société Économie Culture Diaspora Sport rpacific101.5 FM  
× Immobilier Appartements Maisons Locaux commercial Locaux pour Bureau Terrains Véhicules Voitures Camions Tout Terrains Minibus Motos Divers Animaux Articles ménagers Ordinateurs et pièces Équipement électronique Équipement industriel Équipement lourd Diverses études Légal Bijoux et montres Smartphone et tablettes Vêtements Jeux video

Prorogation du mandat du CCI : le projet referendum toujours en vie ?

Prorogation du mandat du CCI : le projet referendum toujours en vie ?



À un moment où le doute plane sur l’organisation du referendum constitutionnel, un nouveau délai de 45 jours vient d’être accordé au Comité consultatif indépendant pour l’élaboration du projet de la nouvelle constitution (CCI). Mais, aucune date officielle n’a été communiquée pour la tenue de ce referendum controversé.

Obligées de reporter à deux reprises le referendum constitutionnel, les autorités haïtiennes ne sont toujours pas en mesure de donner une nouvelle date pour la tenue de cette consultation populaire visant à doter le pays d’une nouvelle constitution. Pourtant, à travers un arrêté spécial du mercredi 16 juin, le pouvoir en place a prorogé le mandat du comité en charge d’élaborer la nouvelle constitution qui, selon Jovenel Moise, devrait être soumise à l’appréciation du peuple haïtien dans peu de temps. Dans ses interventions dans les médias locaux, Matthias Pierre, le ministre délégué auprès du Premier ministre chargé des questions électorales, n’a jamais trouvé les mots justes pour expliquer si le referendum est annulé ou reporté.

Entre report et annulation, les informations sont peu claires autour de l’avenir du referendum. Sous prétexte d’une remontée des cas de Covid-19 dans le pays, le referendum constitutionnel a été reporté pour une deuxième fois. Largement contesté par la population, le referendum a déjà été reporté en avril dernier pour des raisons liées notamment à un manque de production des cartes d’identification nationale (CIN). Sur les 4 millions inscrits sur la liste électorale, l’Office national d’identification (ONI) n’avait pas pu livrer une quantité de cartes suffisante. Ce qui avait occasionné, en avril dernier, un premier report du referendum constitutionnel. Des doutes existaient déjà sur les objectifs visés par le gouvernement en place. D’autant plus que la communauté internationale n’a également pas caché ses réticences concernant un tel scrutin.

À plusieurs reprises, le caractère illégal, inconstitutionnel du projet est évoqué par les institutions nationales et internationales. En avril dernier, le BINUH avait fait des commentaires peu favorables au processus de changement de constitution initié par Jovenel Moïse. Pour le BINUH, le processus ne trouve pas le support de la majorité secteur du pays. En effet, le BINUH a fait savoir que le processus de l’élaboration de la nouvelle constitution en Haïti n’est ni inclusif ni participatif. En dépit de ces considérations, le pouvoir s’entête à organiser le referendum avant même la tenue des élections pour le renouvellement du personnel politique. Au total, pour la réalisation du referendum, le Conseil électoral provisoire (CEP) avait fourni un budget de 40 millions de dollars américains.

Plusieurs dépenses ont déjà été effectuées à partir de ce fonds, mais le CEP n’a jamais fourni d’information concernant la quantité réelle d’argent déjà décaissée pour la procuration des matériels sensibles et non sensibles nécessaires à l’organisation du referendum. Suite à la mission de l’OEA en Haïti, le président Jovenel Moise avait cessé de parler du referendum pendant la présence des émissaires et quelque temps après leur départ. Le président était même contraint de supprimer un message en rapport avec le referendum sur son compte Twitter. Mais cette prorogation du mandat du CCI prouve que le président n’envisage pas encore d’abandonner ce projet. Pour certains leaders de la classe politique, cette énième prolongation du mandat du CCI n'est qu'une provocation de plus faite à la nation haïtienne. Pour eux, c’est un mépris même de la misère abjecte à laquelle fait face le peuple haïtien, et de cette instabilité occasionnée par les décisions controversées du pouvoir en place.

Evens REGIS




Articles connexes


Afficher plus [8102]